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La Maçonne

BlanquerGate : trois officines sans avenir.

Tableau de Jean Béraud ( 1848-1935) illustrant la sortie du lycée Condorcet à Paris en 1900
Tableau de Jean Béraud ( 1848-1935) illustrant la sortie du lycée Condorcet à Paris en 1900

« Avenir Lycéen » est un syndicat fondé en 2018. Complètement inconnu du grand public, il fut fondé par par trois élus des instances lycéennes nationales : Maxence Duprez, Marc-Olivier Lise et Nathan Monteux. 

Le syndicat a reçu 65 000 euros de subventions du ministère de l'Education Nationale en 2019 afin de financer un congrès. En 2020, il a touché 30 000 €. Alors que les syndicats plus anciens comme l'UNL (Union National Lycéenne) a reçu pour l'année 2020, 20 000 € et la FIDL n'a rien reçu. Ces deux syndicats ont, d'ailleurs, la particularité à différents degrés et pour différents motifs de s'opposer à Blanquer et ses projets de réforme. 


Suivant l'enquête de Médiapart, les subventions versées à ce jeune syndicat ont été dépensées dans des bars, en frais de bouche et dans les hôtels de luxe.  Jusque-là, il s'agit simplement d'une association de lycéens qui a été géré par des jeunes dont l'honnêteté est une notion relative. 


Le site de l'Education Nationale informe que 156 000 € au total a été remis au titre de subvention aux syndicats lycéens. Les conditions de remise sont, par ailleurs, explicites : remise des comptes et d'un ensemble de documents.

Pour « Avenir Lycéen », le site « Education Nationale » mentionne qu'à peine fondé, ce syndicat – dont on apprendra plus tard qu'il n'était constitué que de 20 adhérents – fut « élu » au  Conseil supérieur de l’éducation (CSE). 

Or ce qui est surtout reproché – et cause du scandale – est que ce syndicat a été monté par le ministère de l'Intérieur afin de faire passer ses projets de réforme. Qu'en est-il exactement ?  


La FIDL a été fondé en 1987 (contre la loi Devaquet). A ce titre, ce syndicat ne peut être accusé d'avoir été fondé par un gouvernement en place et/ou un ministre. La dernière subvention (80 000 €) date de 2017. Pour le Ministère de l'Education, ce syndicat n'a aucune relation avec les rectorats et les représentants du ministère. Il évoque des dissensions internes. Comme il s'agit de lycéens, qui sont censés ne le rester que trois ans, difficile d'envisager une dissension qui perdure en 2018, 2019 et enfin 2020 ! Cependant, selon le ministère, il s'agit des raisons pour lesquelles ce syndicat ne reçoit plus de subventions depuis le début de mandat de Emmanuel Macron. 
Au vu de son site et son compte tweet, ce syndicat demeure particulièrement actif, affichant fièrement des partenaires dont la (célèbre) Ligue de l'Enseignement ou encore SOS Racisme. Sa dernière campagne est contre l'homophobie. 
 
L'UNL a été fondé en 1994 en opposition à la loi Failloux (François Bayrou). Ce qui ne peut pas être, non plus, être considéré comme une association syndicale fondée par, là encore, un ministre de l'Education Nationale ou proche de celui-ci.

Selon le ministère de l'Education National, ce syndicat n'a obtenu que 20 000 € en 2020 parce qu'il a perdu toute représentativité au CSE en 2019. Le CSE ne compte que 5 élèves élus – et vraisemblablement, ce syndicat a perdu ses places au profit de « Avenir Lycéen ». Là encore, on peut être surpris – alors que le ministère le présente comme quasi-inexistant dans le monde lycéen –  ses actions au sein des lycées dont des combats contre le sexisme, par exemple, sont importantes. 
Selon les modalités émises par le ministère lui-même, les subventions sont conditionnées par une convention et donc une mission directe à l'égard des lycéens dont le CSE n'est pas le seul élément. On est en droit de se demander ce qu'a fait "Avenir Lycéen" de plus. 


