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La Maçonne

Un document inédit : les femmes et la GLDF.

Je ne sais comment vous présenter ce document sorti des archives paternelles d'un frère. Il date de 1973 et fut rédigé par un groupe de frères de la GLDF. Ceux-ci s'interrogent sur la finalité de l'initiation féminine, s'inquiétant de l’expansion possible de la GLFF (mais on verra qu'ils portent aussi un regard critique sur le Droit Humain), du Rite Français et la peur de perdre la primauté du REAA à cause des femmes, dont ils disent être propriétaire. La GLFF venait aussi d'ouvrir son Suprême Conseil. 

Pour éviter une telle situation, ce groupe de frères propose quelques solutions. 

Ajouts du 2 avril : vous trouverez en fin d'article les sources de ce vrai-faux documents. 

 


Fait à Paris, le 14 décembre 1973

Analyse concernant les relations entre la Grande Loge de France (GLDF) et la Grande Loge Féminine de France (GLFF). 

La Grande Loge Féminine de France, initialement appelée l'Union Maçonnique Féminine de France, est issue de loges d'adoption de la GLDF et est née après guerre. L'Union Maçonnique Féminine de France était, à cette époque, promise à un échec.  Or, il s'est avéré que, ces dernières années, après s'être faite appeler "Grande Loge" dans une sorte de sursaut salvateur, elle a entrepris plusieurs réformes de fond. 

En 1958, la GLFF a adopté le REAA comme rite principal. En 1970, elle a fondé un Suprême Conseil Féminin de France. Récemment, le GODF leur a transmis une patente au Rite Français. Elle est, ainsi, dotée d'une reconnaissance directe et indirecte par le Grand Orient. 
L'abandon du rite d'adoption par la GLFF fut un choix regrettable. L'expansion possible d'une obédience féminine, en France comme à l'étranger,  utilisant notre rite, risque de nous nuire. 
La GLDF est propriétaire des trois premiers degrés alors que le Suprême Conseil de France est, sur tout le territoire de la République Française, son seul conservateur et gardien . 


La GLFF pratique les 3 premiers degrés au REAA sans avoir obtenu d'autorisation de la GLDF et, bien entendu, encore moins de patente. Les hauts grades leur ont été transmis par un obscur Suprême Conseil Féminin anglais, lui-même provenant d'une scission du début du 20ème siècle du Droit Humain. Ainsi, la GLFF pratique un REAA dont nous ne maîtrisons aucunement les origines et le contenu. A ce titre, cette utilisation du REAA est une usurpation qu'il faudrait stopper. 

A l'évidence, nos relations actuelles avec la GLFF ne nous permettent pas d'interdire aux soeurs quelques pratiques que ce soit, bien qu'elles nous soient redevables de leur fondation. 

Les femmes ne peuvent comprendre la subtilité du rituel dont la complexité leur échappe. Ainsi, il est à craindre qu'une profusion de documents et de travaux soient publiées par des plumes féminines, appauvrissant le rite et sa finalité. Que peuvent-elles dire, en effet, sur nos symboles de bâtisseurs alors que leur faiblesse physiologique ne leur permette pas d'user d'un de nos outils ? En sus de s'approprier le REAA sans aucune autorisation, la GLFF s'essayera à le dessécher et à le tronquer. 
Ce groupe de travail a souhaité apporter quelques pistes de réflexions permettant de nous éviter cette tragédie.

La patente du Rite Français remise par le GODF, permettant la fondation de loges féminines à ce rite, entrave largement l'hégémonie du REAA sur les femmes et, par conséquent, nos moyens d'interférer dans les décisions de la GLFF. En effet, cette patente apporte une légitimité que la GLFF ne possède pas avec le REAA. Ce rite leur apparaîtra, bientôt, plus conforme aux us et coutumes de la franc-maçonnerie.

Il est apparu, en effet, dans nos discussions que l'existence d'une obédience féminine aux côtés de la GLDF ne pourrait que nous apporter une certaine crédibilité, à condition, bien entendu, que cette obédience nous soit affiliée. 

De nombreuses sœurs de la  GLFF se sont, d'ors et déjà, illustrées ces dernières années par des positions féministes radicales qu'il nous faut aussi envisager. Ces positions seront autant de freins à une possible ré-intégration des loges de la GLFF au sein de la GLDF, comme nous l'espérons. 

La première mesure à prendre est de limiter le développement de loges féminines discutant de faits de société, de politique à tournure féministe et, tout au moins d'en réduire le nombre. Heureusement, le Rite Français ne propose pas de continuité au delà du grade de Maître. Il s'agira, ainsi, pour nous d'interférer au niveau du Suprême Conseil Féminin en faisant, en sorte, que la fondation de tous nouveaux chapitres féminins soit effectué avec l'accord du Suprême Conseil de France.

