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La Maçonne

A la BnF, un colloque unique s’est déroulé …

A la BnF, un colloque unique s’est déroulé …

Je vous avais informé d’une série de conférences et tables rondes – à dimension internationale – qui s’est tenu les 29 & 30 mai 2015 à la Bibliothèque Nationale de France (Paris) intitulé : World Conference on Fraternalism, Freemasonry & History - http://lamaconne.over-blog.com/2015/05/les-29-30-mai-a-paris-world-conference-on-fraternalism-freemasonry-history.html

Ce colloque étant une première, mon article ayant été mis en ligne par les organisateurs en tant que « programme français », deux bonnes raisons pour m’y rendre.

Bien sûr, les spécialistes français étaient présents : Roger Dachez, Pierre Mollier, Hervé Hoint-Lecoq, Dominique Sappia, Louis Trébuchet, …J’ai eu le plaisir de serrer la main à mon « héroïne », l’universitaire américaine Margaret Jacob.

J’ai regretté, cependant, l’absence de nos sœurs universitaires, elles aussi auteures d’ouvrages et de nombreux articles.

J’ai suivi deux conférences. Celle de Jean-Michel Mathonière, spécialiste pour ne pas dire un érudit de l’histoire du compagnonnage. http://compagnonnage.info/blog/blogs/blog1.php

A la BnF, un colloque unique s’est déroulé …

La 2ème conférence à laquelle j’ai assistée m’a confirmé la nécessité de mettre en place de toute urgence un team féminin et féministe intitulé « la franc-maçonnerie féminine et mixte expliquée aux universitaires étrangers par des sœurs françaises ».

Cette dernière conférence avait pour thème la franc-maçonnerie allemande et plus exactement l’anti-maçonnisme. Elle présentait plusieurs études à dimension historique dont le nazisme. L’un des intervenants a attiré plus particulièrement mon intention. Andreas Onnerfors, en effet, présentait le décodage du manuscrit « le Copiale » (seul mot en clair).

Il fut découvert en Allemagne de l’Est. Jusqu’en 2011, son codage, mélangeant des caractères latins, grecs, symboliques et géométriques était considéré comme incassable. Il le fut par une équipe d’universitaire composée de linguistes et d’informaticien.

L’événement a été relaté dans plusieurs articles scientifiques, créant le buzz dans le petit monde de la science. Le texte obtenu est rédigé en vieil allemand. http://www.futura-sciences.com/magazines/high-tech/infos/actu/d/informatique-code-copiale-manuscrit-mysterieux-decrypte-informatique-34266/

J’ai trouvé des versions en ligne de ce texte en allemand moderne et en anglais.

Ce manuscrit daterait de 1760-1780. La société secrète, en question, existerait suivant le conférencier depuis 1740. Le contenu de ce manuscrit en n’est pas moins intéressant. Il s’agit d’une société secrète « l’ordre oculiste » dont la structure des rituels et de la démarche est proche de la franc-maçonnerie, voir même a repris de nombreux éléments de la franc-maçonnerie.

Ainsi, on peut lire une description d’un autel des serments. Sur celui-ci, on trouve les constitutions de l’ordre, une bible ouverte au 7ème chapitre du Livre des Rois, un goniomètre (en optique, appareil à mesurer les angles lumineux), une boussole et deux bougies.

Le rituel d’initiation, la composition d’une loge sont de même présentés. On y découvre aussi deux choses : cette société secrète était mixte et l’histoire de son existence est relatée. Elle reprochait à la franc-maçonnerie anglaise d’exclure les femmes d’où la décision de sa fondation.

Pour le conférencier, ce dernier point est la preuve que cette société représentait l’anti-maçonnisme du 18ème siècle. Moi, j’appelle cela du féminisme.

Le manuscrit Copiale est, à mon avis, la description d’une maçonnerie mixte. On peut d’ailleurs faire un parallèle avec les loges d’adoption françaises qui existaient à la même époque, aussi mixtes et tout aussi égalitaires dans les rôles hommes/femmes que cette société.

