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La Maçonne

Féminicides 2020 : 98 femmes, 8 enfants et 3 gendarmes tués.

Mémorial des 98 féminicides - Paris 11ème

Si  la France s'est ému de l'assassinat de trois gendarmes  par ce que l'on appelle « un forcené », intervenant dans le cadre de violences domestiques, ce n'est malheureusement pas la première fois qu'une telle situation se déroule. 

C'est même, l'ai-je appris par hasard, la première intervention du GIGN en 1974. Un « forcené » (curieusement l'appellation est la même) avait pris en otage une femme et un enfant, qui n'était nul autre que sa conjointe et son enfant, dans les Yvelines à Ecquevilly.  Le GIGN a attendu l'ordre du préfet durant 18 heures pour intervenir. Finalement, la femme et l'enfant ont été tué par ledit forcené et ce dernier s'est suicidé. 

Une autre affaire semblable, connue sous le nom de « Forcené de Cestas »,  a été la première médiatisée date de février 1969. 
André Fourquet, suite à son divorce et au placement de ses trois enfants dans une institution religieuse, les avait enlevé une première fois. Il avait écopé six mois de prison. La mère Micheline a obtenu la garde des enfants. André Fourquet, ayant récupéré ses trois enfants le samedi 1er février 1969, a refusé de les rendre le lendemain. Il s'y refuse, se barricade dans sa ferme. Sa fille aînée Chantal réussit à s'enfuir le 3 février et prévient sa mère ainsi que les forces de l'ordre. 
Les forces de l'ordre sont envoyées.  André Fourquet tire sur les gendarmes demandant le retour au foyer de sa femme et le droit de garde des deux enfants restants. La situation reste bloquée durant une semaine sans intervention et tentative d'intervention des forces de l'ordre. 
Le 11 février, André Fourquet demande un médecin pour soigner sa fille Aline. Les forces de l'ordre refuse. Le forcené tue un gendarme. Les forces de l'ordre mènent un premier assaut sans succès. Les événements et péripéties, dont l'entrée en scène d'un journaliste Gérard Leroux qui se cache dans la maison du forcené, se succèdent ensuite. Un médecin, le docteur Arnaud, entre dans la maison qui révèle que les enfants sont prêts à mourir avec leur père, terriblement tourmenté par sa rupture avec sa femme. 


L'affaire est présentée par les journaux comme un « drame familiale » avec la composante « passionnelle » qui fut longtemps si chère devant les tribunaux. Les journaux prennent fait et cause pour ce père aimant, amoureux éconduit. André Fourquet demandait le retour de son ex-femme pour la tuer. Il est plaint. Personne ne se demande, d'ailleurs, ce qu'a traversé son ex-conjointe, de menaces, de violences et de peurs. 

Finalement, avant qu'un assaut ne puisse être ordonné, dans la nuit du 16 au 17 février, André Fourquet tue ses deux enfants et se suicide. 

Jusqu'à la fin des années 80, les violences faites aux femmes étaient un sujet réservé aux féministes et n'intéressaient guère les pouvoirs publics. Il n'existe pas de statistiques couvrant la période de 1969 à début des années 90. Vous verrez, plus loin, qu'officiellement il n'en existe toujours pas. 


Pour l'année 2019, sur les 260 000 plaintes pour coups et blessures enregistrées, la moitié concerne des violences faites aux femmes. On parle, ici, de faits enregistrées que ne sont pas les mains courantes ou que les policiers ou gendarmes ont refusé purement et simplement de prendre en compte. 


En sachant que la moitié des femmes qui sont tuées par leur conjoint, plus d'un tiers ont déposé une plainte, que la plupart n'ont pas été entendues et qu'enfin les autres n'ont jamais franchi le seuil d'un commissariat ou d'une gendarmerie, établir une projection donne le vertige. 
Enfin, en 2019, 960 personnes ont été victimes d'homicides dont 149 femmes par leur conjoint et ex-conjoint. 


Sans surprise, on découvre que l'homme qui a tué ces trois gendarmes était connu pour non-paiement de pension alimentaire mais aussi pour des plaintes pour violences conjugales à l'encontre de sa première conjointe. Cette dernière a déposée trois plaintes, toutes classées sans suite par la justice. 


Faute d'enquêtes sérieuses, la dangerosité de cet homme ne fut jamais reconnue. Ancien militaire, réserviste, survivaliste, extrême-droite, il faisait du tir sportif et possédait trois armes à feu, soit un Famas, deux pistolets automatiques, un gilet pare-balles et des lunettes de vision nocturne. 
 

