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La Maçonne

Le Grand Prieuré des Gaules : quand la franc-maçonnerie devient religion.

Le Grand Prieuré des Gaules est une obédience qui se définit ainsi (déclaration de principes d'avril 2005) : 
« Le Grand Prieuré des Gaules, organisation maçonnique et chevaleresque, a pour fondement la Foi en Dieu.  Ses membres professent la religion chrétienne et portent partout où ils se trouvent son message. Sa mission spirituelle est de permettre à l’Homme, par l’initiation maçonnique, de retrouver sa nature originelle divine par une réalisation personnelle maçonnique, puis chevaleresque.
 L' Initiation maçonnique, par sa doctrine, par le travail symbolique et par la pratique quotidienne des vertus, procure à ceux qui la reçoivent les moyens de retrouver cette dimension divine primitive.
 La Voie chevaleresque fait de ceux qui s’y engagent des Chevaliers du Christ au service des hommes pour faire régner la justice.
 » 

Elle compterait environ 35 loges pour un effectif total d'à peine 700 membres. Officiellement, elle indique 50 loges et 1000 membres. 

Correctif sur les effectifs : Les effectifs étaient bien de 700 membres jusqu'en 2009 mais serait entre 300 et 400 membres aujourd'hui. 


Se définissant « franc-maçonnerie chrétienne », elle n'accepte donc que des chrétiens – ou, suivant ces propos des « chrétiens en devenir ». Or, dans les faits, si elle accepte des hommes (uniquement des hommes) d'autres religions, ceux-ci sont interdits de passer dans les grades au-dessus du 4ème degré. Certainement parce qu'ils ne finissent jamais par devenir totalement chrétiens aux yeux de ses dignitaires.  


 Fondé en 1935, le Grand Prieuré des Gaules fut intégré en 1958 à la GLNF. Cette dernière a fini par rompre ses relations avec celui-ci en 2000. Les motifs de cette séparation sont assez nébuleux. Il apparaît que ce Grand Prieuré, (qui est le système de hauts grades du Rite Ecossais Rectifié) avait décidé de prendre une complète autorité sur les loges bleues (la Grande Loge). Ce qui est contraire aux règles de régularités anglaises. En effet, pour la GLUA, les loges bleues doivent être indépendantes de tous systèmes de hauts grades. Cependant, vu ce que je nommerai ses "spécificités", il semblerait que la GLNF a eut le nez creux pour cette fois-là. 

En 2000, encore, le Grand Prieuré des Gaules signa un traité d'amitié avec tout d'abord la Loge Nationale Française (LNF), un an avant le GODF alors qu'Alain Bauer en était le Grand Maître et organisait un "Grand Prieuré" de son côté.  Le site du Grand Prieuré des Gaules indique un accord avec la GLDF. 

Le Grand Prieuré a, tout naturellement, perdu ses relations avec les grands prieurés réguliers. Il appartiendrait par ses relations amicales avec des obédiences de la famille "libérales" à celle-ci. 

Or, depuis 2012, des frères du Grand Prieuré des Gaules dénoncent une dérive sectaire et religieuse de cette obédience, la création d'une aumônerie (avec un Grand Aumônier) et une confusion de genre entre religion et franc-maçonnerie. Le Grand Prieuré des Gaules, micro obédience, n'apporte pas grand chose au paysage maçonnique français à part d'être l'exemple de ce qu'est une franc-maçonnerie qui veut se substituer aux religions. 

A lire : Si Fodieris Invenies : l'imbroglio du RER.

Si vous êtes un homme – si possible blanc – chrétien et êtes à la recherche d'un gourou, c'est exactement ce qu'il vous faut. 