Avenir Lycéen n'a pas de site web qui est « en construction ». Suivant son compte tweet, il semble même qu'il n'en a jamais eu.

Contrairement aux autres syndicats, il est visiblement le seul à ne pas critiquer les réformes et projets de Blanquer. Il se contente d'ailleurs de diffuser des informations officielles. Très peu suivi d'ailleurs (1000 abonnés en tout et pour tout), il ne présente aucune action qui lui soit « personnelle ».  Bref, tout indique qu'il a été dès son début et encore maintenant une coquille vide.  Toutefois, ceci n'est pas suffisant pour conclure d'une réelle proximité avec le ministre de l'Intérieur. On peut simplement dire que ce syndicat brille par sa médiocrité. 

 

1889 Jean Beraud – brasserie d’étudiants


Par contre, on peut s'étonner des montants des subventions – une première fois pour un congrès qui n'a jamais existé et la seconde fois selon une « convention » dont on aimerait en connaître les promesses. 
Selon un mail que s’est procuré le site d’information “Mediapart” et un témoignage, le Ministère auraient été avertis depuis juillet 2020 des dérives financières, mais visiblement cela n’a donné lieu à aucune réaction. Le Ministère prévoyait d'allouer 30 000 Euros pour l'année 2020. 

Se réunir et se constituer en opposition à un gouvernement est la normalité pour un syndicat de lycéens. Ce n'est visiblement pas le cas de Avenir Lycéen. Difficile d'imaginer qu'un des fondateurs de ces syndicats cités plus hauts furent, dans les quatre mois suivant, nommés comme « chargé de mission » auprès du numéro 2 du ministère.

 Or, ce fut le cas pour l'un des fondateurs de Avenir Lycéen. Maxence Duprez, ex-responsable de Jeunes avec Macron à Paris, a été nommé chargé de mission auprès de Jean-Marc Huart. Ce dernier est, aujourd’hui recteur de l’académie de Nancy-Metz. Le témoignage de l'ancienne présidente de ce syndicat souligne sa présence lors de son élection au CSE.  Elue comme présidente avec seulement les 20 adhérents que comptaient le syndicat, deux semaines plus tard, elle fut reçu avec Maxence Duprez par la conseillère sociale du Ministre.

Les différents membres et/ou fondateurs des premières heures de cette grande aventure que fut « Avenir Lycéen » étaient tous, comme le montre un ensemble de tweets qui ont été retrouvés, membres des « Jeunes pour Macron » dans leur région respective. Certains ont obtenu des fonctions comme un stage au ministère des Transport, assistant parlementaire, … Certainement pour les remercier de leurs services rendus. 


Alors que le syndicat n'existait pas encore (les statuts ont été déposés le 12 décembre), des lycéens (élus) ont été invités à poster sous #AvenirLyceen par le rectorat. On retrouve bien ces tweets qui, sans cacher leur rapprochement avec Emmanuel Macron, appelait à débloquer les lycées (manifestation des lycées contre ParcourtSup).

Le logo même de ce syndicat est – on risque de s'étouffer – une photographie du Ministère de l'Intérieur. Dans la même veine, on retrouve un groupe « Telegram » où ces charmantes têtes blondes, avenir de la France, discutaient librement de leurs relations avec le Ministère de l'Education Nationale. Ce groupe porte le nom  « Aile Droite – Race Supérieure ». 

Les communiqués de ce syndicat –  un peu trop aux ordres – étaient corrigés, comme en témoigne son ex-porte parole, par le rectorat (Orléans) lorsqu'ils n'étaient pas entièrement rédigés par ce dernier. Difficile de faire plus manipulation politique.  Source France Bleu

 

 

Manet - le jeune homme

Deux autres officines pro-Blanquer 

Le syndicat Avenir Lycéen a rejoint  un pseudo think-thank appelé « Avenir Education » qui, lui aussi, n'existe que sur les réseaux sociaux (pas de site internet, pas de trace d'un réel travail). Ce think-thank apparaît en juillet 2020.

