9 Mai 2021
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Les derniers événements – soit un projet d'attentat contre une loge mosellane par un groupuscule d'extrême-droite – démontrent, une fois de plus, que le véritable danger pour nos valeurs et la République est l'extrême-droite. Cela devrait signer définitivement qu'il y a incompatibilité entre la franc-maçonnerie et l'extrême-droite.
Pendant ce temps, sur Telegram, les nationalistes radicaux (tendance néonazis) revendiquent des agressions. En plein jour, en plein Lyon et photo à l'appui.
— Pierre Plottu (@pierre_plottu) May 8, 2021
(Ici devant une librairie anarchiste déjà attaquée plusieurs fois ces derniers mois). pic.twitter.com/ylpDTOhBvQ
Je le dis et le rappelle parce que lorsque j'ai publié mon article sur cette question – que je diffuse régulièrement sur les réseaux sociaux – je fus traitée « d'islamo-gauchiste » ou de « gauchiste ». Je le rappelle parce que lorsqu'une sœur m'avait interpellée au sujet de Zemmour me présentant le personnage comme « très intelligent », souhaitant me faire adhérer à son idéologie nauséabonde, elle m'a traitée « d'intolérante » lorsque je l'ai envoyée voir ailleurs.
Je le rappelle parce que nous acceptons que des obédiences, dont le GODF, reconnaissent des pseudo-obédiences dont une compte, au moins, un personnage médiatiquement connu pour son racisme.
Je le rappelle parce que la première chose qu'à fait Jean-Philippe Hubsch en début de mandat fut, de tout faire, pour se débarrasser de l'ennemi numéro 1 de l'extrême-droite : Jean-Luc Mélenchon, alors membre du GODF.
Pointe de diamant de la "gauche morale" , tendance #descoings , le Conseil d’État est devenu une officine liberticide et immigrationniste aux mains de "juges" militants et partisans éloignés de toute analyse juridique #generationidentitaire https://t.co/VS3Pei3Rdb
— Jean-Yves Le Gallou (@jylgallou) May 4, 2021
Sur le péril *islamogauchiste*, la Conférence des présidents d’université, particulièrement courroucée, renvoie Frédérique Vidal à ses « arguties de café du commerce ». https://t.co/FbaBkWFTHW
— Olivier Tesquet (@oliviertesquet) February 16, 2021
Aux néofascistes, Paris ville ouverte ! ... https://t.co/jxt07ZfKlL
— Albert Lévy (@AlbertLvy1) May 9, 2021
Je le rappelle parce que, depuis plusieurs mois, j'alerte sans cesse sur une extrême-droitisation politique avec, en premier chef, Emmanuel Macron et ses ministres « En Marche », qui ne semblent que reconnaître comme héros et grands penseurs des Maurras, Pétain ou encore s'inspirent des lois antisémites de Napoléon pour rédiger la loi «contre le Séparatisme ». Loi qui n'a pas, du tout, inquiété les obédiences maçonniques, comme d'ailleurs aucune ne s'est inquiétée du décret autorisant le fichage par les forces de l'ordre des opinions politiques, syndicales et de la sexualité des individus, la loi « Sécurité Globale » limitant les droits à manifester et de la presse, …
Les accusations de ministres actuels accusant les universitaires – dont ceux de sciences sociales – pour Frédérique Vidal d'être des islamo-gauchistes.
Ce qui est à la fois faux et imbécile mais qui démontre, encore une fois, que l'islamophobie rampante (oui, cela existe) va jusqu'à refuser le droit à l'étude, la recherche ou encore la réflexion sur les faits sociaux si elle ne s'inscrit pas dans la haine de l'étranger.
Surtout, cette insulte n'a que pour objectif de réduire au silence les contestations, toutes les critiques, et les défenseurs des valeurs humanistes.
Il n'existe qu'une frontière bien fragile entre le conservatisme bon teint et l'extrême-droite.
Cela fait longtemps que notre société, dans son ensemble, sait la traverser en invitant sur ses plateaux télévisions, plus largement, ses tristes représentants. On aime le prêt-à-penser surtout s'il est affublé d'une étiquette « philosophe » qui sont plus inspirés par cette extrême-droite que par nos valeurs et nos principes, aujourd'hui autant confinées que maltraitées.
A tous les ennemis de l'entourloupe et tous les contempteurs de la notion d’#islamogauchisme...
