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La Maçonne

Franc-maçonnerie & religions : les dieux sont morts de rire !

Voici un nouvel article de Vabadus qui, cette fois, nous présente la situation des religions vis-à-vis de la franc-maçonnerie, tout en réussissant à sortir des sentiers mille fois battus. 

Je vous souhaite bonne lecture ! 

 

 

 

(Illustration : photographie appelée "le baiser de Marseille", prise lors des manifestations contre le projet de loi "mariage pour tous", par Gérard Julien/AFP)

Les dieux sont morts. Oui ! Ils sont morts de rire en entendant l'un deux, le GADLU, dire qu'il était le seul !

Cette citation pourrait être de Nietzsche mais ce n’est pas le cas, juste une contrefaçon pour lancer deux interrogations : « Que pensent les religions de la Franc-maçonnerie ? Est-ce une religion à leurs avis? »

De la réponse à ces questions les docteurs de la foi de chaque religion ont fixé une attitude à avoir vis à vis de la Franc-Maçonnerie et à admettre ou non la possibilité d’une double appartenance  traduite par un questionnement structuré ainsi :

  • Peut-on être catholique et maçon ? juif et maçon ? musulman et maçon ? etc.…

En ayant cette approche on obtient une analyse bien plus pertinente de la FM que l’approche classique qui consiste à répondre à la question : » La Franc-Maçonnerie est-elle une religion de substitution ?

 

Dans «Le Monde des Religions » n°6 Hors Série consacré à la FM, un article intitulé « Le regard des religions - Querelles d'institutions ». Un mot résume la position de chaque religion :

  • judaïsme : tolérant
  • catholicisme : intolérant
  • protestantisme : mitigé
  • orthodoxie grec : antimaçonnisme
  • islam : hostile
  • bouddhisme et hindouisme : indifférent

Dans notre analyse nous avons choisi d’écarter l’orthodoxie grecque le bouddhisme et l’hindouisme et de nous focaliser sur les autres religions qui sont plus présentes historiquement dans notre pays, sans sous estimer pour autant la croissance récente du bouddhisme en France.

(Illustration : Femme sculpteur, Boccace - le livre des clercs et des nonnes, 15ème siècle). 

Au début était la spiritualité. 

 

Dans Le Monde des Religions de mars 2015 un excellent article intitulé

« A l’aube de la spiritualité des profondeurs vint une lueur » l’auteur Hélène Bourg explique ce que les préhistoriens mettent en évidence :

« - à partir de l’homo erectus (1,5 million 300000 ans avant le présent) des traces troublantes commencent à être manifestées qui montrent des préoccupations dépassant les strictes nécessités liées à la vie quotidienne

- l’émergence de la spiritualité, qui passe notamment par une prise de conscience de la mort, semble plus récente et ne présente des signes irréfutables qu’après 150000 ans.

- à partir de 35000 ans environ l’art pariétal offre des premières bribes d’une image symbolique du monde

- du XIIIe au IIIe c’est l’apparition des dieux …ou des déesses

S’ouvre alors un nouveau chapitre – un nouveau défi - de l’histoire de l’humanité : celui d’organiser la pensée spirituelle en une pensée religieuse à proprement parler » Fin de citation

La suite chacun la connaît :

  • polythéisme : probablement à partir de 5000 avant notre ère

  • monothéisme : probablement vers 2500 ans avant notre ère

  • naissance de la franc-maçonnerie considérée comme religion au XVIIIème siècle

Si l’on considère que les religions ont 5000 années d’existence et que l’on rapporte cela à une journée pleine on peut voir que la FM est née à 22H35mn. Si donc à sa naissance il s’agit bien d’une religion, de substitution ou non, avec ses croyances, son Dieu, ses rituels et ses prières la FM est une religion jeune qui va déclencher les hostilités à son égard de la part d’autres religions plus anciennes qui ne la reconnaitront pas et ne la reconnaissent toujours pas comme une religion « régulière » !

 

(illustration : Myriam)

 

 

Dieu n'existe pas et nous sommes son peuple élu - Woody Allen. 

Le judaïsme serait donc tolérant avec la double appartenance de ses fidèles avec la Maçonnerie. Nous avons pris comme exemple de cela le cas flagrant de la GLNF, qui, d’une part, revendique haut et fort sa référence au THÉISME et possède parmi ses membres de nombreux catholiques et qui, d’autre part dispose d’un porte parole « officieux » Emmanuel, qui gère le blog « Myosotis Dauphine Savoie » revendiquant haut et fort son attachement aux valeurs du judaïsme.

J’ai sélectionné parmi les textes diffusés sur ce blog un article qui montre bien un exemple où les valeurs de la FM « régulière » portées par une obédience pieuse sont solubles dans le judaïsme.

Chaque fête juive est généralement signalée et commentée par Fidèle d'Amour (blog Myosotis Dauphiné Savoie), comme ce fut le cas le 3 septembre 2013 dans un texte intitulé :

ראש השנה - ROSH HASHANA* : SHANA TOVA !!!

« Ce soir, et pendant deux jours, nos Frères issus du Peuple du Livre, les hébreux, vont célébrer la nouvelle année juive. Moments de joie, moments de prières intenses, moments d’étude des textes, retrouvailles familiales. Moment aussi de retour sur soi, et vers l’Eternel, Grand Architecte de l’Univers.

 A tous ceux et à toutes celles qui célébreront l’an 5774 depuis la Création d’Adam, quelle que soit leur obédience, le Myosotis du Dauphiné-Savoie adresse ses vœux les plus sincères et les plus chaleureux, pour eux et leurs familles, pour que vous viviez tous une année pleine de bonheurs, de douceurs, de bonne santé ET DE PAIX !