Je souligne, non sans plaisir, l’ironie de la situation. Ce texte codé mondialement connu appartient à une maçonnerie allemande dite de Dames du 18ème siècle.

Un prochain colloque de cette dimension internationale est prévu courant 2017. C’est assez de temps pour proposer une équipe et rappeler quelques principes féministes de base …

Lilithement vôtre,

A lire aussi au sujet de cette conférence, l'article de Roger Dachez - ici - http://pierresvivantes.hautetfort.com/archive/2015/06/01/en-revenant-de-la-bnf-5632525.html

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Personne 08/06/2015 18:33

A quoi bon débattre par blog interposé ? Que "Christophe" vienne voir par lui-même et on en parlera.

Christophe 09/06/2015 15:18

J'y compte bien :-)
Hier j'étais très exactement en face, de l'autre côté de la rue, en train de faire passer des examens. Entre deux trams, je jetais un regard, mais sans succès.
J'ai bien essayé de tambouriner aux portes rouges sombres, tapies dans l'ombre, mais elles étaient closes et de toute façon cela ne se fait.
La vraie question est: à la salle humide à l'entrée, y a-t-il de l'Orval ?

Christophe 07/06/2015 08:08

Nous sommes à une semaine du superbe colloque de Paris, d'une belle conférence sur le manuscrit copiale, dont Pierre Mollier avait dévoilé, dans une très belle synthèse, des éléments majeurs dans une publication de janvier à FM-Mag.

Mais reprenons la rencontre La Fayette qui est fort importante par ses perspectives et les posts ci-dessous.

Je ne reprendrai pas les éléments de polémique, mais le fait, comme cela est souligné, qu'une partie des archives maçonniques belges, parmi les plus anciennes, se trouvent dans une structure "régulière à l'anglaise" qui a 35 ans d'existence, dont la loge la plus ancienne a peut-être 50 ans et qui regroupe environ 7% de la maçonnerie de ce pays.
Cette structure maçonnique-là a-t-elle les capacités de gérer cette masse d'archive. Apparemment non, sinon quelques éléments spectaculaires (rituels à l'origine du REAA, etc.) Y a-t-il un catalogue de ce qui s'y trouve? Je n'en connais pas. Tout a-t-il été dépouillé? Il semblerait que non. Les conditions d'archivage sont-elles bonnes? Poser la question c'est y répondre, etc. Les pérégrinations de ces archives pour aboutir là sont curieuses et propre à l'histoire des disputes de la maçonnerie belge.

Dès lors, on peut espérer, à l'exemple de ces rapprochements de respect mutuel entre la GLNF et le GOdF, à travers la rencontre La Fayette de fin de ce moi de mai, que les responsables de la rue Royale auront une approche plus scientifique, ouverte et respectueuse des archives dont ils ont le dépôt, à l'image de ce que nous a offert la France en cette fin de mois de mai.

Car l'impression que j'ai, concernant ces archives importantes pour la Belgique maçonnique, comme pour la France, c'est celle du bricolage, somme toute d'amateurs, au cas par cas, soumis à la bonne volonté de l'un ou l'autre, même si par ailleurs d'excellents auteurs "réguliers à l'anglaise" en ont fait leur bonheur.

Personne 06/06/2015 07:18

Les archives du SCPLB conservées dans le bâtiment de la GLRB sont disponibles à qui en fait la demande. Elles ne sont ni familiales ni personnelles, mais le dépôt de près de 200 ans d'existence. Christophe connaît l'adresse.

Personne 05/06/2015 18:16

Commentaire inutile.
Les archives de la rue Royale sont ouvertes à qui en fait la demande (plusieurs en en déjà fait la demande).
"Christophe" est un pseudo aussi peu transparent que "personne". J'ai déjà proposé à ce "Christophe", inconnu, de parcourir les quelques centaines de m qui séparent la rue de Laeken de la rue Royale.

