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La Maçonne

Doctrine du maintien de l'ordre : La gendarmerie nationale.

Arrestation émeutiers dans un coron.

Mes précédents articles présentaient l'historique (plutôt court) du maintien de l'ordre en France, les raisons internes comme externes à son évolution, la doctrine mise en place dans la plupart des pays européens ignorée en France, et enfin le Schéma National de Maintien de l'Ordre (SNMO) de Gérald Darmanin. J'ai largement illustré mon propos des réactions des syndicats de police (police nationale) qui considère les manifestants comme leurs ennemis.  
Par ailleurs, sauf dans un rare cas – soit le syndicat de police VIGI – il n'existe aucune analyse sérieuse de la doctrine de maintien de l'ordre définit par Darmanin émanant de la police nationale.

J'ai trouvé un avis plus construit et plus argumenté  – je souhaite que vous m'applaudissez ! - dans une publication de la Gendarmerie Nationale.  Il s'agit d'un numéro spécial datant de Juin 2020 que je vous met en fichier. 

Après plusieurs articles de présentation historique, la question tombe « comment sortir du discrédit ? »  dans le dossier "Doctrine" signé par le général d’armée (2S) Jean-Régis Véchambre, précise «  que ses propos n’engagent pas l’institution à laquelle il a appartenu, en l’occurrence la gendarmerie, ni les travaux du schéma national du maintien de l’ordre auxquels il a participé ».  
Face aux images de violences policières (qu'il n'appelle pas comme cela, mais souligne un « usage de la force disproportionné), il précise : « Les sociologues voient leurs thèses confortées. Les violences policières provoquent la violence des manifestants, les méthodes fabriquent des ennemis. Comme Jean-Luc Mélenchon le déclarait le 25 septembre 2019, les policiers seraient-ils devenus des barbares ? Ils déplorent enfin que la France n’ait pas adoptée la doctrine « KFCD » » 

Il conteste, bien évidement, l'expression de « violences policières » qui autorisent, selon lui, un retournement de situation, soit la violence des manifestants contre les forces de l'ordre. Il évoque une manipulation permettant d'accepter des actes illégaux comme les ZAD (zones à défendre) alors qu'il s'agit de zones occupées illégalement (des ZOI?).

On ne fera pas d'un général une Antigone. 

Il remet en cause les vidéos de violences policières, « virales »,  au même titre que les « street médic » et regrette que du côté des forces de l'ordre, l'usage des vidéos soit guère possible. On appréciera le raccourci. Comme je l'explique dans ma note en fin de cette article : des vidéos émanant des pouvoirs publics existent déjà. La question n'est pas qui ou comment sont produites les images, mais la confiance en l'Etat et les forces de l'ordre dans le traitement de ces images. 
 
Quant aux street medic, qui sont présentés par notre général  comme « apolitiques ou radicaux » (j'ignorais qu'être apolitique était jugé dangereux), ils soignent aussi les forces de l'ordre. Le cas le plus célèbre est un policier qui a fait une crise cardiaque lors d'une manifestation en mars 2019 qui a été secouru par une street medic. 
Si ce général d'armée est dérangé par la présence de street medic, bénévoles, y voyant des images faisant croire à une scène de guerre, il n'est pas choqué par l'absence de structures officielles permettant de prodiguer les premiers soins aux blessés. 

La question de la visibilité des forces de l'ordre, lors des manifestations, a toujours été au cœur des organisations des manifestations lorsqu'il existait des services d'ordre privés. Le débat n'est pas inintéressant en soi. Cependant, ces dernières années, ce n'est pas juste une visibilité de policiers à des carrefours qui est mis en cause. Il s'agit de s'interroger sur le nombre de policiers par rapport au nombre de manifestants, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. En se basant sur ces données, on compte  2 policiers pour 5 manifestants à 1 policier pour 1 manifestant. Au point que cette présence de policiers tient plus d'une contre-manifestation organisée par le gouvernement qu'à un maintien de l'ordre. 

