20 Mai 2023

Catherine Lyautey est grande maîtresse de la GLFF depuis déjà deux années. Elle fut la grande maîtresse adjointe de Marie-Thérèse Besson qui a procédé à ma radiation de la GLFF pour « manque d'assiduité » portant une aide sans précédent à la loge Chiboulette, connue aujourd'hui internationalement pour sa relation bien particulière aux valeurs de la franc-maçonnerie.
Remise en cause par bons nombres de loges de l'obédience, elle a été élue contre Marie-Thérèse Besson avec 27 voix d'écart lors du convent 2021. Ceci pour préciser que sa légitimité n'est, au sein de l'obédience, pas vraiment au rendez-vous.
Lors du prochain convent (le 1er juin 2023), elle devra répondre d'une question qui risque de la mettre en difficulté.
Pourquoi a-t-elle refusé de suspendre une sœur alors qu'elle est mise en cause dans une affaire de prise illégale d'intérêts signalée par ANTICOR et condamnée en appel ?
Pour les profanes qui me lisent dont j'inclus Catherine Lyautey, l'honnêteté est une valeur incontournable de la franc-maçonnerie. Un profane doit présenter son casier judiciaire. Une condamnation est un motif largement suffisant pour une radiation.
Ainsi, une sœur qui se trouve en délicatesse avec la justice est normalement suspendue le temps que les tribunaux décident et radiée si elle se trouve condamnée (plus exactement lorsque le processus judiciaire est terminé et la condamne). Suspendue, ne veut pas dire radiée. Cela s'appelle dans le jargon de l'obédience "un congé".
C'est la base. Cette règle, sachez-le, n'est pas toujours allée de soi. Elle fut mise en place fin des années 90 suite aux nombreuses affaires politico-maçonniques qui ont fait les choux gras des marronniers de cette période.
Il s'agissait pour les obédiences, alors affublées d'une triste réputation, de mener une campagne « Monsieur Propre » et d'éviter de donner le bâton pour se faire battre par l'anti-maçonnisme.
Une obédience est en devoir - vis-à-vis d'elle même et des autres obédiences - de préserver l'image de la franc-maçonnerie en prenant du recul avec les frères et les soeurs mis en cause dans des affaires judiciaires qu'elles soient jugées ou pas.
Je ne le cache pas : je suis particulièrement attachée à ce principe.
Visiblement l'actuelle grande maîtresse de la GLFF Catherine Lyautey semble avoir oublié combien ces affaires salissent une obédience et causent, en interne comme en externe, des troubles. On ne peut pas prétendre "défendre les valeurs de la République et les lois de la République" et couvrir les fesses d'une soeur ou d'un frère mis en examen, quoique l'on en pense. Cela ne fonctionne pas.
Voici l'histoire.
Elisabeth Landi est une sœur de la GLFF. Elle fut, d'ailleurs, le 14 janvier 2023 (retenez bien la date) la conférencière officielle de la GLFF lors d'un colloque organisé par la GLDF.
On sait combien la GLFF aime les strapontins offerts par la GLDF et n'hésite pas à envoyer une de ses sœurs pour discourir sur un sujet ou à un autre entre deux services café, leur servant de caution « féminine » à défaut d'être féministe. Cela d'ailleurs parce que personne n'y croit plus. Bon là, je m'égare.
Son nom apparaît en bonne et due forme dans le programme publié par 450.FM que vous pouvez trouver ici permettant de l'identifier facilement.
Par ailleurs, le grand maître de la GLDF a profité du moment pour présenter son obédience en donnant d'une interview dans un journal local « France Antilles ». Histoire de faire un peu de publicité pour cet événement.
Afin d'apporter une précision utile pour que vous compreniez bien la situation : une sœur de la GLFF ne peut prétendre représenter l'obédience sans vote du Conseil Fédéral, c'est-à-dire sans avoir l'autorisation nécessaire.
Je sais que les frères de la GLDF ne sont pas forcément finauds (oui, je suis lourde mais je suis au régime), mais je doute quand même que ceux ci ont accepté la première sœur venue à une conférence publique sans avoir un quelconque accord de la GLFF au niveau national. Or, a priori, le Conseil Fédéral n'a donné aucune autorisation à cette soeur pour représenter l'obédience lors de ce colloque. Pas de vote. Donc.
Petite observation : les soeurs de la GLFF peuvent facilement le vérifier en lisant les compte-rendu du Conseil Fédéral sur une période de 6 mois à 12 mois. Pas de vote. Donc.

