31 Juillet 2023

Il faut bien comprendre qu’une société idéale, vu par un ou une humaniste, est une société apaisée, sans crime, sans agression, sans délit. Une société où l’être humain, heureux et équilibré, vivrait en bonne entente avec les autres. Ce n’est, même plus, un idéal de société mais un idéal d’humanité. Le progrès auquel la franc-maçonnerie s’attache à évoquer dans toutes les constitutions des obédiences – au moins les obédiences libérales en France.
Dans une telle société, une police serait inutile, comme d’ailleurs les prisons, les juges, les tribunaux, les lois. Un « interdit », je disais dans un précédent article, est un échec. Interdire de tuer, par exemple, est interdit parce que des hommes et des femmes tuent d’autres êtres humains et que la société, pour éviter d’éventuels bains de sangs, a besoin à la fois de décourager les potentiels meurtriers, les punir ou encore les éloigner d’éventuelles victimes. Si personne ne tuait plus, cet interdit serait inutile.
Interdire de tuer n’est donc pas qu’un interdit, mais le constat flagrant que nous ne sommes pas dans une société idéale où tous les humains respecteraient la vie.
La police, comme les tribunaux ou les prisons, sont les signes distinctifs de cet échec de société idéale à laquelle rêve encore quelques utopistes, humanistes, ou encore quelques francs-maçons ou francs-maçonnes. Plus un pays a besoin de police ou de tribunaux, puisque l’un et l’autre sont les deux versants du même problème, plus ce pays s’éloigne de cet idéal.
Certes, il existe des nuances – comme considérer que même dans une société tutoyant l’idéal, les effectifs de magistrats ou de policiers sont si manifestement bas qu’il faut les augmenter.
Toutefois, la France n’est pas vraiment proche de cet idéal. En 2022, c’est 948 homicides, dont plus de 120 féminicides (comptabilisés dans les homicides) avec une augmentation de 15% des violences et agressions diverses (sur personnes de plus de 15 ans). Alors que depuis 10 ans, les dépenses publiques concernant la police et la gendarmerie ont augmenté de 21%, le taux d’élucidation baisse. En 2016, le taux d’élucidation pour les homicides s’élevait à 70,3%, contre 62,6% en 2020.
On peut débattre longuement du pourquoi et du comment de ces (mauvais) résultats. Néanmoins, la France est loin d’être un pays idéal avec ces 1,14 homicides pour 100 000 habitants, alors que la plupart des pays affichent un ratio inférieur à 1 homicide pour 100 000 habitants, comme l’Italie (0,54), l’Allemagne (0,83), l’Hongrie (0,77), Norvège (0,54), l’Australie (0,74).
Certes, il y a des pays qui affichent des tristes scores comme les USA avec 6,83 homicides pour 100 000 habitants (soit un total de plus de 22000 homicides pour la seule année 2021). Toutefois, force est de constater que la France ne se situe pas dans une fourchette basse. (source ici)
Donc, oui, on a malheureusement besoin d’une police et d’une gendarmerie, moderne, efficace, adaptée à son époque et socialement présentable. Ce que la France n’a pas.
Cela ne signifie pas aimer ou ne pas aimer la police.
Est-ce que hier, les français étaient invité à aimer les guillotines et les bourreaux ? Aujourd’hui, un citoyen n’a pas à aimer la police, les tribunaux, les juges, les avocats, ou encore les gardiens de prison. Ce n’est pas dans le contrat. Le contrat que nous signons individuellement est de n’avoir jamais besoin des uns ou des autres. De fait , les « aimer » apparait stupide puisque l’on est bien plus heureux (individuellement) sans. Le contrat que nous signons collectivement est, que ce qui s’appelle des institutions, deviennent inutiles. Un jour. En attendant (et vous me direz que l’on peut attendre longtemps), ce sont des maux nécessaires.
Seuls les dictatures, les états autoritaires et le fascisme aiment la police (et l’armée, et les prisons, mais moins la justice – on ne sait pas pourquoi) et aussi les exécutions sommaires. Elles les ont même particulièrement choyées.
Je peux citer la Gestapo (Allemagne Nazie), la Direction Nationale du Renseignement du Chili de Pinochet, les Chemises noires de Mussolini et plus exactement l’OVRA (Organisation de la surveillance et de la répression de l'antifascisme), la Seguridad de Franco, la STASI (Allemagne de l’Est), le KGB (URSS), ... En France, les Renseignements généraux, créés en 1855 (Napoléon III), traquent les opposants ainsi que les propagateurs du socialisme. Napoléon III ne fut pas l’inventeur de la police politique, puisqu’elle remonte à l’Ancien Régime et a été – comment dirais-je ? – républicaniser. Le Régime de Vichy avait, quant à lui, plusieurs polices : une police anticommuniste (la SPAC), lui permettant de réprimer les communistes, la Milice française pour neutraliser les opposants et les résistants mais aussi une police antimaçonnique, installée Rue Cadet, dirigée par le maurassien Bernard Fay. Pétain aimait vraiment la police !