 De même il adresse ses meilleurs voeux particulièrement à nos Frères de la Grande Loge des Maçons Libres et Acceptés d’Israël parmi lesquels se trouvent de nombreux lecteurs de ce blog

  A tous nos autres Frères (et Soeurs), nous souhaitons partager avec vous et avec toute l’humanité toutes les bénédictions que nous espérons recueillir. »

(Illustration ci-dessous : Judith - de Cristofano Allori vers 1600)

 Après ses chaleureux et fraternels voeux Emmanuel explique le sens de cette fête qui marque la nouvelle année hébraïque : 

« Enfin, le service divin – il ne s’agit de rien d’autre – de Rosh Hashana, implique un degré d’union absolue entre l’homme et D-ieu. Les sages enseignent que ce jour, D-ieu demande à l’homme : « accepte-Moi comme Roi sur toi », et en fait, la reconnaissance de la souveraineté de D-ieu est un thème majeur du service de Rosh Hashana. Cet acte de reconnaissance, établit un lien entre l’essence de l’homme, et l’essence de D-ieu.

Les Francs-maçons réguliers, les porteurs de la Tradition, se placent eux aussi exactement dans cette perspective, en ouvrant leurs Travaux A.’.L.’.G.’.D.’.G.’.A.’.D.’.L.’.U.’., avec des Rituels qui ne cessent d’ailleurs de le réaffirmer.

Il existe plusieurs niveaux de connexion par rapport à ces trois éléments : 

  • Le premier lien est établi par l’observance du V.’.L.’.S.’.. Parce que la volonté du G.’.A.’.D.’.L.’.U.’. se manifeste dedans et par ses commandements, en les observant, nous établissons un contact entre nos pensées, nos paroles et nos actions, et Lui.
  •  Il existe un second lien plus profond avec D-ieu : Alors qu’il est vrai que l’observance du Pentateuque et de ses commandements établit un lien avec Lui, les conditions de cette relation présupposent que l’individu est une entité séparée qui désire se connecter avec D-ieu par le biais de cette observance »

« Néanmoins, malgré la profondeur de cette relation avec D-ieu, établie grâce à la Teshouva, une certaine distance reste entre l’homme et D-ieu. En fait, c’est justement ce sentiment de séparation qui anime notre désir de revenir vers Lui. Par contre, le fait que nous acceptions d’en faire notre Roi exprime l’idée du lien absolu avec le G.’.A.’.D.’.L.’.U.’.. L’homme accepte la souveraineté de D-ieu parce qu’il ne peut concevoir aucune autre alternative.

C’est donc là un point commun, transcendant toute idée de religion, qui unit les hébreux et les Francs-maçons réguliers de Tradition, à savoir la reconnaissance de la Souveraineté absolue de D-ieu… ».

J’ai retenu de cet article (à lire en intégralité sur le blog), comment un juif pratiquant peut vivre sa foi religieuse en fréquentant une obédience Régulière où les marqueurs fondamentaux de la FM anglo-saxonne (VLS, GADLU…) sont interprétés « religieusement ». Il est ainsi montré que la religion juive est tolérante vis à vis de la FM. Il est vrai que l’on pourrait dire la même chose de beaucoup d’obédiences qui ont des membres de confession juive dans leurs rangs sans que cela pose de problèmes pour eux comme pour ces obédiences. Ainsi le GM de la GLDF, accompagné d’une délégation du Conseil Fédéral s’est rendu en visite officielle en Israël pour visiter deux loges de la GLDF sur place,  Le 2 novembre, 2016 la délégation devait être reçue par des hauts dignitaires de l’État d’Israël. Ne vous lamentez pas de cela, c’est au pied du mur que l’on reconnaît le maçon !!

Mais pour Christian Guigne des problèmes sur la double appartenance subsistent. Il répond sur son site à la question : « Je suis de confession juive et très religieux, ceci pose-t-il un problème ? »

"Le REAA ou le rite Français comme le RER travaillent avec le Nouveau Testament qui est Chrétien. Ceci peut vous choquer et s'avérer inacceptable pour vous si vous êtes Juif ou Musulman ou autre. Si j'étais un bon Juif ou bon Musulman, ce serait inacceptable pour moi et incompatible avec ma foi, je ne pourrais pas supporter le livre d'une autre religion que la mienne. Il y a donc dans les rites actuels des éléments qui vont un jour vous poser de graves problèmes de conscience."

 

(Illustration : la papesse Jeanne). 

 

 

Qui sont les vrais fils de Lumière? 

 

Depuis l'année 1738 jusqu'à 2013 on dénombre une vingtaine de condamnations papales La première bulle du 28 avril 1738 excommuniait les francs-maçons à cause du caractère secret de leur organisation et « pour d'autres motifs justes et raisonnables de nous connus ». Ainsi donc, 20 ans après les premières apparitions de Loges anglaises le Vatican condamne ! On peut imaginer qu'il percevait déjà là une organisation concurrente à l'Église romaine. Mais on peut aussi estimer qu'il s'agissait surtout de la manifestation d'un acte réflexe d'élimination de toute organisation qui à ses yeux défiait son pouvoir spirituel et temporel comme le furent en leur temps les Cathares, les Templiers et tous ceux qui, considérés comme « hérétiques », subirent l'Inquisition.

En 1983 l'année de la dernière bulle, la Congrégation pour la doctrine de la foi présidée par le futur Benoit XVI prévient que le catholique qui est franc-maçon se trouve « en état de pêché «et « qu'il ne peut accéder à la sainte communion »

(Illustration : Hildegarde de Bingen - Scivias - miniature)

Le mot DOCTRINE est le terme capital pour la compréhension de la condamnation constante et certainement perpétuelle du Vatican. Une clef de compréhension vient du Prologue de Jean. Ce texte est FONDAMENTAL dans le champ dogmatique de l'Église Catholique car il évoque « la Lumière qui émane de Dieu ». Elle symbolise pour le catholique la vie, le salut et elle éclaire le chemin des hommes. La clarté de Dieu dissipe les ténèbres qui symbolise le mal, le châtiment, la perdition et la mort. Les Ténèbres et le Mal sont symbolisés par Satan, le Diable et Lucifer.