Il est impossible, d'ailleurs, d'avoir une conversation censée - c'est-à-dire sans se faire insulter - avec qui que ce soit - même avec Roger Dachez - lorsqui'l s'agit du Grand Prieuré des Gaules. Ceux-là débarquent sur leur grand destrier le glaive de la justice à la main ...  "Dieu reconnaîtra les siens" pourfendant la menace à l'aide d'injures et d'invectives, d'ailleurs peu originales et manquant singulièrement de créativité. Au débat "plus chevaleresque" que "martiniste", je dirais que moins chevaleresque que cela, c'est pas possible de la part de ces "membres" ou des "alliés" du Grand Prieuré des Gaules. 

Ainsi, donc, du fait de l'absence de réponses faites en toute intelligence, sans être entrecoupées de "t'es nulle, obtuse, inculte" et même "faible d'esprit", "tu ne comprends rien" ou encore m'accusant "de proximité avec la GLNF", il ne m'est guère possible d'indiquer dans cet article la version (ou les réponses) de l'autre partie. Ces insultes sont indiqués, dans le désordre et appartiennent à différents auteurs.

Ces réactions ont fait suite à mon article "Bible ou pas bible" (ici) sur les réseaux sociaux. Certains disent que l'on ne fait pas de franc-maçonnerie en "virtuel", cela se confirme. A moins que les mêmes se comportent ainsi en loge !

Celles et ceux, qui me lisent, savent que ce n'est pas les insultes - un peu plus, un peu moins - qui va m'arrêter ! Or, par expérience, je sais que ce type de réaction est symptomatique de deux choses : soit on craint que je mette le nez dans les affaires de ce "grand prieuré" - ce qui signifie qu'il y a effectivement quelque chose à en dire et qu'ils le savent très bien - soit j'ai touché malencontreusement plutôt juste ... En effet, lorsque quelqu'un dit quelque chose de faux, pour une raison ou une autre, un franc-maçon comme une franc-maçonne, explique en quoi cela l'est en toute tranquillité sans passer directement par la case "invective". 

Voici, rien que pour vous, une enquête de « la Maçonne » . 

Quelques mots sur le martinisme. 

Du martinisme, on peut lire tout et rien de franchement clair. C'est pourquoi je vais m'essayer à en expliquer le principal objectif. 

Martines de Pasqually a proposé une relecture de la Bible en gardant des fondements chrétiens, alors que Louis de St-Martin estimait qu'être catholique n'était qu'un point de départ pour devenir « chrétien ». A part cela, la démarche elle-même est loin de pouvoir être qualifiée de religion et, comme vous allez le constater, la qualifier de chrétienne est une vue de l'esprit. 

Le martinisme est un ésotérisme à part entière et qui, comme dans tous ésotérisme propose une méthode pour l'amélioration de soi et/ou de l'humanité. L'ésotériste est à la fois le chercheur - le cherchant -  et le cobaye.  Si vous préférez, il mène les expériences sur lui-même. Pour Martines de Pasqually, il s'agissait de permettre à l'être humain de retrouver son état originel avant la chute, c'est-à-dire de devenir un homme-dieu ou homme-divin. Définition faite d'Adam "fait à l'image de dieu" pris - disons-le - un peu trop au sens littéral, mais bon pourquoi pas. 

L'autre personnage important est, bien entendu, Jésus, fils de Dieu. Son existence biblique (et chrétienne) prouve qu'être homme-divin est tout à fait possible pour n'importe qui. Bien sûr, les martinistes peuvent discuter -  sur la "nature divine", ce qu'est "le fils de dieu" mais aussi sur l'époque. Jésus ayant été crucifié montrerait que l'époque ne se prête pas vraiment à devenir "homme-divin". Ceci conduit assez naturellement à développer un ésotérisme de désespérance et une critique sur la modernité. Bien entendu, les martinistes ne sont pas tous désespérés ! Le danger du martinisme est, aussi, de se croire appartenir à une élite, être "un élu en devenir" ...  Or, d'une part , le peuple élu est les juifs - ce qui explique un antagoniste entre chrétiens et juifs - et d'autre part, comme je le disais plus haut, un ésotérisme est de chercher ... et lorsque l'on trouve, suite à ses expériences (et donc si par hasard on devient homme-dieu), on refile la méthode à tout le monde. Vous pouvez lire éventuellement cet article publié sur le blog "Myosotis Dauphiné-Savoie" mais je vous promet que je développerais plus longuement une notion capitale "la place de l'humain en ésotérisme". 

