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La Maçonne

Le body painting, ce « ni nu, ni vêtu ».

Le body painting, ce « ni nu, ni vêtu ».

Le « body painting » - entendre en français la peinture sur corps – est issus de coutumes tribales qui furent quelque peu détournées par des artistes. Y voir une signification symbolique et philosophique, pourquoi pas ? Or, cela n'en demeure pas moins – et pas plus – une des formes d'expression artistique contemporaine. Le principe est l'oeuvre éphémère – à moins que l'oeuvre ne soit pas nécessairement la peinture sur le corps, mais le corps lui-même, mis en valeur par la peinture. Pour aller plus loin, on peut parler de transformation du corps, de transmission d'un message dans lequel l'humain serait au centre. L'être humain au centre, c'est d'ailleurs tout le débat de la nudité … et, à notre époque, personne ne s'offusque plus des camps de nudistes. Enfin, je le croyais.

Aussi incroyable que cela puisse paraître aux dévots et dévotes, coincés et coincées, le « body painting » ne consiste pas à peindre uniquement le corps, mais se contenter d'une main ou du visage. La performance artistique n'est pas de peindre un corps en entier. Ainsi, la nudité toute relative du body painting n'est pas un des principes, voir une nécessité, ni même ce qui est recherché, ni même ce qui est obtenu. Qui ne connaît pas les mains ou les pieds peints au henné ?

Nudité relative, bien sûr. Qui peut vraiment y voir un corps nu ? « Ni nu, ni vétu » serait le résultat précisément symbolique de la peinture sur corps.

Le nu – qui quant à lui est complètement nu – est, dans l'expression artistique, particulièrement courant et toujours ré-inventé. Les « nus » symbolisaient au Moyen-Age la mortalité de l'être humain et le péché originel comme «interdit », alors qu'à l'Antiquité, pour les grecs, il représentait un idéal de beauté. Le nu apparaît à toutes les époques … et dans toutes les formes picturales et statuaires.

Le body painting, ce « ni nu, ni vêtu ».

Depuis quelques temps, sur le blog hiram.be de Géplu, une polémique est ouverte sur une initiative lors des « Imaginales d'Epinal » : un body painting sur une femme. Certains et même certaines s'en offusquent y voyant (à ma grande surprise) le corps des femmes avilies. C'est absolument méconnaître les messages véhiculés par le body painting et comment celui-ci est utilisé par les femmes – elles-mêmes - A moins que les francs-maçons soient trop connectés à facebook (qui censure les œuvres, y compris classiques, de nus) et infectés par celui-ci, cette soudaine poussée de pudibonderie chez nos contemporains est à la fois amusante tout autant qu'alarmante.

Nouvelle Guinée (peinture sur corps)
Nouvelle Guinée (peinture sur corps)

L'un des groupes féministes les plus habitués au body painting est les Femen – décriée pour leur nudité quelque peu armée et violente – considérant que le corps d'une femme n'est pas un objet – peinte de messages. Juste accessoirement, les Femen militent contre la prostitution et, en particulier, la traite des femmes. Ils seraient ainsi plus judicieux pour ces nouveaux défenseurs de la cause des femmes de s'en inspirer (merci).

Avant les femen, c'est en 1929 que des milliers de femmes aux seins nues, nigérianes, ont défilés protestant contre l'Empire Britanique. En 2000, ce sont des vieilles femmes au Kenya qui ont ainsi défilées. Au Centrafrique, cela se passe en 2014, des centaines de femmes ont défilé les seins nus pour dénoncer les violences entre les musulmans et les chrétiens, ayant fait plusieurs morts et blessés. http://www.centrafrique-presse.info/site/info-societe-6552.html

La nudité n'est avilissante que lorsqu'elle devient marchandise sexuelle, prostitution de l'image, chosification du corps, mais pas lorsque cette nudité est un témoignage de l'humanité, de l'égalité des femmes – voir même des hommes – La nudité rappelle que c'est nu que l'être humain né – nu, rouge, fripé et braillant –

Une autre initiative de body painting concerne la lutte contre le cancer du sein, première cause de mortalité en France pour les femmes. http://www.gentside.com/body-painting/etes-vous-obsede-par-les-bonnes-choses_pic27571.html

Le body painting est une approche esthétique qui n'a pas non plus pour but de considérer que certains corps sont plus beaux que d'autres. Il n'est nullement une manière de mettre les canons d'une beauté contrairement aux nus grecs de l'Antiquité en avant. C'est, du moins, le message que souhaite faire passer une jeune anglaise de 22 ans Jody Steel.