Afin de sortir du « piège sémantique », ce général propose de modifier le vocabulaire utilisé dans le cadre du maintien de l'ordre. 
« Il s’agirait d’abord de passer du concept de « maintien de l’ordre / rétablissement de l’ordre » à celui de « protection de la paix et de l’expression publique ». Ce concept donne le vrai sens à la mission qui est de faciliter et protéger l’expression publique et l’environnement. » Et de continuer : 
« Il ouvre à un dialogue continu, en amont,pendant et en aval avec les manifestants, dans le cadre d’un accompagnement. Il le rend compatible avec la complexité des situations ou phénomènes (manifestations classiques de rue ou de lieux ou imbriquées avec des contestations violentes, violences urbaines dans les zones contestées à l’occasion de réunions ou de rassemblements, phénomènes durables de contestation de la démocratie). Il permet une approche globale (renseignement, police administrative, police judiciaire, communication…), inscrite dans la durée, avec un commandement intégré. Il accentue le contrôle sur le comportement des forces de l’ordre. Enfin, il peut redorer la notion plus vaste d’ordre public qui pâtit de l’image négative du MO.»

Et bien je suis tout à fait d'accord. C'est le « K » de connaissance … je veux dire de « Knowledge ». 

La question de fond n'est pas vraiment comment est perçu les forces de l'ordre par les manifestants, même les plus radicaux – mais par le gouvernement.

Les forces de l'ordre sont devenu le principal outil du gouvernement pour faire taire une contestation sociale alors qu'elles devraient être au service des citoyens et, à ce titre, se devant leur faciliter leurs contestations sociales. Dis-je. 

« Neutre, la force publique ne s’inscrit pas dans une logique de confrontation, qu’elle cherche à tout prix à prévenir, dont elle ne saurait être à l’origine et qui, lorsqu’elle se produit, doit être apaisée. » dit-il. 

Enfin pour améliorer la perception des forces de l'ordre, il s'agirait aussi de faire une révision sémantique. 

« Les sémantiques tactiques et techniques ont la même importance. La notion de nasse est dramatique. Celle d’encerclement le serait tout autant. Dénommer les nouvelles brigades moto « brigades de répression de l’action violente » constitue un contre-sens grave ; le seul outil de répression en possession des forces de sécurité est la contravention, les crimes et délits relevant de la justice. L’emploi de la force légitime n’est pas un outil de répression. C’est toute la différence stratégique entre une matraque et un bâton de protection. » explique-t-il. 

Je souhaite souligner que si les manifestants radicaux jouent de la sémantique, les choix des appellations des brigades ne sont pas choisies par manque d'imagination. 
En mettant en place des Brigades de répression des actions violentes motorisées (BRAV-M), c'est bien parce que le rôle joué et souhaité par le gouvernement et, en particulier, par le préfet Didier Lallement, est bien la « répression » de manifestations. Il s'agit aussi d'instituer la peur parmi les manifestants. Cette brigade ne sécurise pas, ne contrôle pas, ou encore même n'a rien à voir avec du maintien de l'ordre, mais réprime - devant par là "juge" et bras armé du gouvernement. 

Si les BRAV-M sont une initiative du Préfet Didier Lallement, Gérard Darmanin souhaite lancer une "Force d'Appui Rapide" (FAR) composé de CRS "volontaires" et en fonction de certains critères physiques, suivant le modèle des BRAV. L'équipement sera composé de véhicules 4X4 pouvant franchir des barricades (et derrière les barricades, il y a des gens, non?), des casques plus légers pour le combat et des équipements ignifugés pour aller au feu ... Cela donne tout de l'idée que ce fait Darmanin du "maintien de l'ordre".

 

" Pour mieux se protéger, les forces de police se sont « robocopisées ». Cette tenue, faute de modularité, interdit gradualité et réversibilité. À l’opposé des leçons que le colonel Vicaire s’était attaché à donner, en chemisette bleue et képi, sur le pont de Verbania au Kosovo. Il n’hésitait pas à dire que ROBOCOP est un modèle agressif et provocateur donc amplificateur de désordre. Il avait raison » 
« Dans le développement incontournable du dialogue continu avec les manifestants et l’environnement, celui-ci exige en outre la création d’unités spécialisées, allant de la préparation de la manifestation à l’accompagnement de sa dispersion, tant au contact que par le truchement d’outils numériques de dialogue et des réseaux sociaux. 
»

Il reformule ainsi l'idée générale de proximité sinon d'identification avec les manifestants. Les médiateurs allemands sont en civil. Le SNMO considère, comme allant de soi, le paquetage classique des forces de l'ordre. 