En dehors de cette première appartenance, Elisabeth Landi est aussi membre du Parti Progressiste Martiniquais, fondé par Aimé Césaire en 1958.
En 2013, elle était sous cette étiquette la seconde adjointe du maire de Fort-de-France. Cette année-là, elle a acquis un immeuble appartenant à la municipalité, cela en votant d'ailleurs au sein de conseil municipal, histoire d'avoir toutes ses chances pour l'obtenir.
Or, ceci est considéré par la loi comme une « prise illégale d'intérêt » qui consiste, dans les grandes lignes, à utiliser sa position publique pour son intérêt personnel.
En 2019, Anticor signale les faits. Le procureur de la République retient le délit de prise illégal d'intérêt (article 432-12 du Code Pénal). Il propose une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ce qui s'appelle un "plaider coupable" qu'Elisabeth Landi refuse. En première instance, elle est relaxée.
Or, en seconde instance, soit le 13 octobre 2022, la Cour d'Appel la condamne.
A l'époque Anticor - qui était partie civile - se félicitait de cette condamnation soulignant l'importance pour la démocratie de lutter contre la corruption des élus.
Affaire #ElisabethLandi : en 2019, #Anticor avait adressé un signalement au parquet de #FortdeFrance. Le procureur a requis une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis, une amende de 20 000 euros et 5 ans d'#inéligibilité. https://t.co/xlf6yH8g6b
— Anticor (@anticor_org) November 22, 2021
(lire l'article de Anticor ici)
Bien sûr, Elisabeth Landi a fait un pourvoi en cassation. Ce type de pourvoi ne statue pas sur les faits mais sur le droit. Si le pourvoi est accepté, la Cour de Cassation pourra casser le jugement et renvoyer tout le monde devant un autre tribunal. Elisabeth Landi sera, une nouvelle fois, jugée et risque même une peine plus lourde. Sinon, elle sera condamnée définitivement.
Tout ceci, ne retire rien à la règle de base que j'ai cité plus haut : elle doit être suspendue, ou plus exactement "mise en congé", au moins depuis 2019.

Ainsi, que faisait-elle à représenter la GLFF lors d'un colloque public (et payant) en janvier 2023, alors que condamnée en appel depuis 3 mois ? Cela en présence du Grand Maître de la GLDF, Thierry Zaveroni, et du Très Puissant Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, Jacques Rozen.
D'ailleurs, maintenant que j'en parle, comment prennent-il la présence d'une sœur condamnée dans un de leur colloque ? Moi à leur place, je râlerais parce qu'entre vous et moi, à côté mon humour potache se fiche moins d'eux que cette soeur.
Pire encore. Oui, la GLFF sait faire pire.
L'affaire Elisabeth Landi a donné lieu a de nombreux articles dans les journaux locaux. Ainsi, par exemple en 2021 alors qu'elle refusait le « plaidé coupable » ici ou encore là, alors qu'elle risquait une peine de prison et 20 000 Euros d'amende, toujours en 2021
et enfin les articles relatant sa condamnation en appel en octobre 2022
Pourquoi sa loge et, par là, sa vénérable a omis de signaler à l'obédience les déboires judiciaires de cette sœur à la Grande Loge Féminine de France ? La GLFF a été, en effet, prévenue par des sources extérieures à la loge, six mois après la condamnation en appel et plusieurs années après sa mise en examen !
A quel moment cette loge peut-elle estimer pouvoir se soustraire à ses obligations et, en particulier, considérer qu'une mise en accusation de cette nature à l'encontre d'une sœur n'est pas une information assez importante pour être signalée ? On va finir par se croire à Montauban, là.
Cette omission est assez énorme pour que le Conseil Fédéral s'inquiète sur le fonctionnement de cette loge et, finalement, de toute l'obédience.
Cela pose en effet un problème de taille : combien de soeurs se trouvent mises en cause dans des affaires judiciaires sans que la GLFF ne le sache ? En effet, depuis quand en franc-maçonnerie, une mise en examen n'est pas un fait notable ?
Pour terminer cette liste, Catherine Lyautey s'offrait, aux frais de la GLFF et plus exactement avec les capitations durement payées par les sœurs, un petit tour en mars 2023 en Guadeloupe. Cela a fait office d'un seul article à l'époque dans la presse locale. Ce qui, entre vous et moi, pas vraiment le signe d'une réussite. Or, lorsqu'on sait qu'un colloque avec la GLDF n'a pas fait mieux, je vais me contenter de jeter le brouillon de cet article bien froissé au lieu d'une pierre. Mais bon, j'en pense pas moins.