Le body painting, ce « ni nu, ni vêtu ».

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Brumaire 13/06/2016 16:03

Ma chère Maçonne,

Pour moi, mais ce n'est que mon avis, le corps d'une personne est aussi sacré que son esprit, ce qui veut dire ''on n'y touche pas''. Si on est capable de peindre n'importe quoi sur un corps,on peut être capable de faire tout autre chose, et de baptiser cet autre chose du nom qui convient pour être complètement dans la ligne actuelle, à savoir faux-cul et ainsi, se dédouaner par avance sous le prétexte de faire et produire une "oeuvre d'art"
Il se trouve que les "circonstances" sont un fait aggravant.
Lorsque je lis les explications du président des Imaginales ésotérico etc...et qu'on prend connaissance des écrits de la prof de philo spinalienne qui se fend d'un article long comme un jour sans pain, mais hors sujet pour les deux, les bras vous en tombent: pas de réponse aux questions, fuite en avant philosophico-ethnique (recalés d'avance à l'épreuve de philo du bac): ils peinent tous deux à justifier l'injustifiable, et surtout pas admissible en maçonnerie. Car cet exercice, a t-il seulement une raison d'être? sinon à prendre, une fois de plus, la femme pour une ravissante idiote, sinon à tourner en dérision et dévoyer les symboles maçonniques qui n'ont pas besoin de ça dans les divers contextes actuels, et tu en sais quelque chose.
La maçonnerie n'avait pas besoin de cette publicité-là, et la dignité du corps humain en a pris un sérieux coup.

La Maçonne 13/06/2016 18:04

Je dois t'avouer que je ne suis pas arrivée au bout de cet article .... (de philo). Comme je considère que la maçonnerie, ce n'est pas de la philo - je n'ai pas fait l'effort ... et quant à celui de l'organisateur (président), je n'ai pas compris ce qu'il voulait dire. (et dire que l'on se plaint de la longueur de mes articles!)
A te lire, on devrait leur conseiller de changer de ligne de défense !

Pour revenir à ton argument de sacralisation de l'être humain. D'ailleurs, dans la nuée des commentaires, l'un d'entre eux parlent du temple "sacré" qui est l'être humain. Un maquilleur maquille et pas que le visage ... hommes et femmes (pour des photos, au cinéma, par exemple). Est-ce que l'on parle de mépris du corps dans ce cas? Pour moi, ce body painting est du maquillage ...
Tu as raison sur un point : mettre des symboles maçonniques tout partout n'est pas de la franc-maçonnerie. C'est comme ceux qui font des planches wikipédia et qui glissent "franc-maçonnerie" une fois ou deux pour faire bien.
On peut donc dire que la prestation artistique est loupée puisqu'elle ne suscite pas de sentiments "d'élévation" comme le ferait une peinture ou une bonne musique dans une thématique qui devrait l'être.

Pour ce qui est de la ravissante idiote, cette jeune femme n'a pas été "obligée". Ce n'est pas une image "plaquée", une pub pour un yaourt, etc. Elle s'est déplacée et s'est laissée maquillée ... Il y a un moment où les femmes sont responsables d'elles-même, de leur corps comme de leur esprit.