Dans la Bible il est évoqué la guerre que les « fils de Lumière », c'est-à-dire les esséniens, doivent mener à la fin des temps contre les « fils de Ténèbres », c'est-à-dire les païens et les mauvais juifs.

Enfer et damnation! Voici que francs-maçons que l'on nomme encore « Fils des Lumières » prétendent : − que ceux qui ne sont pas francs-maçons « sont plongés dans les ténèbres » − qu'ils peuvent offrir la « Lumière » à ceux qui se feront initiés et qu'ils auront à leur disposition un Rite, des rituels, des symboles pour les aider à parcourir un « chemin initiatique » les menant à la Vérité, démarche qui fait aussi appel à la Raison et le doute. Or la Vérité émane de Dieu et de lui seul et il a révélé toutes les Vérités aux hommes! Cette prétention des francs-maçons est un complot contre l'Église et ceux qui prétendant être croyants et catholiques sincères, entreront en maçonnerie seront sanctionnés. Dès que le noyau « nucléaire » du système catholique est atteint, la Congrégation pour la doctrine pour la Foi alerte le Pape qui déchaîne la foudre et c'est logique dans la conception globalisante de cette religion. Ce qui paraît le plus extraordinaire dans l'histoire des rapports de la FM avec l'Église c'est que certaines obédiences viennent à poser la Bible sur l'autel des serments de leurs Temples et qu'elles ouvrent cette Bible pendant les cérémonies au Prologue de Jean!!

TA-BARRE-NAQUE! s'exclameraient les québécois en employant un de leurs « sacre-jurons » favoris face à ce sacrilège. C'est comme si on demandait aux catholiques de mettre un compas et une équerre sur l'autel pendant l'office de la messe alors que la Bible n'y figure même pas !

 

L'église ne tolère qu'une vérité : la sienne ! Elle fut rappelée lors de l’exclusion de l’Église du Père Vésin curé de Megève.

Ce curé a été démis de ses fonctions en mai 2013 par Mgr Yves Boivineau, évêque d’Annecy à la demande du Vatican. Sa « faute » : « en raison de son appartenance à la loge maçonnique du Grand Orient de France depuis 2001» précise le communiqué de presse de l’évêché d’Annecy du 24 mai. Cette sanction s’appuie entre autres dans cette note datée du 26 novembre 1983 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et qui précise que «le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure inchangé…et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise ceci en raison même de l’incompatibilité entre les principes de la franc-maçonnerie et ceux de la foi chrétienne».

 

 

Franc-maçonnerie : contrefaçon de l'évangile. 

Il n’existe pas pour le protestantisme un « Vatican » qui contiendrait dans son sein un « Saint Office » définissant la doctrine et les positions fondamentales de l’Église pour l’ensemble des protestants dispersés dans le monde. Par ailleurs, selon les pays où vivent beaucoup de protestants leur approche de la FM peut diverger.

Il nous fallait donc trouver une analyse critique de la FM de la part d'un auteur sérieux issu du milieu protestant. Nous l'avons en la personne du pasteur F. Varak qui a rédigé un article dans la revue Réformée - La revue de théologie de la Faculté Jean Calvin site internet : //larevuereformee.net/articlerr/n232/franc-maconnerie-et-foi-chretienne

 

(illustration : Marie Madeleine dans le désert selon Allori - 1600)

Voici comment l'auteur aborde le questionnement:

«  J’ai voulu succinctement comparer les notions essentielles des spiritualités chrétienne et franc-maçonne ».

Il débute son analyse par une première impression

« Le Petit Robert définit une religion de la manière suivante: « Ensemble d’actes rituels liés à la conception d’un domaine sacré distinct du profane, et destinés à mettre l’âme humaine en rapport avec Dieu; attitude particulière dans les relations avec Dieu; système de croyances et de pratiques, impliquant des relations avec un principe supérieur, et propre à un groupe social. »

(En Maçonnerie) » Les actes rituels sont plus présents que dans bon nombre de religions! La sacralisation des lieux de rencontre, même temporelle, témoigne d’une spiritualité religieuse. La notion du Grand Architecte de l’Univers reflète une approche du divin. Les enseignements ésotériques veillent à conduire le participant vers cet Être supérieur. On ne peut échapper au caractère religieux de la franc-maçonnerie! »

 

Dans un chapitre 2 il va ensuite étudier minutieusement les aspects les plus caractéristiques de la FM en les confrontant aux données fondamentales de sa religion.

a) le problème du secret « Le principe même du secret est totalement étranger au christianisme »

« Plusieurs raisons expliquent cette absence de tout ésotérisme dans la Bible

  1. La principale est : « La Bible évoque un chemin très simple pour « mourir à soi-même », pour « monter vers le ciel »

  2. La nécessité d’une source d’information objective, d’un étalon. Si Dieu ne s’est pas révélé complètement et définitivement, la porte est ouverte à des « bricolages » dangereux »

b) Le problème de l'autorité « La Bible se présente non comme « parole de Dieu » (tout comme le seraient les Védas, le Coran, etc.) mais comme « la Parole de Dieu ». Au travers de la Bible, nous trouvons la prétention que Dieu a parlé, une fois pour toutes, et qu’il s’attend à ce que l’homme s’applique à l’écouter:«

c) Le problème de la médiation L'auteur critique le concept d'initiation (mort du vieil/nouvel homme) car dit-il :"pour « naître à nouveau »: la repentance (métanoia, c’est-à-dire changement d’avis - sur la gravité de ses fautes et sur le pardon de Dieu en Christ – associé à un changement de vie), avec la foi que le Dieu d’amour lui-même, dans sa grâce, a payé de sa vie le rachat de notre âme. » « Pour être au bénéfice de ce salut, point n’est besoin d’initiations, ni d’ailleurs d’initiateurs: « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme.» (1Tm 2.5)"

d) Le problème de la divinité "Lorsque les hommes réfléchissent sur le divin, il me semble qu’ils ne peuvent aboutir qu‘à une réflexion humaine, une philosophie... C’est le cas de la franc-maçonnerie, puisqu’il y a transformation du message biblique et importation de données occultes, c’est un refus clair de la révélation chrétienne"

(Illustration : Ste-Anne et Marie, éducation de Marie par Lagrenée, 19ème siècle). 