En tout état de cause, la proximité de ces deux rites ouvrant à divers courants maçonniques,  et dont une radicalisation féministe, nous oblige aussi à être intraitable quant à l'entrée des sœurs dans les hauts grades. Les hauts grades féminins devront apparaître comme un « corps d'élite » et devront être fermé à une certaine catégorie de femmes dont les profils ne correspondraient pas à ce que nous envisageons pour l'avenir.  

Ceci ne devra pas signifier, par ailleurs, une reconnaissance de notre part quant aux travaux des femmes, que l'on ne peut se permettre de dénommer comme maçonniques, mais bien de mener une surveillance étroite à partir du 4ème degré. 
Dans le cas d'une éventuelle démarche visant à reconnaître la GLFF, les conditions devront s'appuyer sur nos propres constitutions. La fermeture des loges au Rite Français, à moins que celles-ci n'adoptent le REAA, sera une première condition. 

Des travaux communs avec les sœurs permettront de noter leur niveau et la nature de leur démarche. Sous le couvert d'échanges formels ou informels, au sein de groupes de travail, il nous sera important de rappeler aux femmes les principes fondamentaux et initiatiques du REAA. La Bible en 3ème Lumière, l'invocation au Grand Architecte de l'Univers comme à la croyance en un principe créateur ne seront pas suffisants pour éviter une profanisation de notre rituel. Les sœurs seront, lors de ces réunions, invitées à travailler sur l'essentiel féminin, à un comportement exemplaire, à diffuser une parole incarnée.  Des sujets ambitieux devront leur être proposé afin de les contraindre à s'appesantir sur le corpus symbolique offert. 

Toutes les publications éventuelles, livres comme articles émanant de sœurs, devront être empêchées, que ce soit celles des sœurs de la GLFF comme celles des sœurs du Droit Humain, afin de ne pas contaminer une catégorie de frères, en particulier les plus jeunes, dans une approche féminisée du rituel. S'il advenait qu'il soit publié des articles de sœurs dans – par exemple – notre revue « Point de Vue Initiatique », ils devront être validés et, si possible, cosignés par un frère de la GLDF qui s'en portera garant. Ces mesures limiteront, nous l'espérons, toutes approches critiques des sœurs vis-à-vis du REAA et, bien sûr, de la GLDF.  

La GLFF devra s'incliner à une certaine forme de discrétion, lui interdisant de communiquer sur ses travaux en dehors des loges et de ses convents, dans le respect du principe du Secret Maçonnique. Le mieux pour y parvenir, nous semble-t-il, est que le Grand Maître et la Grande Maîtresse entretiennent une entente basée sur le respect et la fraternité. Le Grand Maître de la GLDF servira de guide à la Grande Maîtresse, lui permettant de prendre les meilleures décisions. 

L'altération du REAA, que la GLFF conduit, participeront à éloigner d'elle toutes les femmes de cœur et d'esprit qui préféreront la richesse de leur foyer ou des activités caritatives plus conformes à leur nature féminine. Ainsi, une fois que les femmes constateront qu'elles ne peuvent diriger seules une obédience maçonnique, elles feront le seul choix possible : demander au retour de leurs loges dans le giron de la GLDF et reprendre le rituel d'adoption. 

Nous avons dit, 


 

Après ce 1er avril 2018. 

Une bonne blague tient aussi parce qu'elle repose sur quelques sources "réelles". 

Le Suprême Conseil de France (GLDF) se dit bien seul gardien et conservateur du REAA sur tout le territoire français dans ces constitutions .source ici

L'accord du Suprême Conseil de France pour l'ouverture de nouveaux chapitres féminins est, bien sûr, une semi-invention de ma part. Semi-invention, parce que c'est le cas pour les ordres de sagesse féminin qui doivent demander l'accord du GODF pour chacune de ses fondations, comme d'ailleurs pour toutes les obédiences signataires de ce curieux "accord" qui donne une hégémonie et un droit de regard dans les démarches des soeurs et des frères au GODF. 

(Voici un ancien article de "la Maçonne" en réponse à Contremoulin faisant référence aux accords de la GLFF et de plusieurs obédiences avec les Ordres de Sagesse.)  


Suppression des loges au Rite Français : la GLDF ne reconnaît, à ce jour, que des obédiences masculines, interdisant les sœurs en visite, et pratiquant le REAA. Il me paraît, donc, logique que dans le cadre d'un éventuel traité d'amitié avec la GLFF, il demande les mêmes conditions, soit la seule pratique du REAA et de refuser la visite de frères. 

Empêcher les femmes de publier que ce soit sur la franc-maçonnerie ou d'autres sujets est, disons-le, un sport national. Aujourd'hui, sur la Franc-maçonnerie, rares sont les femmes qui publient. A rappeler aussi, la fameuse affaire de la biennale de Bordeaux qui montre comment la GLDF use de son argent pour interdire une soeur lors d'une table ronde dont le sujet ne concerne pas la GLDF. Ici, on peut lire comment la grande maîtresse de la GLFF approuve une telle demande et les documents présentant les votes du conseil fédéral de la GLDF sont ici. 