Un masculinisme qui se répète jusqu'à l'Assemblée Nationale. 


Comme dans le passé, certains font de ce forcené une sorte de héros incompris pris au piège du féminisme. Thierry Berger de « Egalité Parentale » est régulièrement reçu par les députés LREM comme il est l'indique sur son site
Cette association souhaite imposer la garde alternée des enfants, afin d'éviter – selon ses propos - des violences sur les femmes ! Bref, il préconise de laisser des enfants à des hommes violents et pouvant jusqu'à tuer leur ex-conjointe. On croit rêver ! 
Dans cette mouvance masculiniste, il y a aussi SOS Papa. Cette association masculiniste est soutenue par le député « En marche » Benoît Simian, sous le coup d'une enquête pour violence conjugale.

Son épouse est d'ailleurs une des rares femmes équipées d'un téléphone « grave danger ». 

Ce 9 décembre 2020,  le bureau de l'Assemblée Nationale a refusé de lever l'immunité parlementaire demandée par le parquet de Bordeaux de ce député aux comportements violents.
Or, les détails concernant les méthodes de ce député laisseraient n'importe qui dans le doute : coupure d'eau et d'électricité, coupure de gaz (par deux fois), tentative de coupure de téléphone, dégradations diverses du domicile, livraisons à son nom  faites au domicile de son ex-conjointe, menaces  … tout cela alors qu'il est sous le coup d'une injonction d'éloignement.

Le bureau de l'Assemblée Nationale explique que la demande du parquet n'était pas assez explicite.  C'est d'ailleurs tout le problème du masculinisme : ils ne comprennent pas tout. 
La lutte contre les violences faites aux femmes n'est absolument pas une priorité pour LREM - au point de protéger un député accusé de violences sur son ex-conjointe. 

Entre ceux qui instrumentalisent sans un mot de condoléance pour les familles des gendarmes à des fins politiciennes et le Ministre de l'Intérieur, accusé lui de viol,  qui n'évoque même pas les circonstances – soit des violences sur les femmes  – ne cessent de le démontrer. 

Quoiqu'ils puissent se raconter, la mort de ces trois gendarmes, comme celles de 98 femmes, pouvaient être évitées.  

Un Grenelle qui n'a servi à rien. 

 


Si on constate la difficulté pour le Parquet de Bordeaux de se faire comprendre par le bureau de l'Assemblée Nationale, force est de constater que l'on na pas vraiment compris l'intérêt de ce « grenelle » organisée par Marlène Schiappa.

Accusé d'être un coup de com', il n'a accordé que  quelques mesures demandées depuis plusieurs années par les associations féministes dont, en partie, déjà mise en place.

Celles qui ont été refusées deviennent, aujourd'hui, urgentes. 
Or, la plupart des mesures sont mises en place depuis longtemps comme la levée du secret médical et/ou étaient censées l'être comme, par exemple, l'éducation sur l'égalité femme/homme engagée depuis 2010 ou encore la « médiation ». 
Le GREVIO, premier rapport de l'Europe concernant la lutte des Etats membres sur la lutte contre les violences faites aux femmes, a largement épinglé la France, suite à ce « Grenelle ». 


« Toutefois, il pointe l’insuffisance des dispositifs d’hébergement spécialisés destinés aux femmes victimes de violences. Le GREVIO estime dans son rapport que cette lacune est le reflet de politiques qui peinent à reconnaître la spécificité des violences faites aux femmes et tendent à les assimiler à d’autres problématiques sociales. [...] 
En dépit de l’existence de plusieurs dispositifs législatifs permettant de faire primer l’intérêt et la sécurité de l’enfant dans les décisions de justice concernant les droits de visite et de garde, le GREVIO remarque la rareté de l’application de ces dispositions, de sorte que les violences auxquelles sont exposés les enfants ainsi que le risque de continuation des violences après la séparation sont insuffisamment prises en compte dans le cadre du règlement des droits de garde et de visite. À cet égard, le GREVIO souligne la nécessité urgente de fonder les politiques et les pratiques en la matière en reconnaissant que, dans un contexte de violences conjugales, l’exercice conjoint de la parentalité est un moyen pour l’agresseur de continuer à maintenir l’emprise et la domination sur la femme et sur les enfants. L’insuffisance des dispositifs d’accompagnement et de soutien des enfants témoins de violence constitue une autre source de préoccupation. [….]


