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La Maçonne

La jupe anti-républicaine ?

Image issu d'une campagne de 2015 de Terre des Femmes.

Dans les débuts de ce blog, il y a 7 ans, j'ai publié de nombreux articles concernant les jupes – jupes interdites dans les écoles publiques pour les filles – journées de la jupe – jupes pour les hommes, etc.  
Sept ans plus tard, nous en sommes au même point – et je dirais même que cela s'est aggravé. 
Contre les jupes, shorts, et autres tops, le ministre de l'Education Nationale Blanquer nous a inventé le concept de la « tenue républicaine » face à une journée de protestation spéciale jupe, short et maquillage organisée par les jeunes filles des collèges et des lycées ce 14 septembre dernier. 

Or, les interdits vestimentaires pour les jeunes filles semblent être le sport préféré de la Laïcité et de la République avec d'un établissement scolaire à l'autre des nuances de choix. On peut interdire le string (!) mais pas la mini-jupe, comme on peut refouler toutes les élèves portant robes ou jupes que celles-ci soient longues ou courtes. 

Le Musée d'Orsay a interdit à une jeune femme l'entrée du fait d'un décolleté jugé trop provocateur.

Ordinairement, les témoignages sur ces jeunes-filles qui se trouvent dégradées, insultées par des représentants de l'école ne manquent pas du fait de leur tenue vestimentaire qui détourne les garçons de leurs études. 
Le compte twitter @balancetonbahut en regorge et illustre cet article. Des parents – choqués – n'hésitent plus à témoigner. 

Or, les violences faites aux femmes du fait de leurs tenues vestimentaires ne s'arrêtent pas là. Les forces de l'ordre ont été appelé, cet été, sur une plage pour demander à des femmes, faisant du topless, de couvrir leurs seins. Un supermarché a refoulé une cliente du fait  de son décolleté. 


 

L'UNICEF a publié, en 2018,  une enquête sur les inégalités filles-garçons à l'école de la République (lire ici)
Ainsi, dans cette étude de 82 pages, on peut lire:

« La «tenue correcte» exigée chez les filles est un problème récurrent dans les collèges et, de manière générale, dans la société. On parle ici de la «longueur de la jupe», de l’oscillation permanente entre ne pas être cataloguée «de fille qui cherche ça, qui aime ça, qui mérite l’agression» et la tenue masculine qui ne correspond pas aux critères attendus de la féminité. Pour les filles, il ne semble pas y avoir de bonne réponse à cette oscillation. Sorte de charge mentale du quotidien, le stéréotype physique, marqueur du genre, est aussi un marqueur de l’uniformisation et une entrave à la liberté chez les filles. De plus, il est également très intéressant de se pencher sur deux questions présentes dans la Consultation nationale liées aux images des femmes véhiculées dans les médias: «je trouve l’image des filles/femmes que les médias transmettent est valorisante.», «je trouve que l’image des filles/femmes que les médias transmettent correspond à la réalité du quotidien». Une fille sur deux a répondu non à ces questions ainsi que 36% des garçons. Plus on grandit plus ce sentiment se renforce. L’environnement visuel est donc également hostile aux femmes. La sexualisation de leur corps, l’image idéale, les attendus sont autant de jugements sur leur physique et leur posture. » » 

Les femmes peuvent avoir accès à la culture et à une égalité d'instruction à la condition qu'elles laissent de côté leur féminité et revêtent les oripeaux d'une religieuse.

Dès lors que la tenue vestimentaire des jeunes filles est devenu un problème au sein des établissements scolaires – et que ceux-ci veulent les conformer à une tenue jugée correcte et selon l'actuel ministre "républicaine" – il met hors la loi toutes les femmes qui ne s'y conforment pas dans la rue.

Qu'apprend-on finalement aux adolescentes à l'école ? Qu'elles sont responsables des agressions, du harcèlement de rue et des violences sexistes et sexuelles dont elles sont victimes. Qu'elles n'intéressent pas la République et ses institutions dès lors qu'elles portent une jupe. 

Si on s'acharne sur les tenues vestimentaires des femmes et des jeunes-filles, l'éducation nationale ne fait pas grand chose pour éduquer les garçons si perturbés qu'il suffit d'un bout de jambe ou un nombril pour qu'ils soient incapables de suivre une scolarité normale. 
 