Voici ce qui distinguent ces différentes polices d'une police républicaine :
1 - Elles ont un rôle de surveillance et de contrôle des citoyens comme on s’en doute, mais elles sont aussi juges et bourreaux. On sait que la Milice française de Vichy ou encore la Gestapo exécutaient, plus exactement assassinaient, ses détenu(e)s. Si on y voit une certaine brutalité sauvage, on y voit surtout l’économie de la preuve. Ainsi, n’importe qui pouvait être exécuté comme opposant, communiste, résistant, ... en étant parfaitement innocent. La police de Staline, le NKVD, avait son propre tribunal et pouvait décider de peine inférieure à 5 ans.
2 - Elles luttent, toutes, contre des prétendus ennemis dits « de l’intérieur » désignés par les pouvoirs publics : opposants politiques qu’ils soient des intellectuels ou des résistants armés, du fait d’origines sociales, religieuses ou ethniques, ... avec son cortège d’approximations permettant d’y intégrer autant un chat qu’un humain.
3 - Toutes singent l’armée avec une organisation para-militaire, un uniforme, des armes standards (ou pas), des grades et divers avantages plus ou moins avouables. On y retrouve, aussi, dans toutes les paumés, les délinquants, les criminels, et quelques psychopathes, avec à leurs côtés des hommes et parfois des femmes qui sont tout à fait commun.
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Ainsi, pour revenir en France, la police sous Pétain n’a pas « recruté » des agents extérieurs mais à intégrer bons nombres de policiers républicains.
D’ailleurs, le régime de Vichy réorganisera la police – pour en faire une police nationale (auparavant, le plus gros du contingent policier était des polices municipales) – et donnera entière satisfaction aux policiers de l’époque qui suivront Pétain sans difficulté. Cela jusqu’en 1943. Lorsque je disais que Pétain aimait la police, la police aimait aussi Pétain.
Hormis l’étatisation des forces de police, il aura le souci des formations professionnelles, apportera des moyens, des meilleures rémunérations, des nouveaux pouvoirs et surtout donnera aux policiers le sentiment d’appartenir à un « corps d’élite ».
3 - Elles sont toutes « hors la loi » au sens qu’elles sortent toujours du cadre légal même s’il est imposé par le gouvernement en place, c’est-à-dire le dictateur, fasciste ou potentat en place. Le cadre légal n’est là que pour rassurer les naïfs et les bonnes gens. Elles bénéficient, dans les faits, d’un « droit » exceptionnel, du laxisme de la justice ou encore des politiques qui ferment les yeux. Elles ne sont soumises à aucun contrôle (à part politique) et les agents ne sont jamais condamnés pour leurs exactions (à moins qu'ils deviennent des résistants ou des opposants politiques).
Je vous ai dressé le tableau d’une police (ou des polices) qui n’ont pas un rôle d’enquêtes suite à des crimes et des délits, de protection de citoyens ou de résidants dans un pays, mais des polices politiques et leurs dérives.
D’ailleurs, les dérives en question sont souhaitées et choisies par les gouvernements mis en cause.
Ces polices ont pour objet, entre autres choses, d’instaurer la terreur avec des méthodes exclusivement répressives et expéditives. Comme bon an, mal an, beaucoup d’entre elles recrutent parmi des délinquants et des criminels en quête d’aventure, d’un plan de carrière à leur hauteur, ou encore adhérent aux objets politiques, les exactions de ces polices sont régulières et finissent par être leur marque de fabrique. Plus exactement c’est ce à quoi on les reconnait dans l’Histoire. A quelque part, il n’y a pas de grandes différences entre l’Inquisition et la Gestapo, la police de Vichy et la STASI.
Pourquoi je me suis attardée à ce long développement ? Parce que depuis quelques années, j’ai développé ici plusieurs articles sur le Maintien de l’Ordre en France. Je devais rédiger depuis longtemps une conclusion. Je n’y suis jamais arrivée. En effet, chaque semaine, chaque mois depuis 2018, la police nationale (et parfois la gendarmerie) s’illustre soit par une condamnation, un procès, une exaction, un mort, un blessé grave, une étude sur le racisme dans la police, un témoignage troublant, ... une affaire chassant l’autre.