L’appréhension du divin me trouble. De quel Dieu (dieu?) parle-t-on en se référant au Grand Architecte de l’Univers? Qu’on l’appelle Être Divin, Elohim, Adonaï, Éternel, Seigneur, Créateur ou Architecte n’est pas gênant. C’est la définition que l’on attache au nom qui révèle la nature de notre croyance. Est-ce une énergie? Est-ce une personne? Est-ce Jésus-Christ? Est-il trinitaire? A la lumière de ce qui est dit de cet architecte, nous pourrons comprendre s’il est le Dieu de la Bible ou non. » « Or, qu’est-ce que ce dieu « caméléon » (le G.A.D.L.U)? Si Dieu est Dieu, s’il s’est révélé, il est comme il est et n’est pas ce qu’il n’est pas! Il existe ainsi des évocations et des croyances exactes, et d’autres erronées. Voici quelques raisons qui me font croire que cet Architecte n’est pas le Dieu des chrétiens. Tout d’abord, la notion d’un Dieu caméléon, d’un « Centre de l’Union », est incompatible avec les évangiles. Jésus a même averti que son message serait cause de division, parfois même au sein d’une famille » « Deuxièmement, le Créateur, dans la Bible, n’est autre que Jésus-Christ. Si le Grand Architecte de l’Univers était le Dieu des Écritures, il serait identifié à Jésus-Christ ou au Dieu trinitaire. Or, nous avons trouvé le contraire »

En guise de conclusion pour Florent Varak :

« Après examen et réflexion, il me semble que la franc-maçonnerie est une religion opposée à la foi chrétienne en ce qu’elle est une contrefaçon de l’Evangile. Si elle propose une règle de conduite civile et sociale probablement exemplaire, elle est incapable de conduire les âmes à Dieu, de donner le salut et un sens à la vie. Ce jugement apparaîtra sans doute trop catégorique. Cependant, puisqu’il s’agit de lier les hommes à Dieu, de la réponse à notre question de départ dépend le salut éternel de l’âme. Si le Dieu franc-maçon ne confesse pas le salut en Christ, il ne confesse aucun salut du tout. Ne serait-ce pas tragique de se confier dans un système artificiel pour réaliser à sa mort que la vie spirituelle et le salut étaient à cueillir gratuitement auprès de la croix? »

Franc-maçonnerie : organisation politique destructrice de l'Islam. 

Dans une fatwa prise « contre l’appartenance au mouvement franc-maçon » le 15 juillet 1978 à La Mecque on peut saisir les critiques fondamentales formulées à l’encontre de la FM.

« Un comité de grands savants composant une assemblée de jurisprudence a étudié le dossier de la franc-maçonnerie et ceux qui y adhèrent et la position de la loi islamique concernant ceci. Attendu ce qui a été examiné comme textes et écrits, il s’est dégagé lors de cette assemblée d’une façon nette les conclusions essentielles que je relève ainsi : »

Sa nature

La franc-maçonnerie est une organisation secrète dont les principes de bases sur lesquels elle s’est fondée sont un mystère sur tous les plans, que nul ne peut connaître même ses membres, sauf peut-être les plus initiés d’entre eux, qui sont assignés au plus haut rang dans cette organisation. »

(illustration :  William Hammerschmidt, Femme arabe portant un costume d'intérieur, Vers 1860. Tirage sur apapier albuminé © Courtesy Lumière des Roses, Montreuil)

«  Ce principe est une prétendue fraternité entre tous les adhérents de cette organisation sans distinction de religion, croyance ou doctrine. »

«  C’est une organisation mondiale qui attire des personnalités qui la rejoignent par intérêt personnel. Elle tient à choisir ses adhérents parmi les personnalités les mieux placées sur le plan financier, politique, social, scientifique ou autre, pour exploiter leurs situations à sa faveur. Cette organisation tient beaucoup à ce que ces membres soient des présidents, des ministres ou des cadres importants dans les différents Etats. »

« Ses membres se doivent une solidarité en toutes circonstances »

« Une cérémonie est organisée avec protocole en l’honneur de chaque nouveau membre pour l’impressionner, et afin qu’il voue une obéissance totale à cette organisation, qu’il ne désobéisse pas aux ordres des supérieurs. »

« Les membres ordinaires sont laissés libres de leur culte, mais les postes de pouvoir sont réservés aux athées  »

Ses objectifs

« L’organisation a des objectifs politiques, et elle est impliquée de façon visible ou invisible dans la plupart des bouleversements politiques ou les coups d’Etat militaires. Son objectif réel et secret est d’être contre toutes les religions, et elle agit pour les détruire toutes d’une manière générale et pour détruire l’islam dans l’esprit des musulmans en particulier. Elle possède des ramifications dans monde sous des noms différents pour détourner les regards et tromper les gens: Organisation noire, le Rotary Club ou encore le Lions’Club. »

« Elle possède encore d’autres principes et activités malfaisantes qui sont en totale contradiction avec les principes fondamentaux de l’islam.Cette organisation dans son origine, sa structure, et sa direction générale mondiale est contrôlée par des juifs et a des activités sionistes. Cette organisation a réussi à contrôler les décisions d’un grand nombre de chefs d’Etat des pays arabes au sujet de l’affaire de la Palestine. Elle les empêche d’assumer leurs devoirs vis-à-vis de cette grande cause islamique, dans l’intérêt de juifs et du sionisme international. »

 

(illustration : femmes maures jouant aux échecs, miniature 13ème siècle). 