— Raphaël Enthoven (@Enthoven_R) February 22, 2021
Je veux bien que, comme « racisme », « populisme » ou « fascisme », le sens de ce mot soit obscurci par de coupables captations idéologiques… Mais alors, quel mot, SVP ? ?゚マ pic.twitter.com/m2mgRDIzVY
Les groupuscules néo-nazis, qui ressemblent plus à une bande de copains qu'à des organisations bien implantées, existent depuis plusieurs années en Alsace et en Lorraine, influencés par les mouvements frontaliers et, en particulier, allemands. Tout le monde le sait. Dès le début des années 2000, des manifestations néo-nazis s'organisent à grands coups de chants, de beuglements et de bière dans les salles des fêtes locales et qui, entre deux discours, s'égaillaient dans les cimetières pour marquer quelques tombes - si possible juives - d'une croix gammée.
Aujourd'hui, le sujet ne semble intéresser que les journaux indépendants, taxés de « militantismes » et régulièrement insultés d'islamo-gauchisme.
En 2019, encore, soit 20 ans plus tard, Rue89 Strasbourg s'alarmait des différents rassemblements de néo-nazis en Alsace et en Lorraine.
Ainsi, en 2018, plus de 15000 néonazis se réunissaient à Toul (54), spécialiste de ce type d'événement ayant accepté l'organisation de la même fête deux fois auparavant, pour l'anniversaire d'Hitler.
Depuis 20 ans, il est demandé une législation spécifique pour interdire ce type de réunion – ce qui est fait en partie en Allemagne.
Il y a peu, si on a logiquement toutes et tous compris que l'extrême-droite est le premier parti pour 50% les policiers et les gendarmes, ce sont les insignes nazis, d'extrême-droite ou de suprémacistes blancs, ajoutés aux uniformes, qui sont remarqués en sus des propos particulièrement inquiétants des ses représentants syndicaux. En 2014, déjà, le Point s'en alarmait.
Médiapart a, récemment, découvert une 50aine de néonazis dans l'armée qui seraient, pour le gouvernement, des « cas isolés » alors qu'il apparaît que ces militaires se filment en situation. La théorie de la brebis galeuse a bon dos.
Si théoriquement, on savait que les groupuscules néonazis s'implantaient dans l'Est de la France, ils sont bien présents dans le Grand Lyon, organisant depuis plusieurs années des concerts néonazis dont le dernier a eu lieu en février 2020 alors qu'un groupuscule local a été dissout.
Le site « streetpress », dans un article, présente ces groupuscules néonazis dont leurs combats, spectacles et salles de boxe en France (Lyon, Paris ou Nice).
Plusieurs groupuscules ont été démantelés ces derniers mois, soit parce qu'ils prévoyaient des assassinats de personnalités politiques dont des ministres « En Marche », ou des membres de la France-Insoumise, ou encore des musulmans. Les ennemis pour ces groupuscules extrémistes de droite sont souvent les mêmes : le pouvoir en place, les opposants politiques les plus directs (l'extrême-gauche) et les bouc-émissaires du moment, juifs ou musulmans - et même parfois les deux.
Dans le groupuscule « honneur et nation », mis en cause dans un projet d'attentat d'une loge en Moselle, on y retrouve, sans surprise, un ex-secrétaire départemental du Front national de la jeunesse (FNJ).
Parmi les figures les plus célèbres contemporaines, un des colistiers de Marion Maréchal-Le Pen qui ne semble pas s'en émouvoir, fut assez proche du Ku Klux Klan américain pour être capable de refiler l'adresse d'un de ses camps à un de ses copains en cavale.
Marine Le Pen, s'affichait en 2014 en compagnie d'un néo-nazi notoire, tête de liste de « Sauvons Calais » qui n'a, dans ses jeunes années guère lointaines, pas réussi à résister à se faire tatouer une croix gammée sur le torse.
Il y a forcément des liens entre ses groupuscules et le parti de la famille Le Pen que ce soit des personnages communes ou une idéologie identique. Continuez à accepter en franc-maçonnerie la diffusion d'une idéologie d'extrême-droite, allant du déni de l'islamophobie à la théorie du "grand remplacement", c'est mutiler quotidiennement nos valeurs et principes.
A partir de quoi et de quel moment, la France a été aveuglée par cette haine de l'autre la conduisant à accepter ces groupuscules identitaires ?
Ces néonazis à la petite semaine, ces minables sans envergure, permettront certainement d'ouvrir les yeux à cette partie de la franc-maçonnerie qu'elle est soit considérée comme gouvernance ou bouc-émissaire - et dans tous les cas, elle est perdante.
A partir de quel moment, avons-nous glissé vers cette indigence politique et cette misère morale ?
La fin de la récré a sonné.
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