Le GREVIO constate dans son rapport les insuffisances de la réponse pénale aux violences qui témoignent d’une difficulté du système à s’assurer que les auteurs de toutes les formes de violence visées par la convention ont à répondre de leurs actes. En particulier, le rapport note que la pratique judiciaire de correctionnalisation, permettant de requalifier le délit de crime de viol en délit d’agressions sexuelles et de le juger devant le tribunal correctionnel au lieu de la cour d’assises, minimise la gravité du viol et fait porter les conséquences du dysfonctionnement du système judiciaire sur les victimes. Outre le fait que les méthodes d’appréciation et de gestion des risques et leur utilisation systématique par toutes les autorités compétentes devraient être davantage développées, le rapport illustre les nombreuses faiblesses du dispositif d’ordonnance de protection. En France, l’ordonnance de protection ne s’applique pas à toutes les formes de violence – contrairement aux exigences de l’article 53 de la convention –, les conditions de son application rendent difficile l’accès des victimes à la protection et leur appréciation varie considérablement selon les tribunaux. Le GREVIO constate dans son rapport la nécessité d’entamer un processus de révision du système des ordonnances de protection afin d’en permettre un usage plus diffus et systématique. » 
Le Grenelle tient d'un sanglant échec. 

 

Non content de mesures insuffisantes,  le numéro "vert" - 3919 - est aujourd'hui mis en danger. Géré par une association féministe, ce numéro n'appartient pas à l'Etat (et pour cause !). Ainsi, le gouvernement souhaite le supprimer, lançant un appel d'offre public.

Il est demandé au gouvernement, non pas la réforme d'un numéro vert ou l'organisation d'un énième Grenelle pour évoquer ce que l'on sait déjà, mais des mesures policières et judiciaires efficaces. 

 

98 femmes tuées en 2020 et 8 enfants. 

Pour cette année 2020, le compteur des féminicides, géré lui aussi par une initiative féministe, comptabilise 93 femmes et 7 enfants tués, dont la moitié par leur ex-conjoint – coupant court à ce fameux « mais pourquoi vous ne le quittez pas ? ».
Plus d'un tiers de ces femmes  avaient préalablement déposé plainte ou tenté de le faire  pour des faits de violences et de menaces. 

Les pouvoirs publics sont incapables d'indiquer une seule donnée fiable concernant les violences faites aux femmes, dont le nombre de femmes tuées. Ces données sont TOUJOURS calculées par des initiatives privées d'associations féministes. 


La dernière victime Karine a été tuée, elle et son fils de 15 ans, tous les deux empoisonnés par le mari et père. Ce dernier s'est suicidé. La 97ème victime est une femme de 81 ans, tuée par son mari qui s'est lui aussi suicidé. Yasmine a été tuée devant ses 4 enfants, découpée en morceau et les morceaux jetés dans un bois par son ex-conjoint. Elle avait déposé plusieurs plaintes sans obtenir de suite. Son conjoint refusait la séparation.  

Cécile, en décembre, a été abattue par son ex-conjoint. Ce dernier la menaçait depuis plusieurs mois et avait été déjà condamnée deux fois pour violences conjugales en 2019 et 2020. 

Elle avait déposé 22 plaintes pour des menaces de mort. Début 2019, la demande d'une ordonnance de protection est classée sans suite. Il avait kidnappé ses deux filles courant 2020. C'est la grand-père qui les retrouvera. La Gendarmerie refusera d'enregistrer la 23ème plainte en expliquant qu'ils les avaient assez vus, son père et elle. Ils avaient aussi averti que son ex-conjoint avait un fusil, des munitions et pas de permis de port d’armes.  Les gendarmes l’ont cru sur parole lorsqu’il leur a dit qu’il avait perdu l’arme. Celle-là même qui tuera Cécile. 

Valérie a été abattue dans son sommeil par son mari qu'elle souhaitait quitter. Sylvie a été tuée par son mari qu'elle avait quitté un an plus tôt. 
Le décompte pour 2021 a été ouvert.
La première victime de cette année est Ashley qui fut abattue, avec sa mère Cindy, par son ex-compagnon. 


Le Sénat décrit, dans un dernier rapport en date du 23 décembre 2020, faisant écho aux recommandations du GREVIO, le traitement de la justice et de la police concernant 88 femmes tuées par leur conjoint entre 2015 et 2016. 30 % des auteurs ont déjà été condamnés pour des faits de violence,« les services enquêteurs ou les juridictions ne réalisent pas systématiquement de recherches de précédents lors du traitement de la procédure » ; 41 % des victimes avaient dénoncé des violences antérieures (mains courante, plaintes, PVRJ) ». 