«  L’attaque de provocation par ces groupes [note de la Maçonne : les Black bloc] emporte la réplique alors que, pour pacifier, la violence appelant la violence, il est impératif de toujours tenter d’éviter au maximum l’emploi de la force. Ce que la gendarmerie sait depuis 1840 :
« Il faut la plus grande  modération, même la longanimité ; les menaces de faire usage des armes, les actions brutales faites avec les chevaux pour écraser, les simulacres de charges, sont tous moyens faibles et dangereux qui ne font en résultat qu’irriter les masses ou les encourager. » (De May d’Aulnay, 1840, 31) »

Ainsi depuis 1840, la Gendarmerie Nationale, sans avoir besoin de sociologues et de psychologues « gauchistes », comprenaient la psychologie des foules. Au moins sait-on que l'actuel ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, comme le précédent Christophe Castaner, ainsi que le préfet Didier Lallement, ne sont pas  à la hauteur d'un instructeur de gendarmerie de 1840. 

Je cite ce passage juste pour le plaisir . Mon allergie notoire à l'uniforme m'interdit de faire un commentaire sur la question sous peine de passer sous cortisone. 

 « Sans renoncer aux protections, cette tenue doit se montrer plus réversible, notamment par une surveste aux couleurs classiques masquant tous les équipements et impliquer, pour la gendarmerie, des gendarmes en tenue de service courant. Le noir des tenues ne devrait-il pas être laissé aux blacks blocs et aux Ninja ? » 

Jean-Régis Véchambre continue ainsi ,« L’emploi des gaz, s’ils ne tuent ni ne blessent, montre aujourd’hui son impuissance dans les situations d’imbrication. Il est sans effet sur les contestataires équipés et, comme la tenue, est devenu amplificateur de désordre, il gène la manœuvre et l’identification des casseurs par les nuages qu’il provoque. Sans renoncer à cette capacité, il est impératif d’en limiter l’emploi au profit des fourgons pompes qui permettent l’individualisation, l’isolement et favorisent l’interpellation. Leur redéploiement en gendarmerie est indispensable. La question des moyens d’éclairage, inexistants aujourd’hui, comme celle de la démultiplication des capacités de barriérages et d’aménagement du terrain se pose également avec acuité. » 

La différenciation serait rendue impossible par l'emploi des gaz lacrymogène. Ce que je veux bien croire ayant, moi même visionner, durant plusieurs heures de nombreuses vidéos de plus ou moins bonnes qualités. Le général Jean-Régis Véchambre continue par des considérations sur la prise des vidéos : les caméras « piétons » sont insuffisantes, il faut du personnel formé à la prise d'image – jour et nuit – qui pourront traiter des images de plusieurs provenances : hélicoptères, drones, vidéo protection, télévision, réseaux sociaux … 

«  Ces capacités permettraient de prévenir les critiques du défenseur des droits à l’encontre de la judiciarisation du MO,
au travers des communiqués sur le nombre d’interpellations. Ce qui compte en effet, n’est pas le nombre d’interpellés mais la capacité de la force publique à présenter à la justice, dans le temps le plus proche de l’action, les seuls auteurs identifiés d’infractions pénales. 
» explique-t-il. 

Or, le nombre d'interpellés lors d'une manifestation est, surtout, un outil de communication pour le gouvernement. Aujourd'hui, ce n'est pas uniquement le défenseur des droits qui souligne l'importance de ces arrestations arbitraires mais bon nombre de médias et de journalistes qui font le suivi judiciaire de ces interpellés. 

Lors d'une première lecture, j'avais trouvé ce texte et le raisonnement inachevé comme si cet imminent auteur se retenait d'aller jusqu'au bout de sa pensée. En deuxième lecture, j'ai été stupéfaite par, non pas la qualité du raisonnement – bien que l'on pourrait l'être au vu des lectures que je vous ai présenté sous la forme de tracts – mais parce que, finalement, il explique la même chose que moi. Certes, il nous présente aussi quelques précisions purement gendarmesques. Mais tout le monde ne peut pas faire de « la Maçonne » !  

 L'auteur de ce texte est le général d’armée (2S) Jean-Régis Véchambre, qui fut ancien inspecteur général des armées-gendarmerie, - jusque là ne me demandez pas ce que cela signifie mais je sais avoir quelques spécialistes parmi mon lectorat – Il a été  associé comme expert aux travaux sur le schéma national du maintien de l’ordre, c'est-à-dire le SNMO que je vous ai présenté dans un précédent article. 
Il est, par ailleurs,  membre du Haut conseil du livre blanc sur la sécurité intérieure. 
Il préside la société nationale de l’histoire et du patrimoine de la gendarmerie – Société des amis du musée de la gendarmerie. 