Conclusions de la fatwa

« Sur la base de tout ce qui a été dit et sur d’autres faits concernant les activités de la franc-maçonnerie, son grand danger et ses objectifs vicieux, l’Assemblée de jurisprudence a déterminé que la franc-maçonnerie fait partie des organisations les plus dangereuses et les plus destructrices pour l’islam et les musulmans. D’autre part, celui qui adhère à cette organisation tout en connaissant sa réalité et ses objectifs, est considéré comme mécréant, et non pas comme musulman. »

(illustration ci-dessous :  Femme sassanide portant une tunique longue et ajustée. Bishâpour, 4e siècle après J.-C. – Photographie de la mosaïque conservée au Musée national d’Iran)

Les sanctions pour crimes contre la religion en théocratie musulmane. 

Un musulman devenu mécréant car entré en Loge, serait décapité en place publique en Arabie saoudite.

Dans un autre pays de théocratie musulmane, le Maroc, deux adolescentes de 16 et 17 ans passent au tribunal à Marrakech le vendredi 25 novembre 2016 accusées d’un crime pour homosexualité : elles s’étaient embrassées sur un toit du quartier de Casablanca et ont été dénoncées par leur famille.

Au Maroc où le roi est le Grand Commandeur des Croyants, et où le chef de gouvernement est un membre de la Confrérie des Frères musulmans comme les membres de son parti, le baiser échangé entre ces deux adolescentes est passible de 3 ans de prison en vertu de l’article 489 du code pénal marocain qui criminalise “les actes licencieux ou contre-nature avec un individu du même sexe”.

 

 

Sur le plan mondial la sous-population des Maçonnes et des maçons représente environ 0,05% du nombre d’habitants. Et toujours sur un plan mondial il y a certainement 99,50% des croyants, toutes religions confondues qui se contrefichent de la Maçonnerie dont ils n’ont jamais entendu parler pour la plus part d’entre eux. Si bien que l’analyse théorique développée ci-dessus ne les concerne pas. Et pour ceux qui se sentent concernés par la Maçonnerie au moins 85% ont une relation « à la carte «  avec les règles de leur confession religieuse. Alors, s’ils décident d’entrer en Maçonnerie, ils ignoreront totalement les avertissements et interdictions de leurs docteurs de la Foi. Seuls les intégristes respecteront les interdits.

Si maintenant on abandonne le macroscope mondial et que l’on examine la situation française il est aisé de concrétiser les conséquences de l’étude qui précède.

Premièrement on a deux catégories d’habitants porteurs de nuisances graves pour les Maçonnes et les Maçons:

  1. les extrémistes de droite fascisant et/ ou catholiques traditionnalistes qui vouent une haine de même intensité envers les juifs comme envers les Maçons et comme envers la judéo-maçonnerie complotiste et cela DEPUIS DES DÉCENNIES

  2. des musulmans qui pourraient être conditionnés au quotidien par des salafistes et des membres de la Confrérie des Frères musulmans sur les réseaux sociaux financés par « Nos chers Émirs » comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer.

Aussi ce qui vient de vous être présenté n’est pas un discours théorique éthéré car des temples ont déjà été brulés et les fichiers de la GLDF et du GODF piratés. Quelle est la prochaine étape ?

Deuxièmement, sur un autre plan, pour un profane qui ne connaît mal qu’un seul concept : « la Franc-Maçonnerie » on comprend que son esprit doit s’embrouiller quand il entend les discours des GM d’obédiences pieuses et ceux d’obédiences adogmatiques expliquer que la FM n’est pas une religion !!! Comment recruter après cela ?

 

 


 

 

 

 

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Henri Han 04/12/2016 12:55

L'article de Vabadus, un brin provocateur, reflète sa pensée et son approche des religions à l'égard ou encontre de la FM m'a donné à sourire, même à rire mais surtout à penser. Je n'ai donc pas à lui jeter la moindre pierre sur sa réflexion, ni sur le fond, ni sur la forme.

L'entête de l'article m'a du reste permis de me remémorer une pensée d'Einstein qui se définissait comme physicien et non comme suisse ou allemand ou américain : Quiconque prétend s'ériger en juge de la vérité et du savoir s'expose à périr sous les éclats de rire des dieux.

Je crois en la citation de Robert Oxton Bolt, scénariste du film Lawrence d'Arabie : Une croyance n'est pas seulement une idée que l'esprit possède, c'est une idée qui possède l'esprit.
La suite logique de cette pensée est que je n'ai aucune croyance sinon l'espérance d'une destinée pour l'humanité d'améliorer sa relation avec elle-même et avec son environnement dans la recherche de l'ataraxie si chère à Epicure & Spinoza.

Si j'avais à me définir d'une croyance, je me dirai élève spirituel de Bento/Baruch/Benedictus Spinoza, notamment en son livre fondé sur la raison, l'Ethique.
S'il utilise le mot dieu, c'est seulement pour définir la nature dans son ensemble dont l'humanité n'est qu'un sous-ensemble dont le comportement en certaines périodes fut des plus médiocres et qui, malheureusement montre à l'évidence qu'elle reproduira encore ses déviances.

Elevé dans une approche bouddhiste de la vie j'avais énoncé au décès de mon père :
Baptisé catholique, ton épouse, notre mère est bouddhiste.
Bien avant que d’être gaulliste, tu fus bouliste.
Avec pareille hérédité, tes enfants pouvaient-ils composer avec les cieux
Quand dans leur enfance, tu étais leur seul Dieu…

Je suis entré en FM car contrairement à Spinoza qui se suffisait à lui-même et à sa raison et dont je n'ai ni la hauteur d'intelligence ni d'esprit, j'éprouve la nécessité de vivre en communauté et cherche à trouver et donner du sens à ma vie.