Il faut aussi souligner que  les organisateurs de cette biennale (des frères du GODF) se sont pliés à ce chantage inepte bien volontiers. 


L'essentiel féminin, le comportement exemplaire et la parole incarnée ne sont pas une de mes inventions, mais la reprise partielle de ce que l'on peut lire sur le site de la GLFF signé par Marie-Thérèse Besson ici. Cela fait très 19ème siècle ou grenouille de bénitier, ou les deux. 
Voici pour rappel un article dénonçant cet "essentiel féminin"

Pour les travaux communs censés vérifier le niveau des sœurs, je rappelle à votre bienveillante lecture le texte de Alain Porzanik ici qui en définit toutes les étapes ! 

Quant au développement du Rite Français, il représente aujourd'hui 30% des loges de la GLFF, soit 135 loges, soit la fondation – quand même –  de 2,93 loges par an (sur 46 ans) alors que sur la même période pour un effectif de départ de 1500 sœurs, il a été fondé 5;76 loges par an au REAA par la GLFF. C'est donc très loin d'être paritaire ! 

Il n'y aurait pas plus de 1500 sœurs (et certaines soeurs m'affirment qu'il n'y en aurait pas plus de 800 suite à de nombreuses démissions ces dernières années)  dans les Hauts Grades au REAA et environ 200 sœurs dans les Ordres de Sagesse, pour un effectif de 14000 sœurs, soit une proportion de 12%.
La GLDF compte, quant à elle, 8000 frères dans les hauts grades pour un effectif de 34 000 frères (effectifs officiels) soit 23% de frères. Cherchez l'erreur.

Les sœurs de la GLFF ne sont, majoritairement, pas très dociles. 

Parce que vous savez aussi très bien que la présence d'une obédience féminine, que l'initiation des femmes en général et en mixité, ont été souvent remis en cause dans l'histoire contemporaine des obédiences masculines dont celles de la GLDF, ce "poisson d'avril" avait tout pour paraître véridique ! 


 

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Amusant. Un détail: contrairement à ce qu'affirme ce texte, le rite français a ses "hauts grades"

Cela n'a rien à voir avec la maçonnerie mais je viens de découvrir un document relatant des facettes de la justice (américaine) qui semblent relever des grenouilles de bénitier.

https://blogs.mediapart.fr/demain-peut-etre/blog/060316/delinquants-sexuels-la-repression-t-elle-depasse-le-raisonnable/commentaires

Un moment de rire (jaune) garanti - parce qu'on est en France. Si je vivais aux USA, je ne serais pas amusé du tout.
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L
Seule la date du 1er avril permet de discuter de ce torrent d'insanités,mais c'est bien joué.Fraternellement.
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L
Seule la date du 1er avril permet de croire à ce torrent d'insanités mais c'est bien joué.
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A
... Il ne reste plus qu'à brûler ces vilaines sorcières...
ou: quand le pouvoir et la prétention rendent fou.
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F
Il est des poissons d'avril tellement crédibles qu'on hésite un instant...
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H
MTCS Lilith,
Nous sommes le 1er avril. Est-ce un poisson d'humour caustique, un poison subtil ou la triste réalité de l'arrogance, du mépris, de l'outrecuidance de FF passéistes de la GLdF, dont j'ose croire qu'ils ne forment qu'une infime minorité parisianiste ?
Si ce document est réel, j'apprécierais que sa photocopie soit publiée in extenso afin de permettre aux FF de cette obédience, dont je suis, de nous élever pour combattre les animaux égocentriques, lubriques et métalliques humains ayant infiltrés nos LL et opposer notre volonté inextinguible d'universalité à réunir, quelques soient nos sensibilités propres et nos rites, des femmes et des hommes debout, libres, honorables, égalitaires, bienveillants et respectueux d'autrui riche de ses différences.
Dîtes-moi MTCS que ce n'est qu'une mauvaise blague dont j'aurai rêvé durant ma sieste, alourdie par un repas plantureux, et qui, à mon réveil, ne m'aura pas fait rire cette fois.
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L
C'est bien un poisson d'avril, Henri - Les sources viennent d'être ajoutées !
L
Cher Henri
Quel vocabulaire! C'est simple, pour parvenir à vos fins il faut et il suffit de quitter la GLdF qui,vous ne l'aviez pas remarqué ? est masculine depuis ses débuts.
On ne soulignera jamais assez les dégâts pour le cerveau de repas plantureux.
L
Condescendants, méprisants, insultants, etc,,, mais ces écrits pourraient avoir été écrits en 1873... mais non en 1973 ! Au secours ! Ils sont peut être encore vivants ! Non je ne regrette rien de ce qui s’est Passé en 1968 !!!
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