Quant à l'usage du LBD, on peut lire dans un article signé par Bertrand Pauvert, maître de conférences HDR en droit public à l’Université de Haute-Alsace – c'est-à-dire un universitaire, ceci : 
« Il faut toutefois rappeler que les moyens de dispersion, type AFI, privilégiés par les unités spécialisées sont les grenades et non le LBD. Ce dernier ne doit pas être considéré comme un moyen de dispersion mais comme un moyen de faire cesser les  comportements dangereux et d’interpeller. Si un comportement n’est pas dangereux, il n’y pas de raison d’employer le LBD pour interpeller, du moins pas en situation  de MO, du fait du principe de proportionnalité et de nécessité. Dès lors, les polémiques nées du grand nombre de blessés lors des manifestations et du recours exagéré aux LBD révèlent surtout le problème de la participation au MO/RO d’unités non formées à ces missions bien particulières. La question n’est donc pas celle de la nécessité de recourir aux AFI dans la gestion des manifestations mais bien celle de l’aptitude à les utiliser. » 

Ce passage souhaitant rappeler un usage normal du LBD veut renvoyer aussi la faute à des policiers non-formés. Or, comme les procès n'auront jamais lieu, on ne connaîtra pas le niveau de formation des auteurs de ces blessures dans la plupart des cas. Toutefois, je doute fort qu'elle soit toujours du fait d'un manque de formation du personnel. 
Comme il le signale lui-même, l'usage des LBD est remis en cause depuis 2013. 

Le LBD n'est pas une arme de maintien de l'ordre. Le LBD ne disperse pas, il abat. L'utiliser dans ce cadre est vouloir abattre des manifestants. Il s'agit d'une arme d'interpellation, remplaçant d'ailleurs l'arme à feu traditionnelle, dans un « face à face » entre un individu dangereux (ou plusieurs) et les forces de l'ordre. L'usage du LBD  dans une foule consiste prosaïquement à tirer au hasard et donc blesser au hasard des manifestants qu'ils soient dangereux ou non. 

Or, actuellement, pour la totalité des manifestations, les LBD sont utilisées au petit bonheur la malchance en tant que arme de dispersion sans que les manifestants représentent un quelconque danger et sans que les forces de l'ordre n'interpellent d'ailleurs celles et ceux qui ont été touchés – et l'ont été sans trop de dommages corporels (montrant ainsi que les manifestants touchés ne sont pas dangereux et donc amenés à être interpellés). 

Les LBD ne sont pas utilisés uniquement dans lors des manifestations protestataires d'ailleurs. Lors de la fête de la musique en 2019 à Nantes, il y a eut des charges policières, nassage, gazage et tirs de LBD. Cela sur un public de jeunes, certainement avinés. 14 personnes sont tombées à l'eau et on dénombre un mort Steve.
Le SNMO de Darmanin ne prévoit pas la suppression des LBD en maintien de l'ordre. Il prévoit le même usage, avec une caméra piéton en sus et un superviseur (qui existe déjà sous une autre forme). Les consignes d'utilisation sont d'ailleurs les mêmes. 

Un article pouvant faire office d'un souhait de connaître les manifestants est, quant à lui, signé par Cédric Michel traitant de « l'ultra-gauche ». 
Ainsi, explique-t-il : « Sous l’angle historique et symbolique, la subversion violente puise sa source dans la tradition insurrectionnelle idéologique française, remontant à la révolution de 1789. En 1871, la Commune de Paris, malgré un triste bilan estimé selon les sources de 13 000 à 25 000 morts, tient également la part belle dans l’imaginaire collectif de l’ultra-gauche radicale. » 

En réalité, la Commune fut bien un mouvement d'une gauche radicale (appelée aujourd'hui « ultra-gauche ») et qui était appelé « anarchiste ». Il ne s'agit pas, à ce titre, d'un fantasme. Je ne crois pas que ce valeureux gendarme aurait aimé déjeuner avec une Louise Michel, condamnée au bagne, ou encore moins avec une Madeleine Pelletier (lire mon article sur cette grande dame ici). 

S'il y a un article sur « l'ultra-gauche », il n'existe pas son pendant sur « l'ultra-droite » et les mouvements néo-nazis et racistes du type « générations identitaires ». Ces derniers ne se contentent pas – malheureusement – de libérer des poulets ou de squatter un champ.  Trois gendarmes on été tués par un survivaliste, sur-armé. 