Surtout, je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui me dérangeait alors que tout et un chacun, médias ou politiques, s’évertuent à nous expliquer « les difficultés du métier de policier », la « fatigue des policiers », « le stress des policiers » ... tant et si bien que les policiers se sont même inventé un racisme anti-policier à la moindre critique.
Or, quoique l’on puisse dire, l’état de la police nationale – comme d’ailleurs celui des hôpitaux et des services d’urgence, des écoles et des universités – a pour responsable : l’Etat et uniquement l’Etat, c’est-à-dire pour fermer le débat : le gouvernement en place.
En 2018, il y a une affaire qui m’a profondément choquée : l’affaire « Maria » (dont le véritable prénom est Angelina). Une jeune fille de 19 ans qui rentrait de son travail à Marseille, qui fut touchée par un tir de Lanceur de balles, et fut littéralement massacrée par 15 policiers (dont une femme policier) et laissée pour morte.
Sans l’intervention des habitants de la rue, on l’aurait retrouvée sûrement décédée au petit matin. Deux commissariats ont refusé sa plainte. L’IGPN a refusé d’enquêter permettant ainsi que les vidéos surveillances de la ville soit effacée. Elle a fait, elle-même, du porte à porte pour trouver des témoins.
Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a évacué la question considérant qu’elle aurait dû déposer plainte plus tôt. Les fonctionnaires de police, malgré les vidéos des témoins, n’ont jamais été retrouvés. Du moins, trois d'entre eux ont été retrouvé mais aucune charge n'a été retenue contre eux. Ils n’ont jamais été condamnés.
En juin 2023, malgré deux « non lieu », l’affaire a été délocalisée à Aix-en-Provence et reprise par un nouveau juge d’instruction qui va reprendre les vidéos des 48 interpellations pour trouver la trace des agresseurs de cette jeune femme.
Qui a vu les vidéos ne peut qu’être choqué par la brutalité, la sauvagerie de ces policiers qui se sont acharnés à plusieurs, tapant à coups de pieds et de matraques cette toute jeune fille, pour l’abandonner à son sort. Sur les différentes vidéos, on les voit se barrer. (voir ici pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore cette affaire).
Souvenez vous, dans mon article « je suis humaniste pas décoratrice », je m’étonnais du silence coupable des obédiences alors que l’on dénombrait 300 blessés graves, comprenant des traumatismes crâniens, des mains arrachées, des yeux éborgnés, ... Toutes les associations et organismes internationaux (ONU, Conseil de l’Europe, Amnesty International, ...) s’inquiétaient de la politique de maintien de l’ordre alors.
Par la suite, d’autres affaires de violences policières – et j’expliquerais pourquoi elles sont « policières » et non pas « de policiers » - ont secoué l’opinion publique.
L’affaire Michel Zecler, mettant en cause 4 policiers, suivant celle de George Floyd aux USA, a surpris par sa violence et les mensonges des policiers.
Notons que ces policiers, en 2021, étaient encore suspendus un an après les faits, que deux d’entre eux ont été mis en détention provisoire durant un mois et qu’enfin l’un d’entre eux tenaient régulièrement des propos racistes dans ses correspondances.
Cédric Chouviat, ce livreur de 42 ans, étouffé et mort deux jours après son « contrôle d’identité », Zined Redouane, cette dame de 80 ans tuée par une bombe lacrymogène alors qu’elle fermait ses volets, .... J’en oublie. Ces affaires datent de 2018 à 2020. Aucune n’a été jusqu’à présent jugée.
Pour l’affaire Zined Redouane, les policiers sont toujours en activité et certains ont même été promu bien qu’ils aient jusqu’à refuser de remettre leurs armes pour une analyse balistique.
Ce qui m’a profondément choquée est
Toutes ces raisons font que ce qui devrait être entendu comme des violences de policiers sont des violences policières, plus exactement des violences d’Etat. C’est l’Etat qui est responsable de sa police et qui lui donne des droits ou des moyens extra-légaux, dans ces cas de violences restées impunies contre des civils.
C’est cela le fascisme. Non pas que je dis que nous sommes dans un état fasciste, mais ce qui en fait son alpha et son omega : une violence politique aveugle, appartenant au « système » et plus exactement étant au cœur de nos institutions, qui n’est jamais condamnée par les magistrats ou très rarement, et certainement pas par le ministre de l’Intérieur, ses moults préfets, ses directeurs de police ; son organe de « contrôle » dont on soupçonne à raison qu’il est plutôt chargé de planquer les faits, ou encore par le gouvernement, est du fascisme.