Alors qu'aujourd'hui, on constate que la police est capable de placer en garde à vue plus de 100 manifestants sans motif, il apparaît que les auteurs de violences domestiques ne le sont pratiquement jamais. 
Concernant les plaintes déposées de ces femmes qui ont finie par être tuées, 80% ont été classées sans suite. Seule deux plaintes ont reçu un commencement de réponse pénale avec un rappel à la loi. 

En somme, taguer un monument ou avoir un parapluie arc-en-ciel est plus dangereux pénalement que frapper une femme.  

De plus, la majorité des associations féministes constatent qu'en dehors des lacunes et défaillances techniques, les jugements et le traitements restent complètement aléatoires du fait d'un manque d'uniformisation et de suivi des réponses pénales. 


L'affaire emblématique est celle dite de « Grande Synthe » où l'Etat a été condamnée suite à l'assassinat de Isabelle Thomas  et de ses parents en 2014. Isabelle Thomas avait déposé trois plaintes entre le 27 juin et le 10 juillet 2014. La première plainte concernait une tentative d'homicide par étranglement, qui sera requalifiée en « violence conjugale » et les suivantes pour violences, harcèlement et non respect du contrôle judiciaire. 

Alors que l'homme avait suivi, régulièrement harcelé et menacé son ex-conjointe, s'était procuré une arme à feu, avait poursuivi Isabelle Thomas et ses parents dans les rues de Grande-Synthe afin de la tuer, qu'elle était au téléphone avec la police (qui n'est pas intervenue), la justice avait requalifié de son propre chef, sans aucune demande des parties, ce qui tient d'un homicide avec préméditation de « simple meurtre sans préméditation » …  

Cette sous-qualification par la justice est d'ailleurs symptomatique de toutes les affaires de violences faites aux femmes comme d'ailleurs aux enfants.
Elle est régulièrement dénoncée par les associations féministes comme elle l'est par les institutions européennes. 


Des moyens insuffisants. 

Quant aux moyens disponibles, ceux-ci sont rarement utilisés. Le téléphone « Grave Danger » de l'ex-compagne du député LREM Benoît Simian est un de ceux-là.

Il est octroyé par un Procureur de la République, à la condition que la femme soit effectivement séparée de son conjoint. Jusqu'à fin 2019; elle devait avoir non seulement obtenu une ordonnance d'éloignement mais aussi une attestation d'une association de défense. Comme vous l'avez compris, la première condition était rarement obtenue. Quant à la seconde condition, cela démontre que la justice ne considère par la parole des femmes victimes. 

En 2014, seulement 157 téléphones étaient actifs. En septembre 2020, un peu moins de 1200 téléphones de ce type ont été attribué.

En 2018, deux femmes bénéficiaires de ce dispositif ont été tuées. L'une d'entre elle a été froidement abattue à bout portant dans une station service. Elle n'a pas eu le temps de sortir son téléphone. La première femme tuée, malgré son dispositif, avait déclenché l'appel dès qu'elle a vu son ex-conjoint devant son domicile. Sept minutes plus tard, les forces de l'ordre se sont rendues sur les lieux. C'était déjà trop tard. Elle avait été poignardée plusieurs fois. 
Cela montre toute la limite d'un tel dispositif. 

Le bracelet anti-rapprochement destiné aux conjoints ou ex-conjoints violents ont été mis en place depuis ce mois de septembre dans cinq juridictions. Or, l'Espagne utilise d'ors et déjà ce moyen depuis … 12 ans ! Pour la France, ce n'est plus un retard mais de l'inconscience. 

Cependant, le dispositif n'est pas totalement inconnu en France. Il fut expérimenté en 2010 et 2017. Or, il ne concernait que des hommes condamnés au moins à cinq ans de prison pour violences conjugales. Or, aucun homme n'a été condamné à de telle peine ! 

L'Espagne a drastiquement réduit le nombre de femmes tuées : passant de seulement 76 en 2008  à 47 en 2018. 

Ces seuls chiffres montrent qu'il est possible de limiter drastiquement les violences domestiques par différentes mesures. 

En France, le bracelet anti-rapprochement est ordonné par un juge dans le cadre d'un jugement pour faits de violences sur conjoint.  Il permet de géolocaliser l’auteur des violences et de déclencher un système d’alerte si ce dernier dépasse le périmètre défini par le juge. 
Vu la difficulté de la justice de reconnaître un danger et une situation de violence intrafamiliale, on a déjà des doutes. 