Quant à la FM, il me paraît bien pour moi être une religion, Humaniste certes, mais instituée avec ses différentes chapelles régulières décrétées par certains ou irrégulières décrétées par les mêmes, détenteurs d'un ego sur dimensionné et tout autant que l'immense majorité des politichiens, avides du pouvoir sur autrui.

Je ne rejette aucune religion dont la racine latine suggère que le but poursuivi est de relier tous les membres de l'humanité.
Je ne rejette que les hiérarques de toutes les religions y compris la FM, dont le but unique est de relier tous les membres de l'humanité sous leur égide afin de s'en servir alors qu'ils devraient être à la servir.

Toutefois, je reconnais qu'entre toutes les religions, seule la FM m'a permis d'avancer dans ma propre réflexion (dans le miroir) et de rire avec d'autres, femmes & hommes, de notre insignifiante médiocrité.

Quant aux chantres de la religion laïque d'extrême gauche ou trotskyste dont le mot d'ordre est "à bas la calotte", je rétorque avec tout mon amour et humour "baisse ta culotte, mouton bêlant".

Caritat 03/12/2016 15:39

Mon TCF Vadabus,
Etant moi-même protestant et maçon, je suis tout à fait stupéfait de la caricature à laquelle tu te livres dans ton article en ce qui concerne en particulier la soi-disant position du protestantisme vis-à-vis de la FM, et celle des autres religions.
Il est vrai que le sujet que tu abordes, FM et religions, est complexe et son abord difficile en quelques lignes. Cela ne justifie cependant pas le grossier amalgame que tu opères entre la position de Florent Varak, pasteur de l’église protestante évangélique, et le « protestantisme », comme si cette mouvance religieuse devait rentrer de force dans ta caricaturale classification en six points des religions en fonction de leur degré d’acceptation de la FM.
Tu nous fais d’ailleurs l’aveu de cette contorsion lorsque tu écris, comme conséquence de la diversité des protestants et de l’absence d’église protestante avec un grand E que « Il nous fallait donc trouver une analyse critique de la FM de la part d'un auteur sérieux issu du milieu protestant ». Tu allais donc nous trouver un « docteur de la foi protestante » digne de nous éclairer sur la « position officielle ».
A ce stade nous craignons déjà de nous enfoncer dans les sables de l’approximation. Mais je garde espoir …
Pas longtemps. Car en fait d’auteur sérieux tu nous as surtout trouvé l’auteur idoine, en parfait accord avec les conclusions bien arrêtées dès avant le début de la rédaction de ton article et que tu empruntes au Monde des Religions : « Protestantisme : mitigé ».
Gagné ! C’est exactement la réalité pour les protestants ! Alors pourquoi avoir mis en avant une véritable caricature dans ton article ? Si tu savais le nombre de pasteurs sur les colonnes … C’est certainement la religion la mieux représentée dans nos temples ! Mitigé : c’est la réalité pour toutes les religions contrairement à ce que tu affirmes bien imprudemment dans ton article. Car si tu te concentres comme tu l’indiques sur la France, raison pour laquelle tu n’analyses ni l’orthodoxie ni le bouddhisme, il ne faut pas aller nous illustrer la position de l’Islam par les lois marocaines, les musulmans ne manquent pas sur les colonnes en France. Quant à la position des juifs, je ne vois pas en quoi un texte de circonstance te permet de généraliser. Et les catholiques, crois-tu en intéresser beaucoup ou nouer un dialogue avec eux en leur exhumant des bulles ?
On n’est bien loin de la recherche de vérité. D’ailleurs le site de la maçonne oscille en permanence entre deux colonnes bien à elle : une incontestable intention de chercher la vérité … malheureusement sabordée (chassez le naturel il revient au galop … même parfois en FM) par un irrépressible désir de distribuer bons et mauvais points aux uns et aux autres !

Nabucco 02/12/2016 21:21

MonTCF Vabadus une fois encore merci pour cet article fondamental
Personnellement je mettrais tous les fondamentalistes de toutes les religions dans le même sac.
Ils se reconnaissent aisément par leur intolérance et surtout par l'impossibilité qu'il y a de discuter avec des textes "sacrés " puisque c'est la parole de dieu ...Nigauds et pourquoi il y a eu tant de schismes ,tant de guerres "religieuses " de st Barthélemy ...La Chrétienté est très divisée , mais l'Islam encore plus ... ce qui explique une partie de l'immense bordel que l'on trouve en Syrie et dans tout le croissant fertile ...
La Fatwa contre la maçonnerie a une origine Wahhabite (islam de nos chers Emirs)qui est une école de pensée rigoriste du Hanbalisme qui lui même un rameau de Sunnisme ...mais dans ce courant de pensée il y a plus fort le Salafisme ... Objet aujourd'hui de toutes nos craintes .
pourtant il y a eu de grands Maçons Musulmans ...
il y en a un qui vient a l'esprit immédiatement notre F .°. l Émir Abdelkader Commandeur des croyants contre la soldatesque du général Bugeaud; il mena une guerre moderne et intelligente ... initié au GODF , retiré à Damas , défenseur des Chrétiens de Damas Abdelkader était ...soufi C'est à dire une branche de l'islam ésotérique et initiatique qui recherche l'amour de Dieu et la sagesse . Ils sont très reprisés par les sunnites .
Pourtant si vous dites à un jeune Beur qu 'Abdelkader était un F et un Soufi vous serez un menteur et je vous conseille de courir vite .
L'islam est très compliqué beaucoup trop compliqué pour ces jeunes pommés qui vont faire le djihad , et qui ne tolèrent que les idées simplistes
Kénavo

Brumaire 02/12/2016 19:10

Les rituels au DROIT HUMAIN sont issus du REAA, mais mon agnosticisme n'est pas du tout gêné par certaines références. Ces dernières ne sont pas que chrétiennes, mais issues de la Bible, (cette dernière antérieure au christianisme) et d'autres qui n'ont rien à voir avec le christianisme ou/et la Bible.
On en revient toujours aux mêmes choses: avec quels yeux doit-on lire un rituel? soit on prend les rituels comme des dogmes, des ordres, et donc, qu'on cherche en maçonnerie un substitut de religion, ou alors,
soit on prend les rituels pour des repères dans une réflexion, des occasions de se frotter aux mythes et de voir ce qu'on peut en retirer pour sa progression.

rudyard 01/12/2016 09:56

Pour notre frère Lionel : " Le nouvel archevêque de Canterbury a déclaré qu'il croit que la FM n'a pas sa place dans l’Église d'Angleterre etc.." Cet archevêque est le chef de l’Église anglicane et ne porte jamais de calotte. Pas de chance!
S§F

Lionel MAINE 02/12/2016 10:34

Thank you, Google translate!