Brumaire 12/06/2016 21:57

Quitte à me faire brocarder, je pense qu'un temple maçonnique, -qui n'est pas plus sacré que ma cuisine lorsqu'on n'y fait pas de tenue-, n'est pas l'endroit pour cette ''publicité maçonnique''.
Est-on sûr que les frères du staff organisateur étaient d'accord pour cette opération?
Comme on sait que la loge qui est partie-prenante de cette manifestation n'est pas mixte, je m'étonne alors qu'''on'' ait choisi une femme pour support de cette ''oeuvre'': et pourquoi pas un homme?
Je ne suis pas pudibonde pour 3 sous -2, c'est pas assez-, mais le corps, pour moi,n'est pas un support, il peut inspirer, mais le fait d'être lui-même support, comme une toile ou un papier photographique, n'a plus le même sens.
Les Femen ou les Nigérianes sont dans un combat: elles utilisent leur corps (à elles, pas celui des autres), pour mener ce combat, montrant par là que leur corps est à elles seules, pas à tout le monde, et qu'elles entendent en être libres. Ce n'est pas du tout la même chose que ce qui s'est passé à Epinal en mai dernier. On peut toujours ''philosopher'' pour se justifier, mais cette jeune femme non maçonne, sans doute consentante, a été utilisée, exposée, comme une bête de foire, ou comme les esclaves du temps jadis.
Et les symboles maçonniques n'ont rien à faire dans cette manifestation de ce que d'aucuns appellent ''art''. Yaka, des maçons se font tatouer des équerres et des compas, soit, mais c'est sur leur propre corps qu'ils le font, pas sur celui des autres: c'est Leur problème perso -entre nous, il faut qu'ils se rappellent leur engagement en se le faisant tatouer?, ils ont peur de l'oublier, ou alors ils font de l'exhibitionnisme?- alors que cette opération de peinture spinalienne de mauvais goût est devenue notre problème.
J'imagine les réactions de certains maçons hommes, ou de profanes, toujours hommes, qui ont vu cet étalage maçonnique hétéroclite sur un corps féminin, pensant davantage à ''L'Origine du Monde'' entre les ''colonnes'', qu'au sens de ces mêmes colonnes dans leur temple.

La Maçonne 13/06/2016 11:24

Ma chère Brumaire,
Ceci signifie surtout que ce sont les "circonstances" qui sont en cause, comme le regard des spectateurs potentiels qu'ils soient profanes ou maçons - plutôt que la peinture elle-même (même si ton analyse sur le corps-support est intéressante - elle l'est aussi dans un sens plus positif : le corps-matière n'est-il pas support de l'esprit-énergie créative? On peut en faire un sujet de planche!)

Pour les circonstances, ladite loge masculine ne s'en explique pas (du moins, à part une analyse philosophique d'une soeur) - quant au regard potentiellement, il s'agit effectivement de l'écueil de ce qui fait un "art" un art, ou une chose de mauvais goût ou sans intérêt.
C'est vrai pour le body painting (dans ce cas ou dans d'autres) comme dans d'autres formes d'art (cinéma, photographie, peinture, etc).

YaKa 12/06/2016 20:48

Je pense aussi que certains ont profité de l'occasion pour taper sur le clou en rappelant que cette dame était invité ( exhibée ) dans une obédience masculine, question de bien justifier leur coup de gueule.
Que l'on aime pas le body-painting, soit ... des maçons se font tatouer des équerres et compas et cela ne choque pas.
Que l'on aime pas le style de l'artiste, soit ... chacun est libre de ses goûts artistiques.
Si le mdoèle était d'accord pour le faire sans contrainte, cela reste de l'art ( ce ne doit pas être sa première prestation ).

Par contre si les FF se sont transformés en bavants libidineux en ne cherchant que les mamelons de la dame ou quelques poils au tablier, là, on peu estimer que c'est raté.

Mais surtout, surtout, si on n'aime pas, on ne regarde pas et on passe son chemin.

A quand un Chippendale boby-painté lors d'un convent de la GLFF ? MTCS Anne, si tu es virée avant, tu risques de rater cet événement.

La Maçonne 12/06/2016 21:08

Mais non ... il n'y a pas que la GLFF .... au monde!
On peut organiser cela à la GLFB!

La Maçonne 12/06/2016 17:03

Je le pense aussi - 357 - que certains ne doivent pas se marrer tous les jours.
Dans le fond, le problème est aussi une absence de sensibilité artistique ... ou alors de rester sur des images pieuses et pudiques comme le fait très bien le vatican.

357 12/06/2016 10:29

Enfin une réaction intelligente ! Moi aussi, je suis sidéré par cette polémique ridicule montée en épingle par des grincheux et des grincheuses. Y en a quand même qui ne doivent pas rire tous les jours...

Schiffer, William 12/06/2016 07:24

Très bonne analyse, ma Maçonne ...
Ce qui prouve qu'un vrai Maçon réfléchit avant, avant de donner son opinion ...