Après tout, si dès l'école, on montre du doigt des adolescentes en jupe ou en short comme étant incorrectes, les garçons ne peuvent que répéter cette violence en dehors de l'école et à l'âge adulte.  

Là dessus, on s'étonne qu'une jeune femme  a été frappée au visage parce qu'elle portait une jupe en plein centre de Strasbourg. (source)

Sa tenue ne devait pas être assez républicaine … 
 

 

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Peter Bu 01/11/2020 15:01

L'article affirme que "l'éducation nationale ne fait pas grand chose pour éduquer les garçons si perturbés qu'il suffit d'un bout de jambe ou un nombril pour qu'ils soient incapables de suivre une scolarité normale." Comment "éduquer" l'instinct sexuel?
Il est puissant, et doit l'être pour motiver les mâles à parcourir des kilomètres à la recherche de femelles. Sauf que dans nos villes, les rencontres sont continues et par rapport à cette fréquence de sollicitations, nos désirs sont devenus démesurés.
Par association d'idées, cette suggestion relative à l'éducation des garçons me fait penser à l'armée qui mettait de la bromure dans a chicorée de jeunes soldats pour les calmer...
Les femmes veulent être comprises mais s'en fichent complètement de comprendre les hommes...

Brumaire 23/09/2020 21:48

Chère Maçonne, si, pour aller en classe, ou en tenue maçonnique d'ailleurs, une fille ou une femme porte une jupe qui lui arrive au ras des fesses, telle un short, mais en pire dans ces contextes précis, on a tout à fait raison de renvoyer cette fille, cette femme, se rhabiller.
Même chose pour les chemises ouvertes sur les torses nus des garçons ou des hommes, dans les mêmes contextes. On n'est pas à la plage quand on est en classe ou en tenue.
As-tu vu la longueur de la jupe en question avant de donner des conclusions définitives?

La Maçonne 26/09/2020 18:17

Je ne juge pas les gens sur leurs tenues vestimentaires et je considère, par défaut, qu'une femme comme un homme est libre de son corps et donc de l'habiller comme elle ou il le souhaite. De plus, la tenue vestimentaire est, pour les adolescents comme d'ailleurs pour toute une catégorie d'adultes, un moyen d'expression.
Oui - j'ai vu les longueurs de jupes, de shorts et les largeurs de décolletés ... qui n'ont rien d'extraordinaires d'ailleurs. Des jupes tout à fait normales à mi-cuisses, des shorts tout à fait normaux comme on voit partout. Je me souviens d'avoir porté bien plus courts. Ma mère aussi d'ailleurs.

Brumaire 23/09/2020 15:40

Le ministre de l'Education -encore et pour combien de temps?- nationale, a eu, pour ma part, un discours plein de bon sens jusqu'à ce qu'il utilse une expression inappropriée sur laquelle tout le monde plonge avec délectation: la "tenue républicaine". Je n'ai pas entendu le ministre stigmatiser les filles en particulier, mais bien sûr, tout est bon pour enfoncer toujours les mêmes clous;
Toujours selon moi, on ne vient en classe, au Collège, au Lycée, à l'Université, ni pour des concours de mode, ni avec des tenues de plage, ni avec des tenues de soirée, ni avec des vêtements pour boîtes de nuit.
On vient dans ces établissements pour s'instruire, point, et la tenue vestimentaire doit être appropriée à l'environnement dans lequel on évolue, qu'on soit garçon ou fille, ou professeur.
Les jeans qui découvrent l'arrière-train, les débardeurs aux décolletés plongeants, les shorts en classe, les tee-shirts couverts d'inscriptions en tous genres, les signes distinctifs de toutes sortes n'ont rien à faire dans des établissements scolaires, que ce soit pour les garçons, les filles, les profs.
On se demande quelle notion de la liberté, de la juste mesure, du bon sens ont tous ceux et celles qui twittent sur "balancetonlycée", etc...surtout quand on n'écrit pas en français, et que l'orthographe est plus qu'approximative...

La Maçonne 23/09/2020 17:43

Ils ont la même réaction que lorsqu'une femme se fait agresser parce qu'en jupe.
C'est le même type de violence que l'on frappe une femme ou que l'on revoit une gamine de 11 ans chez elle pour une jupe.