Christophe 05/06/2015 08:26

Cette petite discussion montre bien où le bas blesse. L'information existe mais bien peu semblent capable de la partager. Il y a encore des archives, notamment familiale. Mais sous des prétextes divers, elles sont, soit inconnues, soit impossibles d'accès.
Et il est des documents à la garde de ... "personne"!
"Personne" a bien choisi son nom d’emprunt! Il sait certaine chose, il en fait étalage, mais il ne les partage pas utilement, il est "personne" comme tant d'autres.


Au-delà des coups de gueule, je remercie ces vrais SS et FF qui savent partager et pour qui j'ai le plus grand respect. Frank du Cedom dont les archives sont scannés, classés, et surtout entièrement disponibles. Lorsqu'il peut, par ses contacts, avoir un document particulier, il le fait et ainsi des chercheurs de toute l'Europe et plus loin encore le reçoivent. Il en est de même avec Pierre Mollier et les archives du GOdF, et heureusement de bien d'autres. J'avais écrit un jour à une GL américaine pour un chapitre se trouvant dans un ouvrage rarissime et ancien qu'elle avait produit en son temps: voilà-t-il pas que le préposé à la bibliothèque m'envoie, des EU, l'ouvrage en toute confiance. Et finalement me dit qu'il en a 2 doubles encore et que je peux remettre mon exemplaire au Cedom, ce que j'ai fait.
J'ai plusieurs fois écris à Alain B qui commet parfois de coup de gueule d'un genre particulier:il m'a toujours répondu et aidé lorsqu'il le pouvait.

Heureusement que ces "personnes-là" ont un nom qu'ils honorent. Et heureusement qu'ils sont plus nombreux que ce que l'on pense. D'autres chercheurs sur l'histoire de la Franc-maçonnerie m'ont à chaque fois répondu, que ce soit par exemple Jan Snoek ou Jeffrey Tyssen, ou même notre aîné Guy Schrans dont le livre reste un monument pour la FM belge.
(Perso, je ne suis pas historien et mes contributions valent ce qu'elles valent, ce qui donne d'autant plus de mérite à ces vrais historiens d'avoir correspondu avec moi).

Ces événements à Paris, soit elles sont sources, (et c'est légitime), de fierté, de cocorico (!),mais cela n'a pas beaucoup d'intérêt et rendra cet événement sans suite, (et/ou) soit ils sont une véritable impulsion à la recherche maçonnique et on doit remercier les organisateurs qui n'ont pas ménagé leurs peines, leurs heures, leurs passions, leurs déceptions et leurs joies. Je me réjouis de pouvoir lire, comme pour Onnerfors, les contributions des différents participants: cependant sur la méthode, il y a là quelque chose à réfléchir.

Onnerfors a utilisé Researchgate comme un des véhicules pour rendre disponible sa contribution. Il en existe d'autres. Ces auteurs (allemands, américains, ...) sont bien plus en avance que nous dans ces techniques de diffusion de l'information.

Nous avons encore, pour nos techniques de diffusion, tant de choses à mettre en place et nous sommes une fois de plus distancés. J'espère donc que ce moment particulier de Paris, splendide, sera aussi une occasion pour réfléchir et améliorer notre maîtrise de la diffusion d'information (et que celles et ceux qui se nomment "personne" deviennent de plus en plus rare) !

Alors le séminaire privé autour des manuscrits Francken, la beau colloque à la BnF, la rencontre "La Fayette" qui ont fait de Paris la capitale de la Franc-maçonnerie pour un moment, n'aura pas été en vain.

Personne 03/06/2015 16:25

"Un exemple, pendant des mois, quasi un an, j'ai essayé de trouver le Triple Tau de Draffen. J'ai écrit une quantité de courriers, de téléphones, etc. J'ai à chaque fois trouvé porte close, en ce compris l'Écosse. A croire que pour ceux qui le possédait, c'était devenu un secret, un pouvoir occulte. Finalement un F ami et régulier de chez régulier en avait une copie et m'en a envoyé un scan. Je lui en suis toujours très reconnaissant."

Chercher le "Triple tau", écrit par George S. Draffen, published by the Supreme Grand Royal Arch of Scotland (W.A. Laird, grand scribe E.), 1955 (réimprimé en 1956) ? Rien de plus simple pour qui connait la maçonnerie belge.
Suffit de s'adresser à la GLRB qui en possède plusieurs exemplaires.

