18 Novembre 2018

La « Jamais Contente » est le nom d'une voiture électrique, de l'ingénieur (honneur à la Belgique!) Camille Jenatzy , qui a la première a franchi les 100 km/h ... en 1899. Bref, vu les limitations de vitesse, exactement ce qu'il nous faut !
Plus de 240 000 manifestants anonymes, non affiliés à un mouvement politique ou syndical, se sont retrouvés ce samedi 17 novembre, usant des armes dont ils ont été, eux-mêmes, des victimes plus ou moins consentantes, créant de nombreuses perturbations routières. Une femme a été tuée et 47 personnes ont été blessées par des automobilistes qui, soit paniqués, soit excédés, ont tenté de forcer les barrages routiers en fonçant sur les manifestants.
Ce projet d'augmentation de taxe sur le carburant coûte cher. Ce mouvement apolitique – c'est-à-dire qui ne fut lancé par aucun parti politique qu'il soit de gauche ou de droite – soutenus par 73 % des français suivant certains sondages – fait la démonstration de la lassitude des français à l'égard d'Emmanuel Macron, du gouvernement et de la majorité. Au-delà de la politique d'En Marche qui est en plein recul, c'est aussi une société et son fonctionnement passé qui est en cause, dont une de ces caractéristiques est de taxer, voir sur-taxer – pour ne rien faire de plus – Où sont passés les grands projets de développement écologique qui nous sont promis lors des campagnes présidentielles ?
La nature est éternellement jeune, belle et généreuse. Elle possède le secret du bonheur, et nul n'a su le lui ravir.
Les « Gilets Jaunes » n'ont pas développé un amour démesuré pour le véhicule diesel, mais le véhicule électrique n'est pas nécessairement à la porté de tous les budgets en sus d'avoir des limitations techniques.
Pourtant, comme je viens de le dire, le véhicule à moteur électrique existe depuis le 19ème siècle, et c'est seulement à partir de 1920-1930 qu'il fut supplanté par le véhicule à moteur à combustion.
Voilà, pourquoi j'ai pensé à la « Jamais Contente » …
En 1988, je faisais des plans pour installer un moteur électrique et sa batterie (ses batteries) sur une mobylette (genre vraie mobylette moche). Non pas, seule – les soirs dans ma chambre rose de petite fille – mais dans mon lycée, dans une classe de 30 élèves.
L'énergie électrique ne se transporte pas. Du moins, c'est un plan galère qui n'est toujours pas tout à fait régler. Cela, je le sais, vous n'y avez jamais pensé lorsque vous allumez votre petite lampe pour me lire.
Fort heureusement, la miniaturisation des composants électroniques permettent de concevoir toute une panoplie de systèmes dit « de puissance », c'est-à-dire permettant d'augmenter la puissance d'un courant d'alimentation ou le modifier (comme par exemple, l'onduleur). Ouvrez le dos d'un poste TSF d'après-guerre et vous saurez de quoi je parle !
Sans compter qu'il y a le bon vieux effet dynamo qui permet en alimentant un petit moteur, appelé pour l'occasion « générateur », d'alimenter un plus gros moteur. Nos TGV, fiertés nationales, ne sont qu'une longue série de moteurs synchrones ou asynchrones alimentés par un courant alternatif ...
Si on s'en est sorti tant bien que mal avec le courant continu avec les fameuses « batteries sèches » allégeant tout ça, le courant alternatif – ce qui se trouve dans vos prises électriques – est lui complètement intransportable. Sur longue distance, il ne peut que se transporter qu'en très haute tension, d'où les lignes qui défigurent le paysage, qui finissent sur des transformateurs locaux alimentant la zone voulue en 220 V.
Le fil électrique fait à la fois résistance et onduleur. Au bout de quelques kilomètre, votre précieux 220V alternatif devient un 6 V courant continu … Ce qui ne le fait pas. Ainsi, la seule solution écologique n'est pas une production centralisée de l'énergie électrique mais une production localisée. C'est produire pour le village, le quartier, la ville ce qui lui faut comme énergie ....
La technologie des panneaux solaires existent depuis les années 60 – et tous les satellites y trouvent leur énergie sans difficulté. La première éolienne existe depuis le VIIème siècle (invention Perse) et la première à usage industriel fut inventée en 1905. En 1930, leurs utilisations ont été développées pour alimenter des fermes isolées au Canada comme aux USA. En 1955, une éolienne expérimentale, conçue par Lucien Romani, pour le compte d'EDF, a fonctionné jusqu'en 1963.
Dès 1899, la "Jamais Contente" avait, en elle, toutes les particularités du véhicule électrique de la fin du 20ème siècle : elle avait 1,5 Tonnes de batteries (du lourd donc) et le moteur était directement branché sur les roues, bref zéro mécanique . Un siècle plus tard, on ne savait presque pas faire mieux.
Très vite, nos sociétés et nos politiques de développement ont préféré les énergies « fossiles », soit le pétrole, mais aussi le charbon pour les centrales. En France, il fut interdit à qui que ce soit de produire sa propre énergie électrique. EDF faisait démonter, sous couvert de son monopôle, toutes les initiatives dans ce sens. Quant aux véhicules électriques, il fallait compter avec les grandes firmes pétrolières. Elles ont empêchées leurs commercialisations et surtout les recherches dès les années 80 et continuent encore, aujourd'hui, à faire pression sur les différents gouvernements pour freiner leur développement. (source) Bref, tout cela a engendré un retard énorme de plusieurs décennies. Autant que je vous le dise, en matière d'énergie et de consommation, nous en sommes encore à l'âge de pierre.
Emmanuel Macron doit être un peu ignorant. Normal, il ne s'est jamais penché sur la difficile question de la motorisation d'une mobylette. Cependant, taxer le diesel pour inciter les citoyens à acheter des véhicules électriques ne les poussera pas plus à acheter …Cela ne semble que les avoir pousser à enfiler un gilet jaune et à manifester. En effet, un véhicule électrique, c'est une autonomie limitée, l'obligation d'avoir un garage pour charger ses batteries et disposer régulièrement de quoi recharger son véhicule. C'est repenser un territoire, les transports en commun, la sécurité des routes … mais aussi nos modes de vie.