 
Michaël  DI MEO Colonel de gendarmerie, dans son article ayant pour sujet les outils du maintien de l'ordre, explique : « Le maintien à distance de l’adversaire est l’un des grands principes du maintien de l’ordre à la française même si le contact est parfois incontournable. La Gendarmerie dispose de barrières rétractables associées à un camion tactique qui une fois déployées, instaurent un écran protecteur entre la foule et les forces de l’ordre. » 

« Si la gradation de la force est un concept parfaitement maîtrisé pour la gendarmerie, celui de la désescalade reste embryonnaire.
La dissociation des éléments perturbateurs du reste de la foule et la légitimation de l’action des forces de l’ordre exigent un effort de communication à l’adresse des manifestants durant la phase de conduite de la manoeuvre. 
Cette « communication tactique » doit s’appuyer sur des équipes de terrain formées au dialogue et à la mise en œuvre de nouveaux outils de diffusion de messages tels que des véhicules sonorisés et équipés de panneaux LED, des portevoix hyper-puissants et un système de transmission de SMS à destination de tous les mobiles présents sur une aire géographique déterminée. Le chantier n’est pour le moment qu’à l’état de réflexion. 
» 

Privés de moyens matériels, humains, de formations, du fait d'un désintérêt durant de nombreuses années de la part des politiques et de leurs pseudo-conseillers, les manifestations de ces dernières années (les Gilets Jaunes sont souvent cités) ont, semble-t-il, permis que les forces de l'ordre, dont la Gendarmerie, bénéficient d'un regain d'intérêt du côté des politiques. 

Je vais poser la question qui fâche.  A la lecture de cette revue, pourquoi les principaux principes présentés n'ont pas été préférés au lieu de la sorte de purée sécuritaire décrite dans le SNMO ? 


La suite dans un prochain et dernier article. 


 

Note : Les vidéos des forces de l'ordre existent déjà : les drones ont été utilisés alors qu'interdits par le Conseil d'Etat encore lors de la manifestation du 12 décembre 2020, les parcours des manifestations qui se décident avec les préfectures sont jalonnés de vidéos fixes. Personne ne conteste l'usage de caméras « piétons » par les forces de l'ordre à part plusieurs gouvernements qui les promettent sans jamais vraiment les fournir. 
Ainsi, la prise d'image par les forces de l'ordre n'est pas, en soi, un problème dans une certaine limite de la légalité dont les drones, par exemple. Ce qui inquiète, par contre, les français est la manipulation des images par les forces de l'ordre, l'IGPN, la préfecture de police, et de manière générale l'Etat. C'est une histoire de confiance entre les citoyens et l'Etat. 

L'affaire Michel Zecler montre une réalité bien sordide. Après avoir tabassé sans motif Michel Zecler, appelé d'autres policiers à la rescousse, envoyé une grenade à l'intérieur d'un local privé (ce qui est interdit), continué à tabasser le même Michel Zecler sous les yeux de toute une population de policiers,  soit tout un commissariat, arrêté des jeunes, les tabassant au passage, présents dans les locaux, cela sans motif non plus, les policiers ont fait de fausses déclarations dans leur procès verbaux d'intervention. Cela le plus naturellement du monde. Ce ne sont pas ces policiers qui passent devant les tribunaux, mais Michel Zecler accusé par ces mêmes policiers. 

Ils ignoraient qu'ils avaient été filmés par une vidéo située dans le local de Michel Zecler. Sans cette vidéo, cet homme aurait été, très certainement, condamné. 

D'ailleurs, il ne faut pas chercher très loin dans le temps pour comprendre que la manipulation des vidéos par le pouvoir public est, déjà, une réalité.  
L'Elysée – un des plus proches conseillers du Président de la République Emmanuel Macron  – avait diffusé deux vidéos trompeuses, sur les réseaux sociaux et sur un compte anonyme, afin de disculper Benalla. Il a fait un montage en utilisant une vidéo obtenue illégalement et en utilisant une vidéo qui n'avait rien à voir avec les faits montrant un jeune homme courir avec une chaise après les forces de l'ordre – Un montage mensonger, donc, diffusé par l'Elysée sur les réseaux sociaux en utilisant un compte anonyme.   

Dernier exemple, une vidéo-surveillance montre plusieurs personnes arrêté par trois véhicules et un homme tiré à travers la vitre du conducteur. Ces hommes qui arrêtent un véhicule et tirent avec une arme à feu sont des policiers qui non seulement ne se signalent pas, pas de gyrophares, pas de brassards, mais aussi ne font aucune sommation avant de tirer deux fois. Ceux, ainsi, agressés sont accusés du vol d'un sac à main (!). Il s'avérera très vite qu'il s'agit simplement de jeunes qui souhaitaient faire un tour en ville et qu'ils n'ont rien à voir avec ce vol. 
La vidéo-surveillance existe et, grâce à elle, le comportement violent et délictueux de ces policiers ne fait aucun doute. Le jeune conducteur (Paul) a été, par la suite tabassé et arrêté (luxation d'une épaule) alors qu'il était déjà traumatisé par les deux tirs du policier. 

