30 Juin 2020

Peu avant le confinement, je publiais un article relatant un courrier envoyé par le Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil Pour la France – Suprême Conseil de la GLAMF – à tous les Suprêmes Conseils existants sur la planète et dit « réguliers » (suivant les fameux principes anglais). Ce dernier assurait que son Suprême Conseil avait rompu toutes relations avec le Suprême Conseil De France – Suprême Conseil de la GLDF – avec lequel une année plus tôt une convention avait été signée.
Dans la conquête de la régularité de la GLDF, suite à la fameuse déclaration de Bâle de juin 2012 signée par cinq grandes obédiences – à la fois européennes et régulières – l'appelant à refonder la famille « régulière » en France – on a souvent oublié un intérêt particulier : celui des Suprêmes Conseils émanant des deux obédiences – françaises – la GLDF et la GLAMF –
Par diverses prises de position, publiques ou moins publiques, peut-on dire que ces derniers n'ont pas été absents de ce qui fut pour la GLDF une crise. Pour le Suprême Conseil De France (GLDF), prétendant être l'héritier de Grasse de Tilly, il s'agissait de renouer avec les juridictions américaines Nord et Sud – les « Number One » - qui toutes « régulières » selon le sens anglo-saxons du terme – ne reconnaissait alors que le Suprême Conseil Pour la France de la GLAMF. Ce dernier avait fait scission, plutôt massivement, attirant avec lui les loges bleues, de la GLNF en 2012. Ses dignitaires d'alors voyaient d'un mauvais œil la perte des reconnaissances de la GLNF.
Ils déclaraient alors dans un communiqué en date du 4 avril 2012 : « Dans ces conditions, le processus de retrait de reconnaissance de la part des Grandes Loges étrangères ne peut que s’accélérer et la Grande Loge Nationale Française sera probablement bannie de la Maçonnerie régulière reconnue.
Cette situation largement prévisible, a été anticipée par de nombreux Frères qui se sont regroupés pour construire une nouvelle Grande Loge régulière en France dans le respect des « landmarks » fondateurs et avec la volonté de rétablir sur le territoire, les conditions de renaissance d’une maçonnerie initiatique traditionnelle. Cette initiative a rencontré l’adhésion d’un grand nombre de Frères, tous rites confondus. Le projet s’est finalisé récemment donnant naissance à la Grande Loge Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) qui sera consacrée par ses Loges fondatrices le 28 avril prochain. Cette obédience totalement souveraine permettra à tous ses membres la pratique régulière des trois degrés symboliques dans tous les rites reconnus de la maçonnerie universelle. Créée régulièrement et respectueuse des critères de fonctionnement de la maçonnerie régulière, la GL-AMF est un corps maçonnique régulier. A ce titre, elle est légitimement fondée à demander la reconnaissance des Grandes Loges régulières étrangères au sein de la Franc-Maçonnerie mondiale des deux hémisphères. »
Intervint en 2012, la GLDF, qui soutenue par cinq grandes obédiences régulières, rêva à son tour de cette « régularité », fondant avec la GLAMF, une « Confédération Maçonnique de France » afin d'obtenir les reconnaissances nécessaires. Deux ans plus tard, c'était un cuisant échec.
En 2014, la GLNF fut à nouveau reconnue par la GLUA (Grande Loge Unie d'Angleterre – appelée aussi UGLE). Peu à peu, les signataires de la Déclaration de Bâle abandonnèrent la GLDF et ses rêves de grandeur et revinrent à de meilleurs sentiments à l'égard de la GLNF.
La CMF (Confédération Maçonnique de France) n'existe plus. Certes, Philippe Charuel, alors grand maître de la GLDF et Alain Juillet ex-GM de la GLAMF tentèrent d'en faire un « Pôle de Tradition ». La GLFF et Marie-Thérèse Besson, sa grande maîtresse d'alors, y gagnèrent un strapontin pour s'en faire plus rudement exclure dans les mois qui suivirent l'annonce de sa « fondation ». En effet, le seul événement notable de ce « Pôle de Tradition » fut d'organiser une tenue commune en octobre 2017 – interdisant la présence de sœurs de la GLFF. https://www.hiram.be/colloque-pole-de-tradition-5-octobre-a-gldf/ Depuis lors, ce « Pôle de Tradition » semble aussi enterré que la CMF.
Force fut de constater que la GLNF avait perdu quelques plumes, 25 000 membres d'une part et d'autre part son Suprême Conseil Pour La France. Il était bien trop associé à la GLAMF, recevant majoritairement des frères issus des loges bleues de cette dernière.
La régularité considère que l'irrégularité est contagieuse. Ainsi, pour les frères réguliers et reconnus par la GLUA, il est interdit de fréquenter des loges ou encore des juridictions recevant des frères (ou sœurs – dans ce cas, c'est la crise cardiaque assurée) d'obédiences non-reconnues par la GLUA au risque de perdre pour sa structure la sacro-sainte reconnaissance. Ainsi, la GLNF demanda à ses frères de ne plus côtoyer le Suprême Conseil Pour la France (GLAMF).
Dans le même temps, ces frères de la GLNF fondèrent un nouveau Suprême Conseil appelé le Suprême Conseil National de France (!).
