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La Maçonne

Critica Masonica n°7

abolition de l'esclavage (1794)
abolition de l'esclavage (1794)

Critica Masonica - cette excellente revue que je vous présente régulièrement – démontre à nouveau avec son dernier numéro – le n°7 - chiffre ô combien symbolisant la maîtrise - que ce que nous appelons la maçonnologie est riche en source et en analyse tout en étant inépuisable.

Avec ce 7ème numéro, l'éditorial précise que cette revue indépendante souhaite s'ouvrir sur la franc-maçonnerie étrangère. Ayant déjà lu des articles qui ne s'arrêtent pas à l'hexagone, je peux simplement dire qu'elle continue à s'ouvrir sur d'autres champs d'études y compris les plus inattendus. L'histoire des rituels étant toujours à l'honneur, c'est – pour ce numéro – l'occasion de travailler sur les sources du REAA. Ce qui fait de Critica Masonica une revue de grande qualité est qu'elle n'aborde pas des sujets « classiques ». C'est encore vrai pour ce numéro, qui nous présente tout autant de sujets transversaux – véritable somme de connaissances concrètes – sur la franc-maçonnerie.

Afin de vous éviter un article-fleuve dont j'ai le secret, j'ai décidé de vous présenter ce numéro en plusieurs fois.

  • « La guerre civile de 1936-1939 et l'exil maçonnique espagnol » par Adrian Mac Liman est le premier article qui ouvre ce numéro 7 de Critica Masonica. Il s'agit pour l'auteur de présenter une franc-maçonnerie espagnole alors qu'elle fut certainement celle qui fut le plus longuement persécutée en Europe. La première loge en Espagne fut fondée en 1725, par des britanniques, avec le duc de Wharton comme véritable investigateur. Fondée en 1780, le premier Grand Orient d'Espagne se trouva entre les mains de Joseph Bonaparte, à la fois Grand Maître du GODF et roi d'Espagne. Il quitta son trône en 1813. Fernidand VII de Bourbon, nouveau roi d'Espagne, commença ce qui s'avéra être une persécution et l'exécution de francs-maçons, qui ne trouvera qu'un moment de répit fin du 19ème siècle sous la seconde République. La guerre civile trouve ses origines avec la montée du fascisme, reprenant les positions conservatrices dont l'Eglise d'Espagne n'est pas étrangères, et surtout Franco, individu obscur et complexe qui avait une dent personnelle contre la franc-maçonnerie. Il a présenté, en effet, plusieurs fois sa candidature. Elle a été refusé autant de fois. Le régime franquiste interdit la franc-maçonnerie, exécuta plusieurs centaines de francs-maçons, conduisit de nombreux espagnols à fuir leur pays. L'auteur présente une Espagne secouée par une guerre civile, maintenue jusque dans les années 1975 par une dictature. Il évoque les positions ambiguës de l'Europe mais aussi de nombreuses obédiences vis-à-vis des réfugiés espagnols et francs-maçons.
  • « Genèse du rituel du REAA de 1740 à nos jours – 1ère partie : 1740-1875 » de Philippe Michel. Philippe Michel est connu pour être co-auteur d'un livre sur le rite français « Rit français d'origine 1785, dit Rit Primordial de France ». Il nous présente, dans cet article, une première partie d'une recherche sur les textes sources du REAA (grades bleus). Comme le titre ne l'indique pas, tout commence avec les « Anciens » au début des années 1760 avec deux manuscrits « Jakin & Boaz » et « Trois coups distincts ». L'auteur nous expose les différentes évolutions du rite dit des « anciens » et ce qui conduisit à la création de ce que nous connaissons comme étant le REAA en 1829. Ce travail nécessaire permet de suivre clairement la naissance de ce nouveau rite du début du 19ème siècle, laissant de côté bien des fantasmes à son sujet.
  • « Le 9ème maître : analyse historique et symbolique d'un épisode rituélique « perdu » de l'élévation au grade de Maître (1763 – 1813) » par Ludovic Jeanne. Suite à la découverte d'un passage important dans un rituel de 1788 et apparaissant aussi dans le catéchisme du rite, Ludovic Jeanne présente dans cet article l'enquête qu'il a mené pour tenter d'expliquer ce passage particulier ainsi que les raisons qui ont fait qu'il a été effacé de notre corpus symbolique. Rappelons qu'en 1785, le GODF figeait ce que nous appelons le « Rite Français » (Régulateur du Maçon de 1801), sans que ce passage dit du « 9ème maître » apparaissent, bien que l'auteur le retrouve dans le manuscrit du Marquis de Gages de 1783. Ce dernier est un intime du Comte de Clermont, devenant ainsi Grand Maître Provincial de la Grande Loge de France pour les Pays Bas Autrichiens. Quelques années plus tard, il devint Grand Maître Provincial pour la Grande Loge de Londres. Que fait ce 9ème maître, qui le distingue des huit envoyés par le Roi Salomon à la recherche d'Hiram ? Que signifie ce passage ? Et surtout pourquoi a-t-il été perdu ? Ce sont les questions auxquels Ludovic Jeanne à souhaiter répondre pour notre plus grand plaisir.
  • Nous n'allons pas (vraiment) quitté le REAA et l'histoire du rituel avec cet article de Jean-Pierre Bacot « Saint-Domingue, lieu de perdition pour maçons célèbres et de gloire à venir pour les oubliés ». Il s'agit pour l'auteur d'un devoir de mémoire que nous nous devons contre l'esclavage et la traite des noirs. Si plusieurs maçons ont pris parti pour l'abolition, comme Etienne de Polverel – premier abolitionniste en France avec son compagnon Santhonax en 1793, il y a nos « grandes figures » qui se sont montrés peu enthousiastes, voir même ont participé à la répression de la révolte des esclaves. Ainsi, Jean-Pierre Bacot présente Etienne Morin que nous considérons comme le père fondateur du REAA, Grasse-Tilly qui s'est plaint d'avoir perdu ses 200 esclaves, Bacon de la Chevalerie – frère fondateur du GODF – qui sera responsable du maintien de l'ordre d'une partie de l'Ile, et Martines de Pasqually – Ils sont présentés un peu trop facilement comme des « aventuriers », mais en ce temps-là, ceci revêtait des formes sanglantes que nous ne pouvons ignorer alors que, par ailleurs, d'autres militaient pour l'abolition de l'esclavage. La révolution haïtienne a débuté en 1791 et a pris fin en 1803. La traite des esclaves a fait plus de 11 millions de victimes, dont l'essentiel durant la seconde moitié du 18ème siècle. 20 000 esclaves étaient livrés, par an à Saint-Domingue.

Vous pouvez trouvé la totalité de la table des matières de ce numéro de Critica Masonica sur son blog, Pour celles et ceux qui découvrent cette revue, je souhaite rappeler qu'il s'agit d'une revue indépendante, initiée par la seule volonté d'une poignée de soeurs et de frères.

Vous pouvez aussi lire d'autres articles "inédits" sur ce blog.

Critica Masonica n°7

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