Rudyard 30/11/2016 12:16

Concernant les rapports entre la GLUA et l'église anglicane, voici le point de vue officiel de l'archevêque de Canterbury :
From The Times
November 15, 2002
Masonry not fitting, says Williams
By Helen Daniel
THE new Archbishop of Canterbury has stated that he believes Freemasons have no place in the Church of England.
Dr Rowan Williams, who will be confirmed as the 104th Arcbishop of Canterbury next month, believes that Masonry is not compatible with the Christian faith.
He states that he has fought against their appointment to senior posts.
He expresses his doubts in a letter to Hugh Sinclair, who has been carried out long-term research on Masonry.
In the letter Dr Williams, who is currently the Archbishop of Wales, said: “I have resisted the appointment of known masons to certain senior posts.
“I have real misgivings about the compatibility of Masonry and Christian profession.”
It is believed that thousands of clergy and churchgoers are among the 350,000 British members of the Masons. Known links between
Known links between the two organisations date from the 19th century. In the 20th century several senior clergy were Masons but controversy arose in the 1960s as the organisation became viewed as a secret society that was possibly Satanically inspired.
The Freemasons of England denies that it is a secret society and says that it holds only private meetings.
Ainsi tout n'est pas aussi simple que l'on le croit en Angleterre.
Sincerely and fraternaly yours.

Lionel MAINE 30/11/2016 16:06

En français, cela donne quoi ?
D'avance, merci.

Condorcet 30/11/2016 11:19

Les religions ont en commun les interdits et la culpabilisation, sauf peut-être le Bouddhisme que je ne connais pas, et il en résulte une mauvaise conscience savamment entretenue par une culture religieuse très souvent au service de la morale du plus fort. Par ailleurs les hommes dans leur majorité cultivent le bovarysme c’est-à-dire le fait de se prendre pour ce qu’ils ne sont pas, il en résulte une forme de tricherie de soi vis-à-vis de soi qui engendre le port d’un masque associé à une mauvaise conscience réservée à ceux qui en ont une, car pour d’autres ils ne savent même pas ce que ce mot veut dire et leur absence de conscience devient un instrument de destruction des autres et aussi d’eux-mêmes.
La Franc-Maçonnerie permet de savoir qui l’on est. Cela n’a rien avoir avec la soumission, même si certaines obédiences ont tendance actuellement à se doter d’un corpus dogmatique (livre de la loi sacrée restreint, limitation de l’examen de conscience de soi sur soi restreint à une forme de pratique religieuse, etc), alors que la spiritualité maçonnique se devrait être l’opportunité d’une pure découverte de soi, d’appréhender les déterminismes qui nous travaillent, et à partir de cette mise à plat envisager le chemin qui mène à l’universel.
Si l’on veut une maçonnerie digne de notre nouveau siècle, si l’on veut attirer les jeunes, ce n’est pas en tentant de copier les religions qu’on y arrivera.

Asterix 30/11/2016 09:40

L'humanisme et ses ennemis

Publié par Gilles POULET

Si l'on considère où en est la notion même d'humanisme, on ne peut que constater que l'humanisme est devenu l'ennemi de bien des pensées dans l'air du temps. L'humanisme, pour tous les fondamentalismes religieux comme économiques, est considéré comme au mieux un obstacle, au pire une idée qu'il faut éradiquer toute affaire cessante.

Historique succinct.

C'est au 16è siècle que ceux qu'on appellera, après 1850, les humanistes se posèrent en prophètes d'une époque nouvelle porteuse d'une nouveauté révolutionnaire selon laquelle l'homme est au centre de toute chose, ce qui entraîna l'espoir de réformes radicales mettant en cause Dieu, la politique et le concept de citoyen, préféré à celui de sujet, le tout encouragé par la redécouverte des auteurs grecs enfin accessibles grâce, outre les intellectuels arabes qui les avaient conservés et largement commentés, à l'exode des intellectuels byzantins chassés de Constantinople par Mehmet II et réfugiés principalement en Italie. Il s'agissait de penser l'homme et d'agir pour lui en dehors de toute cosmologie, théologie ou de tout dogme préétablis, mais bien sur la base de sa dignité suprême et inaliénable.

Déjà les premiers, les Grecs avaient avancé l'idée selon laquelle l'homme serait une fin et non un moyen, ce qu’Érasme, « le prince de l'humanisme » confirma. Mais c'est au 18è siècle que se produisit la grande conquête humaniste grâce à des penseurs comme Kant qui préconisa « la sortie de l'homme hors de l'état de minorité où il se maintient par sa propre faute ». L'humanisme porte en lui la Raison comme l'arbre porte le fruit et la puissance de la raison appartient à l'homme, et à lui seul, car il est le seul être capable de manier raisonnement sophistiqué et symbolisation conceptuelle.

C'est à partir des Lumières, son incontestable fruit, que l'humanisme s'est peu à peu laïcisé, déniant à la théocratie, qui œuvre sournoisement auprès des monarques de droit divin, son implication directe dans le gouvernement des hommes et la prétention à l’exclusivité de la définition de la morale. L'humanisme est à la source de l'idée de séparation des pouvoirs civils et religieux.