La France : un des pays européens le plus dangereux pour les femmes

Tout comme moi, vous avez été surpris par le faible nombre de femmes tuées en Espagne. 
Selon l'ONU, il y aurait 65000 féminicides dans le monde, soit 65000 femmes tuées par leur conjoint, ex-conjoint ou membre de leur famille. 

L'Allemagne connaît le nombre le plus important de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint avec environ 200 femmes tuées par an. Après l'Allemagne qui compte le plus de femmes tuées, vient la France (124 meurtres en 2017), la Roumanie, le Royaume-Uni (70 meurtres), l'Italie (65 pour la même année) et l'Espagne (54 en 2017). 
L'Europe tente de tenir, par ailleurs, des statistiques en fonction du nombre d'habitants. 
 

Infographie: Les féminicides en Europe | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

L'Espagne est bien un pays pionnier dans la lutte contre les violences faites aux femmes. En 1997, le pays a subi un électrochoc. Une femme, Ana Orantes, âgée de 60 ans a témoigné à la télévision des 40 années de violences qu'elle a subi. Deux semaines plus tard, elle fut retrouvée morte, brûlée vive, tuée par son mari. 


Dès lors des tribunaux spéciaux ont été mis en place traitant des violences conjugales. Lorsque les preuves sont jugées suffisantes contre l’accusé, un procès est organisé sous une quinzaine de jours. Si l’audience dure trop longtemps ou est reportée, l’accusé est mis en détention provisoire. 
Il est, par ailleurs, possible de trouver un terrain d'entente à condition que l'accusé plaide coupable, réduisant sa peine. Toutefois, quoiqu'il en soit, la victime est protégée : des ordonnances restrictives sont mises en place, bracelet anti-rapprochement, téléphone de sécurité …. 
Ce n'est pas 1200 malheureux téléphones « Grave Danger » qui sont octroyés aux femmes mais 10 000 en Espagne. 

Contrairement au système français, la victime n'est pas obligée de déposer plainte ou encore de faire un ensemble de démarche pour se faire entendre. C'est l'Etat qui agit contre l'accusé

Les associations féministes réclament des dispositions identiques depuis plusieurs années. En vain. 

Pour l'Italie qui tient aussi de modèle en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, l'électrochoc fut l'attaque à l'acide de Lucia Annibali, avocate à l'époque des faits. L'attaque fut commandité par son ex-petit- ami, lui aussi avocat. Elle l'avait quitté découvrant qu'il attendait un enfant d'une autre femme. Il sera condamné à 20 ans de prison alors que les deux hommes qui ont attaqué la jeune femme ont été condamné à 12 ans. 

Peu de temps après, l'Italie – qui n'est pourtant pas connue pour être le pays le plus doux pour les femmes – mettent en place une premier décret-loi. Ainsi, dès lors, il est prévu des peines plus dures et des circonstances aggravantes, notamment en cas de violences commises devant un enfant ou sur une femme enceinte.

Toute plainte présentée ne pourra plus être retirée et rend les poursuites obligatoires. Autre point clé, les maris ou compagnons violents sont éloignés du domicile familial. En France, c'est bien souvent la femme et les enfants qui sont contraints de fuir le domicile familial. En outre, les victimes de violences, indépendamment de leur nationalité, bénéficieront du soutien gratuit d’avocats. Ce qui n'est toujours pas le cas en France bien qu'il existe une aide juridictionnelle pour les femmes ayant de faibles revenus. 


Si l'Italie et l'Espagne sont devenus des modèles, ce n'est pas uniquement du fait d'une prise de conscience générale – et les français ne sont pas les derniers – mais du fait d'une volonté politique et judiciaire en réponse à la cruauté des violences intrafamiliale.  La France est, de ce point de vue, avant-dernière et traitée par les instances européennes comme telles, comme un pays qui accepte que plusieurs milliers de femmes risquent leur vie chaque année. 


Ce ne sera pas une ces 1500 femmes tuées ces 10 dernières années, un de leurs 200 enfants – victimes collatérales – mais le triple meurtre de ces gendarmes, victimes d'un homme violent, qui sera peut-être d'électrochoc nécessaire pour qu'enfin les politiques mettent en place de véritables mesures policières et judiciaires pour lutter contre des violences conjugales. 

Le compteur n'est pas à zéro. 

 


 

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