Ceux qui me diront que Pétain, Hitler ou Mussolini ont fait dans la quantité, oublient que nous ne sommes pas en 1930 et qu’un seul cas, dans un pays démocratique et républicain comme la France, est un cas de trop. Or, il n’y en a pas qu’un.
Autre caractéristique du fascisme : les violences commises par le pouvoir en place, ou bien en son nom, restent impunies. Il y a différente manière de mesurer l’impunité et la meilleure est la loi.
La Loi Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur de 2017, en est un exemple parmi d’autres et a assez enflammé le pays pour que l’on ne puisse que constater que cette loi, en sus d’autoriser l’usage d’une arme et de tuer, permet aussi une forme d’impunité en galvaudant la notion de « légitime défense ». La légitime défense pour tout citoyen normal est possible mais entraîne des condamnations en conséquence si le citoyen tue son agresseur potentiel. C’était le cas aussi pour les policiers avant cette loi.
Entre 2010 et 2016 (inclus), 55 personnes ont été tuées par un tir d’un policier ou d’un gendarme. Ces personnes tuées comprennent les terroristes de 2015. Entre 2017 et 2022 (inclus), ce sont 86 personnes qui ont été tuées, dont un seul terroriste potentiel ( !). (source)
Cela s’appelle une hécatombe.

Comme pour Maria, l’affaire Hedi se déroule à Marseille. Ce jeune homme de 22 ans sort de son travail et rejoint un ami au centre ville. Les émeutes grondent dans les quartiers suite au meurtre de Nahel par un policier. Malheureusement, ces deux jeunes hommes croisent des agents de la BAC. Hedi est touché à la tête par une balle de LBD. Les quatre agents l’ont trainé dans une ruelle et l’ont tabassé et l’ont ensuite laissé pour mort. Il a réussi à retrouver son ami, devant un épicier, qui ne réussissant pas à faire venir les pompiers, le conduit lui-même à l’hôpital.
Les policiers se sont barrés. Ils l’ont abandonné, là – dans une ruelle. Il apparait aussi que ces quatre agents n’ont déclaré aucun incident à leur responsable hiérarchique. Ces quatre agents sont mis en examen et l’un d’entre eux est en détention provisoire.
Les preuves de cette agression, en dehors du témoignage de ce jeune homme et la blessure reconnaissable de LBD, sont les vidéos de la ville de Marseille. Les policiers ont nié les faits, touchés par une amnésie, ne se sont pas reconnus sur les vidéos et celui qui tenait le LDB a refusé d’être pris en photo pour être reconnu par la victime.
Lorsque les trois policiers sont sortis de garde à vue, ils ont été acclamés par leurs collègues. Pour protester contre la décision de la « détention provisoire », des policiers (environ 1000) se sont mis en « arrêt maladie ».
Ce jeune homme a de lourdes séquelles (une partie de la boîte crânienne retirée du fait d’une hémorragie, vraisemblablement dû au tir de LDB). Alors que les faits sont assez cruels et les actes commis apparaissent pour n’importe qui d’à peu près normal abjects et barbares, le Directeur Générale de la Police National, déclare au sujet d’un des policiers mis en détention provisoire : « Le savoir en prison m’empêche de dormir » et de continuer : « « De façon générale, je considère qu’avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison, même s’il a pu commettre des fautes ou des erreurs graves dans le cadre de son travail. J’exclus de mon propos les affaires qui concernent la probité ou l’honnêteté, explique Frédéric Veaux. Mais lorsqu’un policier est dans l’exercice de sa mission, on doit admettre qu’il peut commettre des erreurs d’appréciation. Le policier doit rendre compte de son action, y compris devant la justice, mais on doit aussi tenir compte des garanties dont il bénéficie et qui le distinguent des malfaiteurs ou des voyous. » (source)
Laurent Nunez, préfet de police de Paris, quant à lui explique ceci :
Je partage les propos du DGPN.
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) July 23, 2023
Fier d’avoir été préfet de Police des Bouches-du-Rhône et aujourd’hui à la tête des 30 000 policiers de Paris et de l’agglomération parisienne. https://t.co/vD0NZYDxmA
Ainsi, on trouve Nadia Hai, députée « Renaissance », qui estime que critiquer ces policiers est jeter l’opprobre sur toute la police. En même temps, c’est quand même le directeur général de la police qui, le premier, s’insurge non pas des violences commises par ces subordonnés mais de les savoir en prison !
Il n’existe pas une police qui serait républicaine et une autre qui ne le serait pas @ArthurDelaporte
— Nadia HAI (@NadiaHAI78) July 24, 2023
Notre police est républicaine.