Sans surprise, la Suprême Conseil Pour la France (GLAMF) perdit les reconnaissances de plusieurs Suprêmes Conseils. Dès janvier 2015, le Suprême Conseil pour l’Angleterre et le pays de Galles ainsi que ceux d'Ecosse et d'Irlande décidaient de suspendre leurs relations avec le SCPLF (GLAMF). Elles furent suivies quelques mois plus tard par les Juridictions Nord et Sud Américaines. En 2017, le Suprême Conseil Pour la France n'était plus reconnu par ces obédiences.
En mai 2018, Henri Lustman, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France (GLAMF) et Claude Collin, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France (GLDF) signèrent une convention associant leur Suprême Conseil respectif. Présentée comme historique (lire l'article dithyrambique de Jean-Laurent Turbet à ce sujet), elle n'a rien d'exceptionnelle. Bons nombres de juridictions de hauts grades entretiennent de telles relations sans en faire des caisses.
Nous en étions là – si le nouveau Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil Pour la France (GLAMF) n'avait pas envoyé ce fâcheux courrier annonçant la rupture avec le Suprême Conseil de France, mentant à ses correspondants, l'histoire ne m'aurait pas vraiment intéressée. ((lire mon article à ce sujet ici)
Il annonçait ainsi : « « L’accord signé en 2018 avec le Suprême Conseil de France, n’a jamais fait l’objet d’une mise en œuvre effective. Le Suprême Conseil pour la France a décidé d’arrêter la convention signée en mai 2018 avec le Suprême Conseil de France. » (vous pouvez trouver la lettre dans cet article de Fidèle d'Amour)
Mentir, c'est le moins que l'on puisse dire : deux semaines plus tard, ce même Souverain Grand Commandeur adressait une circulaire à ses membres pour organiser les inter-visites entre les deux juridictions.
Pourquoi cette trahison ? Possiblement, le Souverain Grand Commandeur - Jack Cho. – Fer n'apprécie guère les ruptures successives avec bons nombres de Suprêmes Conseils Européens et étrangers. D'autant plus que le Suprême Conseil National de France (on est d'accord pour dire qu'il faut qu'ils changent de nom, là ? …) Donc, je disais, le SC National de France (GLNF) est sur le point de remplacer le SCPLF (GLAMF) dans le cœur de ces juridictions.

Suite à ce courrier et découvrant la supercherie de Jack Cho.Fer, souverain grand commandeur (GLAMF), les Suprêmes Conseils d'Espagne, du Portugal, du Chili, du Brésil (le 3ème SC en effectif, comptant pas moins de 33 000 membres), et d'Israël ont rompu leurs relations avec le Suprême Conseil Pour la France de la GLAMF.
Par ailleurs, le Suprême Conseil de la GLNF commence à signer des accords sérieux avec ces différentes juridictions dont celle du Brésil. (lire ici)
Si certains vantent les mérites de cette franc-maçonnerie « de tradition », je n'ai, cependant, jamais vu des individus aussi vils et menteurs que dans ces obédiences ou juridiction et ceux (ou celles) qui s'y associent. Au point que la seule tradition que je leur reconnais est la trahison des siens, le mensonge et une absence patente de la moindre parcelle d'honneur et de dignité. Tout cela pour une breloque en fer blanc … Certes, ils n'ont pas tous perdus à ce point tout sens de l'éthique. Toutefois, ceux qui en ont le moins, semble avoir la fâcheuse habitude – soif de pouvoir sûrement – d'être à la tête d'une ou l'autre juridiction et de s'y répandre.
La perte de reconnaissance du Suprême Conseil Pour La France (GLAMF) ferme définitivement un chapitre. Il devient, aux yeux des coureurs de régularité de la GLDF, bien moins intéressant. La trahison, dont le SCDF (GLDF) a fait l'objet, ne permet pas d'augurer d'un quelconque avenir concernant leur relation. Elle ne tiendra que par l'existence des inter-visites des frères entre les deux juridictions et lorsque le Suprême Conseil Pour La France saura faire le deuil de ses reconnaissances. Autant vous dire de suite que ce n'est pas pour demain.
Il restera aux frères de la GLDF de définir la franc-maçonnerie qu'ils font (vraiment), qu'ils veulent faire (vraiment), en refusant les délires égotiques de leurs dignitaires. Ceux-ci sont à l'origine d'un véritable recul de la franc-maçonnerie en France. Leurs dignitaires ont été faibles et se sont montrés dépendants à l'extrême d'une « reconnaissance », magouillant et manigançant. Au point que l'on se demande s'ils ont été vraiment en loge un jour. Ils ont jusqu'à menacé de rompre les relations avec les obédiences « irrégulières », d'exclure des frères du fait de leur croyance – des athées – à peine une 100aine, disaient-ils. Ils ont voulu contraindre les frères à une pratique dont ils ignorent tout. Ils ont trompé plusieurs obédiences européennes.
Oui, s'ils n'avaient pas été aussi avides, s'ils ne s'étaient pas montré aussi méprisables, il n'existerait plus d'obédience régulière et reconnue par la GLUA en France à l'heure qu'il est. Pour ce motif, cette « franc-maçonnerie de Tradition » n'a aucune place dans le paysage maçonnique français parce que non seulement il s'agit d'une invention qui ne repose que sur un rapport de force à l'égard d'autres obédiences, mais qu'elle représente la perte de valeurs d'une partie de la franc-maçonnerie libérale.