Comment se fait-il que personne ne lui a rien dit ? Plus exactement, comment se fait-il qu'elle n'ait pas demandé sur le champ une suspension ?

Catherine Lyautey, grande maîtresse de la GLFF, a fait encore pire qu'ignorer cette mise en examen et la condamnation. Que personne ne pourrait imaginer qu'une grande maîtresse puisse oser faire : Elle a refusé de présenter le dossier de cette sœur au Conseil Fédéra pour que celui-ci vote de la renvoyer en conseil de discipline.
Pour celles et ceux qui découvrent ce blog : le Conseil Fédéral ne peut pas décider d'une sanction. Il peut, par contre, décider par vote de renvoyer une soeur en "justice maçonnique" qui est pour la GLFF tout un ensemble de textes appelé "procédure disciplinaire". Ainsi, le vote du Conseil Fédéral ne décide pas de la culpabilité "maçonnique" et "interne" de cette soeur.
Voyez ma déception : les conseillères fédérales, dont la grande oratrice, ont fait leur boulot. Personne ne peut même rien leur reprocher. C'est fou, non ? Il n'y avait qu'à faire voter le Conseil Fédéral pour que le problème soit régler - voir même pour qu'il n'existe pas - voir même pour qu'il débarrasse le Conseil Fédéral d'un dossier épineux. Bref, c'était la seule solution intelligente à prendre.
Pour Catherine Lyautey, la décision collégiale de son Conseil Fédéral est, certainement, néfaste au fonctionnement de l'obédience.
Petite observation générale. Parfois, je me demande si les grands maîtres et grandes maîtresses de nos obédiences ne rédigent pas en secret un livre à l'usage des dictateurs, tant leur dégoût à l'égard de l'esprit démocratique de leur obédience est flagrant.
Elle préfère laisser bien pourrir la situation pour que cela explose lors du Convent.
Il semblerait qu'elle estime qu'une mise en cause pour prise d'illégale d'intérêt, le cacher à la GLFF depuis 2019, pour ensuite planquer avoir été condamnée (cassation ou pas), là-dessus s'auto-désigner représentant la GLFF lors d'un colloque organisé par la GLDF, est certainement pas grave et ne mérite pas que le Conseil Fédéral se penche sur le sujet pour décider d'une procédure disciplinaire.
Il y a une bonne raison à tout cela. Désireuse de laisser sa trace dans l'histoire de l'obédience, Catherine Lyautey veut protéger ainsi un projet.
En effet, cette soeur est à l'origine du projet de la création d'une nouvelle région "maçonnique' (la GLFF est divisée en plusieurs régions) à la demande des loges "Caraïbes Amazonie" sur lequel devra statuer le prochain Convent de l'obédience.
Oserais-je penser que Catherine Lyautey couvre une soeur mise en cause dans une affaire judiciaire juste pour tromper les loges de l'obédience concernant ce projet de création de région ?
Non ... Vous me connaissez, je n'oserais pas. Chuis pas comme ça.
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Comme un commentaire me demande des nouvelles de la mairesse de Montauban, voici pour rappel. Après avoir trouvé un accord avec elle (et sa loge) pour qu'elle démissionne, en 2016, il a été découvert qu'elle fut réintégrée derrière le dos des soeurs par Marie-Thérèse Besson, alors Grande Maîtresse. Catherine Lyautey était son adjointe. L'article qui le relate est ici
Suite à cet article et à la pression des loges, elle fut contrainte de démissionnée de la GLFF.
Je rappelle que l'extrême-droite est incompatible avec la franc-maçonnerie, ainsi que le racisme, l'homophobie, l'antisémitisme, l'islamophobie et logiquement le sexisme.
Suite à cet article, Catherine Lyautey a fait un droit de réponse sur le site 450.FM et diffusé un courrier à l'intention des loges dont vous trouverez les éléments dans les articles en lien ci-dessous.
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GLFF : "vanité des vanités" - La Maçonne
Si une grande maîtresse de la GLFF en est à faire de la publicité pour mon blog, mes sœurs, nous sommes fichues. C'est l'ultime conclusion que m'évoque le " droit de réponse " de Catherine Ly...
https://lamaconne.over-blog.com/2023/05/glff-vanite-des-vanites.html
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GLFF & Lyautey : l'article qui n'existe pas - La Maçonne
Catherine Lyautey, grande maîtresse de la GLFF, s'autorise quelques entorses au us et coutumes de la Franc-maçonnerie que peu oserait faire. En effet, elle adresse un courrier aux loges, souhaitant
https://lamaconne.over-blog.com/2023/05/glff-lyautey-l-article-qui-n-existe-pas.html