On doit aussi à l'humanisme l’émergence de l'encyclopédisme, la foi en le progrès, une partie des idées qui débouchèrent sur la Révolution française, la naissance du mouvement ouvrier et ses luttes, mille autres choses encore qui marquèrent le besoin d'émancipation de l'homme enfin libéré, s'il le voulait bien, des contraintes religieuses et des systèmes aristocratiques de gouvernement. Naissance de la démocratie moderne.

Esquisse d'un bilan.

Après les déclarations jeffersoniennes, fondées sur les travaux de Locke, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 mena, non sans quelques vicissitudes, à la déclaration universelle du 10 mars 1948. C'étaient des textes audacieux certes, mais d'inspiration libérale car la propriété privée est au cœur de leur philosophie, ce qui ouvrit la porte aux théories individualistes et plus tard à la doxa libérale au sens économique du terme.

Il n'empêche, sans les droits de l'homme et sans l'humanisme, l'idéal républicain n'aurait pas pu voir le jour. Il faut toujours avoir à l'esprit que l'idéal républicain (notamment français) est l'incarnation de l'universalisme moderne qui ne reconnaît que des citoyens en charge de leur propre sort, mais aussi du bonheur commun. « Il n'y a pas de politique digne de ce nom qui ne se double d'humanisme » disait Albert Camus et « L'humanisme », renchérit Merleau-Ponty est « une philosophie qui affronte comme un problème le rapport de l'Homme avec l'homme et la constitution entre eux d'une situation et d'une histoire qui leur soient communes ». Toute croyance au progrès, le cœur de la doxa humaniste, est une illusion tant qu'elle propage une conception du monde unidimensionnelle dans laquelle la maladie, la vieillesse, la pauvreté, la paupérisation ne sont que des figures de rhétorique, dans laquelle l'homme est au service de l'économie et non l'inverse. Les raccourcis dogmatiques de l'économisme triomphant sont, de ce point de vue, le contre-pied de l'humanisme. Aujourd'hui, l'humanisme qui a forcément évolué, à la mesure de ses expériences, inclust sans se dégrader les notions de complexité et d'incertitude surgies des progrès de la science, mais reste attaché à la centralité de l'Homme.

Qui sont les ennemis et les adversaires de l'humanisme ?

On trouve, en cherchant bien de curieuses sorties telle celle-ci de Claude Lévy-Strauss dans « La Pensée sauvage » : « Nous croyons que le but dernier des sciences humaines n'est pas de constituer l'homme, mais de le dissoudre » et les théories et recherches menées sous le générique « d'homme augmenté ou de transhumanisme » ne semblent pas le contredire ; assurément, elles ne font pas partie du corpus humaniste. C'est une idole du 20è siècle, John Kennedy, qui fit cette admonestation fort parlante quant à l'idée qu'il se faisait de la « gouvernance » des hommes : « Ne vous demandez pas ce que l'Amérique peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour l'Amérique ». La négation kennédienne quant à la solidarité de l’État protecteur envers ses citoyens renverse la conception de la société moderne républicaine où les solidarités passent de la verticalité clanique à l'horizontalité sociétale, transcendent la naissance, les origines, la fortune, en un mot fondent la citoyenneté : l'art du vivre ensemble comme on dit maintenant.

Le recentrage sur le moi unique, l'exaltation de l'individualisme, portés par les théories des néoconservateurs, sont mortels pour l'Autre devenu transparent, accessoire, potentiellement dangereux, voire inutile. Voilà le fondement de l'anti-humanisme aujourd'hui triomphant et porteur de cette horreur sémantique qu'est la gouvernance, ce drôle de mot issu de la logorrhée managériale, qui prétend gérer les hommes comme des marchandises ou des biens, c'est à dire pour le seul profit.

Le tout économique est l'anti humanisme par définition car il renvoie l'Homme à sa dimension exclusivement utilitariste, à l'homo œconomicus : ouvrier, consommateur/consumateur ( ah ! les joies de l'obsolescence programmée), ressource humaine enfin. Renversement, là encore, du paradigme : l'Homme devient ressource pour l'économie, quasiment hypostasiée, alors qu 'auparavant on voyait l'économie comme pourvoyeuse de ressources pour l'Homme...

Cette déshumanisation qu'on doit à des Thatcher, des Reagan et aux think tanks telle l'école de Chicago et leurs tristement célèbres programmes d'ajustement structurels – les médicaments qui tuent - a montré son inanité et sa violence, à conduit la mise au pas de peuples entiers au nom du sacro-saint libéralisme économique qui n'est, le plus souvent, que le moyen d'asservir les humains aux impératifs du nouveau dieu, de sa catéchèse et de son clergé : l'ultra libéralisme économique, pourfendeur de l'humanisme et destructeur des sociétés fondées sur l'entraide et la solidarité.

L'humanisme, ou ce qu'il en reste, est en grave danger de disparition au profit... du profit et d'une idéologie de mépris de ce qu'est l'Homme en sa singularité et en ses aspirations légitimes. Il est désormais considéré comme un facteur parmi d'autres d'ensembles économiques déshumanisés.

On ne serait pas complet si l'on taisait – par charité ? - nos vieux adversaires cléricaux qui jamais ne désarment. Dieu n'est que le prétexte aux pires délires de gens préoccupés de pouvoir et de domination, malhonnêtes et manipulateurs dont on peut se demander sans rire si eux-mêmes croient en leurs fariboles. Fariboles qui leur font dire que Dieu entend régenter la vie des hommes de la naissance à la mort et qu'Il leur en a confié l'exécution. On sait ce qu'il en a été, ce qu'il en est et ce qu'il en sera : les horreurs, les meurtres, les sévices et les tortures accompagnent depuis toujours ces saints hommes qui n'ont parfois plus grand chose d'humain. La seule évocation de l'humanisme est pour eux une insulte.

Gilles Poulet

Lionel MAINE 30/11/2016 08:13

"A bas les calottes" !!!