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La Maçonne

Masques « fait maison» : les consignes AFNOR.

Afin de pallier au manque crucial de masques de protection à destination de la population civile, beaucoup se sont lancés dans leur fabrication. 
Dans un précédent article, j'avais relevé différentes références qui me semblaient sérieuses. Je regrettais, alors, l'absence de tests sur de telles solutions avant la crise. 

L'organisme AFNOR y a pallié dans un document de 32 pages en date du 27 mars 2020 sous le numéro AFNOR SPEC S76-001 et téléchargeable gratuitement. 
Ce document est destiné aux particuliers qui souhaiteraient confectionner un masque mais aussi les éventuels fabricants. 
Comme je sais d'expérience que la lecture de ce type de document est aussi inspirant qu'une vie sans chocolat, je me suis dévouée. Voici pour vous quelques explications.  

A qui est destiné ce masque ? 

Il est destiné au grand public et prend pour l'occasion le nom de « masques barrière ». Il est destiné en particulier aux personnes saines afin que celles-ci évitent d'être contaminées par la bouche ou le nez.
Pour des raisons évidentes de précaution, AFNOR ne s'engage pas à l'égard de personnes contaminées qui souhaiteraient protégés les siens. 
Son port est limitée à une demi-journée – plus exactement 4 heures – Ce qui me semble « long ». Mijoter et crachouiller durant 4 heures dans le même masque, bof ! 

Une personne qui serait à l'extérieur toute la journée – soit pour 8 heures de travail, le temps de trajet, le temps de la pause repas, l'éventuelle petite course -  aurait besoin d'un minimum de trois masques pour couvrir l'ensemble de ses besoins. 

Les mesures d'hygiène et d'entretien des masques. 

Le masque usagé doit être mis dans une pochette hermétique pour être ensuite lavé. 
Pour une fabrication industrielle, les masques doivent pouvoir supporter 5 lavages minimum à 60 degrés Celsius avec agent de blanchiment (qui n'est pas obligatoirement de la Javel), c'est-à-dire, pour les professionnels, à des décontaminations. 

De même, un masque ne se met pas comme des chaussettes et une méthode est présentée. 


La fabrication du masque. 


Ce document présente deux modèles de masques mais demeurent assez imprécis sur les matériaux à utiliser. 

Le format  «  bec de canard » 

Les contributeurs de ce document n'ont jamais croisé dans leur vie un patron de couture. Par contre, ils savent faire de beaux dessins techniques dont voici celui pour ce précieux masque. 
Il doit couvrir le nez et le menton. 

Les coutures sont sur les côtés.  Ce masque est maintenu par un élastique sur les côtés de 70 cm ou deux liens de 80 cm. 

(in AFNOR) - dessin de fabrication masque à bec de canard.
Le format « à deux plis » 
(In AFNOR - masque à deux plis

Ce format est celui qui ressemble le plus à un masque chirurgical classique. Même combat que pour le précédent, AFNOR vous offre gratuitement un dessin technique que vous pouvez trouver ci-dessous.

Il nécessite deux élastiques (en haut et en bas) de 70 cm chacun pour entourer la tête, ou deux liens. 
 

(in AFNOR) - masque à deux plis


 

Les tissus préconisés. 

Jusque là, c'était simple. La suite se complique lorsqu'il faut aborder la question des tissus et de leur conformité.

En effet, le masque doit répondre à deux conditions : la respirabilité (il ne faut pas que l'on s'étouffe) et qu'il soit imperméable à haute de 95% à des particules de 3 microns. 
Par contre, si un ensemble de tissus est conforme pour un modèle de masque, il ne l'est pas pour l'autre modèle.  

La plupart des tissus préconisés sont des non-tissés, tissus qui sont rares au sein des foyers et que l'on trouve dans les industries. L'AFNOR indique qu'il teste d'autres matériaux pour fabriquer ces masques. 

Le seul masque conforme et facile à faire à la maison est un masque à plis avec de deux couches de popeline « 120 fils » - c'est-à-dire à une simple popeline 100 % coton qui est un tissu utilisé pour les chemises (pour homme, par exemple). 

Ceci signifie que les masques préconisés et que je présente dans mon article précédent sont techniquement plus exigeants que ceux présentés par l'AFNOR. 


Masque, utile ou inutile ? 

Depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement Edouard Philippe a régulièrement déclaré l'inutilité de la chose assez haut et fort pour que l'on s'en souvienne. Aujourd'hui, les mêmes disent tout le contraire – comme ils risquent de le faire encore souvent sur d'autres sujets- Ainsi, depuis peu, il le considère comme « utile ».

Au vu de plusieurs articles que j'ai lu depuis le début de cette crise, le port d'un masque pourrait devenir obligatoire dans certaines situations de la vie courante sous le modèle japonais. 

Pour un usage courant, le masque deux plis en popeline de coton est, à mon sens, suffisant (si vous n'êtes pas malade). 


 

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Agence SEO Google 08/04/2020 15:42

Grand merci pour cet article

brumaire 05/04/2020 11:49

Bonjour la Maçonne, toujours en forme!

Il y a 3 semaines, j'ai fait un masque, style masque chirurgical, avec deux épaisseurs de lin au tissage très serré, et, entre les deux, du Sopalin en deux épaisseurs, à jeter avant lavage à 90°, puisque le lin supporte allègrement les hautes températures.
Il n'est naturellement pas breveté...
Salut, et fraternité, bonne santé!

La Maçonne 05/04/2020 18:07

Merci Brumaire ... Comme tu le vois, ton sopalin est inutile ... - Tu peux peut-être insérer entre les deux couches de lin de la popeline en sacrifiant une chemise ! J'espère que tout va bien pour vous tous.