Christophe 03/06/2015 20:07

J'avais demandé, sans réponse ... Mais heureux de savoir qu'il y en a là !

Christophe 03/06/2015 09:43

Pour ce qui est de la conférence de Onnerfors, voici son texte. La date qu'il donne au manuscrit est autour de 1745.
http://www.researchgate.net/profile/Andreas_Oennerfors/publication/277232599_Unveiling_the_Copiale-manuscript_layers_of_fraternalism_ritual_and_politics_in_eighteenth_century_Germany/links/5564967d08ae94e957204d15.pdf

Christophe 03/06/2015 08:52

Le manuscrit Copiale est un prodigieux document. Je le pensais des années 1740, voilà qu'on le vieillit.
Les versions allemande et anglaise existent et l'on peut travailler dessus :-) Malheureusement, une version française est en cours et sera payante (publié en livre à peu d'exemplaire ...). Cela fait penser à la revue Heredom: très cher!

C'est une vaste discussion qui touche désormais également la recherche maçonnique, mais que je connais bien ailleurs, dans mon métier ... de chercheur universitaire! (dans une autre branche)

Il y a évidemment un peu de tout, mais on peut schématiser ainsi:

Des maisons d'édition font payer des prix astronomiques pour leur revue et attirent les auteurs dont la notoriété permet un double jeux financiers d'éditeurs-auteurs. Ils sont peu lu, concernent des domaines financièrement porteurs, lu seulement par une frange de chercheurs appartenant à des Universités qui peuvent dépenser plusieurs millions d'euro par an pour ce type d'abonnement. (c'est l'exemple d'Heredom)

Puis il y a une littérature scientifique (open acces) où ce sont les auteurs qui payent pour être publié. Ils sont beaucoup plus lus (les impacts factors sont mécaniquement meilleurs) .Certaines Universités favorisent cela, au détriment de leur abonnement fortement coûteux: dès lors certains articles hors de prix qui sont indispensables à la recherche, sont alors à la charge du chercheur et de son équipe.

Il y a des Universités, surtout américaines, qui mettent en ligne la recherche de certains de leur collaborateur. Elles deviennent en quelque sorte leur propre éditeur et leur coût diminue. Cela fonctionne bien pour les grandes Universités, mais pour les autres ...
Là Google Scholar devient interessant: on y trouve de tout, du meilleur au pire, mais avec un peu de temps on peut trouver, car là se trouve cette littérature scientifique! Paradoxe où la plus grande qualité côtoie le pire! La methodo de recherche bibliographique devient dès lors de plus en plus complexe.

Heureusement, il y a encore toute une série de revues très intéressantes, les premières dans leur catégorie, à prix abordable, comme Renaissance Traditionnelle, AQC, ... Vont-elles pouvoir résister? On doit l'espérer.

Puis il reste la solution, parfois praticable, de s'adresser directement à l'auteur pour recevoir un "tiré à part". Parfois/souvent cela fonctionne ! Une fois de plus, le quidam qui demande à moins de chance de recevoir que la notoriété, alors que le besoin est inverse. J'ai ainsi des articles, impossible d'accès, avec une dédicace tout à fait amicale de chercheurs de qualité :-)

Lorsque l'on fait de la recherche, le problème principal est le plus souvent l'accès aux données, aux sources originales (c'est un problème en fait systématique). On ne peut pas publier en laissant de côté des sources essentielles, même si au final elle ne seraient pas utilisées dans la publication. Or en milieu universitaire, l'adage est toujours bon: publish or perish. Un exemple, pendant des mois, quasi un an, j'ai essayé de trouver le Triple Tau de Draffen. J'ai écrit une quantité de courriers, de téléphones, etc. J'ai à chaque fois trouvé porte close, en ce compris l'Écosse. A croire que pour ceux qui le possédait, c'était devenu un secret, un pouvoir occulte. Finalement un F ami et régulier de chez régulier en avait une copie et m'en a envoyé un scan. Je lui en suis toujours très reconnaissant.