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La Maçonne

#StopLoiSecuriteGlobale : vers une crise politique.

Il ne s'agit pas seulement de dénoncer des actes de quelques policiers isolés que rien – mais vraiment rien – n'excusent.  Il ne s'agit pas seulement de faits de "brebis galeuses". 
Une vidéo prise par un voisin de « Michel » montre, par ailleurs, entre 10 et 15 policiers. Ils ont assisté aux violences commises contre  Michel, ce producteur de musique forcé de sortir de son propre studio à coup de bombes lacrymogènes, comme contre les jeunes dont un mineur, qui ont été interpellés sans motif – à part d'être là.  

Mettez le son à fond. Vous entendrez ce qu'est d'être frappé et maintenu à terre par six individus pour qu'un policier (en civil) puisse tabasser.  Ce policier a tapé si fort qu'il s'est plaint ensuite s'être fait mal à la main. 


Voilà ce qu'est la police en France.  
Voilà ce que sont ceux qui sont censés de protéger les citoyens. 
Voilà ce qu'est le racisme dans les rangs de la police nationale. 
 

 

C'est une affaire "George Floyd" française - la mort en moins - et au vu des coups reçus, de l'acharnement de ces policiers, on se demande presque comment il y a survécu. 

C'est de la violence d’Etat. Une violence contre les citoyens, une violence organisée et institutionnalisée par Emmanuel Macron et ses deux anciens ministres de l'Intérieur Christophe Castaner et Gérald Darmanin. 

Sans cesse, à la moindre image,  les uns et les autres ont nié l'existence de ces violences qui demeurent impunies. Cela malgré les alertes d'associations internationales de défense des Droits Universels, de la protestation générale des citoyens français et de la dureté des images. 

Dès lors, elles ne relèvent plus d'actions de quelques individus isolés – mais de la responsabilité du Président de la République, du gouvernement et du ministère de l'Intérieur.  Ce ne sont pas leurs cris d'indignation d'aujourd'hui qui effaceront les mois de dénis et leur laxisme coupable. 

Encore maintenant, la déclaration de Gérald Darmanin "qui se félicite" sans prendre en compte la victime, celle de Christophe Castaner qui ne mentionne même pas les policiers, et le message de Emmanuel Macron qui "demande au gouvernement de faire rapidement des propositions" sont très loin de ce que l'on peut attendre comme réponse au vu de la gravité de la situation. 

L'article 24 de la loi « Sécurité Globale » veut interdire la diffusion de ces vidéos, menaçant quiconque filment de telles violences. 
 

 

La loi a été votée en première lecture à l'Assemblée Nationale en procédure accélérée. Le texte va – donc -  passer entre les mains du Sénat. Ce dernier va donner ses recommandations et renvoyer le texte à l'Assemblée Nationale. S'il y a désaccord entre les deux chambres, une commission paritaire est mise en place pour trouver un compromis.
Si le compromis est impossible, c'est l'Assemblée Nationale qui a le dernier mot. 

Les débats ont été réduit au maximum. La commission des Lois présidée par Yaël Braun-Pivet n'a pas  pris la peine de consulter les différentes organisations syndicales et de défense des droits humains. Avant d'être voté par l'Assemblée Nationale, Jean Castex a bricolé un amendement  à l'article 24, refusant de le retirer et de prêter attention aux différentes organisations et institutions de défense des droits universels. 
Bref, tout le monde peut s'interroger concernant la sincérité de Jean Castex lorsqu'il annonce la création d'une commission (!) pour réécrire l'article 24. 

Les réactions n'ont pas tardé.  Le soir même, les députés LREM se disent franchement fâchés se sentant « contournés » - bon, en français, on dit court-circuités -  
C'est d'ailleurs assez amusant de lire cette brutale prise de conscience des députés LREM. J'ai l'impression d'assister à un moment historique. 
 


Une commission ne pourra que dire – si elle fait son travail – ce que l'ONU, la défenseuse des droits, la Commission Européenne, Amnesty International, et une multitudes d'autres intervenants  ont déjà dits. 
La liberté de la presse est un concept connu en France depuis 1789. Par ailleurs, la question que soulève la loi « Sécurité Globale » n'est pas fondamentalement complexe. 

Ce n'est pas la première fois que les députés LREM sont ridiculisés par le gouvernement. On se souvient de la proposition de l'allongement du congé après le décès d'un enfant mineur qui a été rejeté par les députés LREM. Ils avaient suivi les recommandations du gouvernement, la plupart sans lire et étudier le projet, se ridiculisant et choquant les citoyens.

La France, comme de nombreux pays, traverse une crise de représentativité. Nos élus – et cela peut être le président de la République - ne représentent pas les citoyens.

Toutefois, imposer une « commission indépendante » pour une loi qui est dans le circuit législatif n'est pas que se moquer des députés LREM mais enterrer le principe de la Vème République basé sur la représentation parlementaire et la séparation des pouvoirs entre le législatif (le Parlement) et l'exécutif (le gouvernement).  
Plus qu'un autre, Jean Castex risque d'être considéré comme le fossoyeur de la Vème République. Par ailleurs, cette « commission indépendante », comme toute commission de ce type, ne représente pas plus les citoyens – qui  sont toujours écartés des décisions législatives. 

Bref, Castex, croyant jouer au malin, a convaincu ceux qu'ils étaient inutile de convaincre, car considéré comme non-représentatifs, tout en réussissant à énerver les députés LREM qui, eux-mêmes, doutent de leur représentativité. 
Au lieu d'avoir un seul feu à éteindre, il en a maintenant deux : la colère générale liée à la loi « Sécurité Globale » et celle des députés de la majorité.
Accessoirement, il s'est mis à dos les députés « Les Républicains », du groupe « Agir », du MoDeM et, pour terminer cette liste, ceux de l'extrême-droite.  Ils avaient déjà les 104 qui ont voté contre cette loi. Ce qui au bout du bout est autant ballot que dangereux. 

Il n'a pas fallu beaucoup de temps à Castex pour comprendre qu'il se fourvoyait. La fameuse commission censée réécrire l'article 24 n'a pas tenu 24 heures. Un record historique ! 
 

Cette loi "Sécurité Globale" et les violences policières de ses derniers jours deviennent une crise politique dans un pays qui sort à peine d'un confinement.

 

 

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Valérie 28/11/2020 20:22

Nous attendons depuis plusieurs années le communiqué des obédiences maçonniques contre les violences policières. Je me suis dite : bon là, il y aura une réaction. Même pas ! C'est une honte! une véritable honte ! Dire que je verse plus de 300 € pour une obédience qui n'est même pas capable de sortir trois mots contre ces horreurs !

hector 28/11/2020 11:09

PROBLÈMES de la police
- Le recrutement: il y a trop de racistes
- La formation: comment arrêter ou neutraliser sans blesser ?
- L'encadrement: Que fait et que dit la hiérarchie ? ? ?