Il a été accusé de violences sur les forces de l'ordre par arme à destination. Pris au piège par plusieurs véhicules qu'il n'a pas identifié comme des véhicules de police, il a fait une marche arrière sans voir qu'un autre véhicule, aussi non identifié;  lui bouclait le passage.

Il a fallu une année à la défense de Paul pour obtenir les images de cette vidéo-surveillance et autant de temps pour obtenir la relaxe du jeune conducteur. Les policiers ne sont pas suspendus, malgré la vidéo surveillance et une enquête de l'IGPN.  
A l'époque, le jour des faits soit le 30 avril 2019, le Point faisait un compte-rendu de cette interpellation musclée faisant du conducteur et des passagers des criminels en puissance reprenant le récit des policiers, faite bien que l'existence de cette vidéo-surveillance était connue : « Les voleurs, au volant d'un Duster, ont rapidement été repérés par les forces de l'ordre. Plusieurs brigades anti-criminalité ont alors convergé vers le lieu du délit. Piégé, le conducteur a, selon une source policière, tenté une marche arrière pour se dégager sans précaution pour les gardiens de la paix qui se trouvaient sur sa route. Il a percuté un véhicule de police. »   La présomption d'innocence n'est pas vraiment leur truc. 
 
En novembre 2020, la préfecture de police, couvrant les faits, avait déclaré  à Médiapart que "le parquet a conclu à la légitime défense". Ce qui était, à l'époque, complètement mensonger. Quelques jours plus tard, la même préfecture de police expliquait  à Médiapart : " La préfecture de police nous a recontactés le 28 novembre, jour des Marches pour les libertés, légitimant cette fois l’absence de suspension des policiers par «la complexité juridique de cette affaire"" Le policier, qui a tiré deux fois sur des jeunes qui n'avaient rien fait, cela sans sommation et sans s'identifier, n'est pas suspendu et se promène un flingue à la ceinture prêt à tirer sur tout ce qui bouge. 

L'absence de vidéo-surveillance arrange les pouvoirs publics, qui sautent à chaque occasion pour planquer ou mentir lorsque l'une d'entre elle ne corrobore pas leurs récits. Là, c'est  tout un système qui s'entraîne à couvrir des bavures et des violences de policiers. Là encore, ce sont les français qui sont trahis. 

Note 2 : Si la Commune est un fantasme, il se chante. Voici un ancien article sur les chansons de la Commune dont une de Louise Michel. 

Les articles précédents sur le même sujet : 

Voici ma contribution personnelle au Musée de la Gendarmerie et qui n'est pas la célèbre chanson à laquelle vous pensez toutes et tous. 

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Laurent 18/03/2021 14:18

Faut-il se réjouir du fait que face à la violence "légitime" dont use et abuse le "pouvoir" par les outils à sa disposition que sont les forces de "l'ordre" et qu'aujourd'hui aucune action meurtrières de la part des manifestants malmenés, blessés, mutilés et méprisés n'aient été commises ?
Oui, en effet et c'est tout à l'honneur de ceux qui, je le rappelle, ne disposent quand ils manifestent par rapport aux forces de "l'ordre" ni du soutien de la justice, ni des moyens matériels de protection, armes comprises, ni de l'entrainement militaire, ni des services de renseignements, ni du sentiment d'impunité, mais en ce jour du 150 anniversaire du début de la commune, je crains "qu'aux armes citoyens" ne soit le dernier recours des martyr(e)s de la Liberté de manifester.

Asterix 03/02/2021 09:33

J'ai vu que toute la presse bien pensante s'offusquer de l'arrestation d'opposants à Poutine. Ils auraient été matraqués pouvait-on lire. J'ai regardé les images à la tv et je me suis dit les policiers de Poutine ce sont des petits joueurs au regard des images diffusées sur les précédents articles de ce site. Ils devraient prendre des cours avec Darmanin et Castaner.

La Maçonne 05/02/2021 19:07

C'est vrai que s'offusquer des violences policières en Russie et pas de celles en France, c'est malhonnête.

hector 27/01/2021 12:25

une "Force d'Appui Rapide" (FAR)
Ce qu'il faut c'est une "Force d'Appui Rapide Ciblée" (FARC)