Si certains policiers commettent des fautes, on est très loin de la majorité qui fait admirablement bien son travail.
La @PoliceNationale n’est… https://t.co/zexpz9Uh6W
Sur une chaîne d'information, un autre député "Renaissance" affiche son soutien plein et entier (et sans nuance) à ces policiers qui fracassent le crâne d'innocents citoyens.
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Marc Ferracci, député "Renaissance": "Notre soutien aux forces de l'ordre est sans faille et indéfectible" pic.twitter.com/U28lGr9iqP
— BFMTV (@BFMTV) July 24, 2023
Retailleau dont la pensée se résume à une phrase. Les policiers n’ont pas à aller en prison.
Le #DGPN a raison. Un policier ne devrait pas être incarcéré avant son procès. Le contrôle judiciaire devrait suffire en particulier lorsque les infractions présumées ont été commises dans un contexte d’hyper-violences contre la police. #PoliceNationale @GDarmanin
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) July 24, 2023
Quant à Gérald Darmanin qui a fait profil bas durant plusieurs jours, soutenant officieusement les déclarations du directeur général de la police nationale, explique tranquillement "comprendre" la "colère" et la "tristesse" des forces de l'ordre plusieurs semaines après les émeutes survenues en France. "Ils ont été présents, valeureux et courageux ». « On leur crache dessus, on les insulte, on les vilipende », a encore énuméré Gérald Darmanin
Pas un mot concernant la victime, c’est-à-dire le jeune homme, Hedi, mais aussi les deux cousins dont l’un a été tué et l’autre éborgné à quelques jours d’intervalle, ou encore le cas de Nathanael, lui aussi qui a reçu une LDB alors qu’il rentrait chez lui.
Pour lui, les policiers ont raison de tabasser des gens et, mieux encore, il fera en sorte qu'ils ne soient pas jeter en détention provisoire et que leurs procès-verbaux soient considérer comme une preuve (alors que le nombre de faux en écriture concerne toutes les affaires de violences policières ou presque toutes). Bref, il veut une loi d'exception dans la droite ligne des polices fascistes de tous les régimes assassins et criminels.
Les policiers refusent, pour la plupart, tout contrôle de l'activité policière par la justice. Ils veulent une impunité de principe, au prétexte d’une prétendue « légitime défense » (on ne remerciera jamais assez Cazeneuve) assortie d’une absence de sanction en cas d'usage, même illégal, de la force et cela quelque soit les circonstances. En somme, ils veulent un permis de tuer, tabasser, mutiler, voler, violer, qui ils veulent, quand ils veulent.
Seulement voilà. L’un des agents David B. , qui a été mis en examen pour avoir tabassé Hedi, ce jeune homme de 22 ans, a été aussi mis en cause dans l’affaire « Maria » de 2018. Seulement, il était déjà amnésique en 2018 et sa hiérarchie l’a couvert profittant de l'enquête baclée de l'IGPN.
Un autre encore, Mario S a été mis en cause dans une affaire de violence et de faux en écriture. Il avait tabassé un autre jeune homme de 23 ans, Eliot en 2021. Il avait, par la suite, rédigé un procès-verbal mensonger expliquant que le jeune homme avait été violent (ce que la vidéo d’un voisin avait démenti). Ils avaient, en particulier, expliqué que le jeune Eliot leur avait donné un coup de poing au visage. Ce policier, toujours en activité, était donc en attente d'un jugement pour violences volontaires. Le parquet avait, d'ailleurs, considérablement amoindri les faits pour considérer qu’il n’y avait pas de « faux en écriture » et qu’il ne s’agissait pas de « violences en réunion » de la part des policiers. (source)
En attendant, ce policier a trouvé tout à fait normal de tabasser le jeune Hedi et le laisser pour mort dans une ruelle. Bref.
(lire l'article de Médiapart)
C’est néanmoins ce genre de policiers que Gérald Darmanin dit "comprendre" et ce sont ces policiers que d'autres ont acclamés à leur sortie de garde à vue.
A leur place, j'aurais honte.
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RITTERSPORN Gábor T, « Police politique, magistrats, terreur. Justice et violence institutionnalisée en URSS », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2010/3 (n° 107), p. 21-37. DOI : 10.3917/vin.107.0021. URL : https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2010-3-page-21.htm
BERLIèRE Jean-Marc, « L'impossible pérennité de la police républicaine sous l'Occupation », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2007/2 (no 94), p. 183-198. DOI : 10.3917/ving.094.0183. URL : https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2007-2-page-183.htm
Le Parisien : les moyens de la Police
Article Le Point : Michel Zecler