On retrouve le même type de logo (certainement la même photographie) et un certain vide sidéral – Mis à part vanter la politique de Blanquer, ce "think thank" n'apporte rien.

On y retrouve les mêmes lycéens dont Nathan Monteux (qui va bien finir par quitter le lycée un jour). Les liens financiers semblent avérés : une partie des subventions, selon Médiapart, aurait servi à financer du matériel informatique (pour plus de 8000 €) utilisé par le président de Avenir Education. 

Avenir Education est une autre manœuvre de manipulation mise en place par le Ministère de l'Education Nationale. 


Avenir Enseignant (on n'est pas très original dans le choix des noms) est la troisième association fondée, semble-t-il, aussi par le Ministère de l'Education Nationale. Il est destiné aux enseignants se présentant comme « apolitique et indépendant ». On retrouve le même type de logo (on n'est pas très doué non plus de ce côté là). Il a été fondé en 2019. Il est si apolitique qu'il ne sait que soutenir Blanquer. Il ne semble n'avoir existé que durant un mois et neufs tweets dont le contenu laisse songeur. En effet, cette association semblait s'opposer aux différentes positions des enseignants. 

 

Bien sûr, Blanquer nie en bloc, d'avoir participer à la fondation d'un syndicat lycéen pro-LREM, avec des jeunes macronistes, tous (ou presque) appartenant au JAM (Jeunes Avec Macron), qui ont été financés (100 000 Euros en deux ans) par le Ministère de l'Education Nationale, et dont l'ensemble des traces sur les réseaux sociaux comme les éléments apportés par les témoins montrent bel et bien l'existence de liens entre lui, son numéro 2 et les élèves. 


Ce que l'on retiendra de cette affaire est que la situation de Emmanuel Macron doit être  si désespérée que son Ministre de l'Education Nationale en est à créer des associations bidons, sorte d'officines fantômes, pour manipuler des mineurs. 

Même si de nombreuses associations d'étudiants ou de lycéens sont utilisées par des partis politiques de tout bord - elles ne cachent généralement pas leurs orientations aux lycéens comme aux étudiants - personne ne peut accepter  qu'un Ministre de l'Education fonde des officines, derrière le dos de tous et toutes, utilisent des hauts fonctionnaires, ainsi que l'argent du contribuable pour tromper des adolescents. Il a touché à une dimension sacrée : les enfants, leurs développements intellectuels et critiques, dans une période de crise. 

Jean-Michel Blanquer a  prouvé sa médiocrité - mais finalement, n'est-ce pas ce qu'est le gouvernement LREM : médiocre ? 


 

Le compte tweet de Avenir Lycéen ayant été vidé, on retrouve néanmoins les traces de leurs "actions" sur le compte d'un de leurs fondateurs. Ce dernier ayant réussi à quitter le lycée semble continuer son parcours de "militant Jeunes Avec Macron". Il est membre du burea de l'AsEED Sorbonne. 

Pour sa candidature (novembre 2020), "Tête de liste interfilière", voici  un billet de ses "opposants" (ou pas - avec les jeunes on ne sait jamais). 

Source : Médiapart

Origine du Logo du syndicat Avenir Lycéen. 

Archives trouvées concernant le #AvenirLyceen dont un tweet d'un des fondateurs du syndicat lycéen, qui nie aujourd'hui toute relation avec Blanquer, mais qui apparait sur la fameuse photographie officielle datant de 2017 ayant servi de logo au syndicat. 

Deux autres officines de soutien à Blanquer : le think thank "Avenir Education" et l'association Avenir Enseignant. 

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hector 26/11/2020 10:52

Benmerdaor ! ! ! ! !