En gros, il ne s'agit pas d'entrer en dévotion et soumission avec dieu, encore moins en religion, mais de se hisser, par différents moyens, au niveau de dieu. 

Les moyens sont l'alchimie, la magie et des rituels dits « occultistes », un peu plus complexe que de faire tourner des guéridons, mais c'est l'idée générale.

Willermoz a fait des apports personnels à la méthode. Franc-maçon, vénérable en 1752, il intégra au martinisme, la Stricte Observance Templière (ou inversement) pour créer ce que nous connaissons sous le nom de Rite Ecossais Rectifié.

Le Manuscrit d'Alger attribué à De Grainville par Georges Courts dans son livre « Le Grand Manuscrit d'Alger » décrit différents rituels. Ce manuscrit a été déposé par Robert Ambelain à la BnF. Georges Courts décrit, dans son livre, un martinisme "opératif" tel qu'il fut pratiqué par Martines de Pasqually et les hommes du 18ème siècle. Ce manuscrit est intéressant pour proposer différents rituels et un enseignement. 

Pour des cérémonies (fêtes des St-Jean, par exemple ou encore Pâques) des messes sont prescrites à des fins purificatrices. Suite à celles-ci, les frères retournent dans le temple, mènent un rituel précis (assez similaire à ceux de la franc-maçonnerie) avec des prescriptions comme les tenues (habillés de blanc, sans une seule touche de métal, ….).

Pour une cérémonie de magie (ou occultisme) se devant appeler un esprit, les prescriptions sont d'être sans souillures (abstinence, jeûne) durant 9 jours, lavé, confessé et communié. Il faut de l'eau bénite par un prêtre – qui comme on le sait en livre par hectolitre –  connaître l'hébreux, maîtriser la symbolique des nombres (qui est expliqué dans ce manuscrit). Il est prévu des invocations des anges (ce sont les esprits que l'on souhaite atteindre), quelques prières, des consécrations de cercles, des exorcismes …. Le tout dure plusieurs jours. Un chapitre est consacré aux "visions". Après neuf jours de jeûne, le risque est d'en avoir. 

Je vous ai présenté ceci, à titre d'exemple, afin de bien montrer que la notion même de « chrétien » est, disons-le, une vue de l'esprit et comme tout ésotérisme, certainement pas à prendre au pied de la lettre – comme d'ailleurs pour tout ce qui touche à un ésotérisme. Depuis quand les francs-maçons se coupent la gorge ? 

Néanmoins, le martinisme définit un sur-homme, égal au dieu chrétien. Ce qui fait de ce dernier un être parfaitement accessible et définissable. L'homme-divin (l'avenir de l'humanité, donc) possède diverses qualités : immortalité, vie sans maladie et souffrance, connaissance de l'univers et des secrets de la création, etc. Ainsi, dire que c'est chrétien est une vue de l'esprit. Aucune religion chrétienne n'accepte de telles croyances. Il s'agit en effet d'un début - d'un moyen d'accès magique -  mais pas une finalité. Plus clairement, l'homme divin n'est pas amener à devenir "chrétien" mais à boire le thé avec dieu (même si rien ne prouve que dieu aime le thé).

L'apport de Willermoz est d'avoir réussi le tour de force de transformer un rituel martiniste (qui par ailleurs s'organise autour de degré et fonctionne au même rythme que la franc-maçonnerie) en un rituel maçonnique à part entière. Il a réussi, là où Martines de Pasqually avait échoué, infiltré la franc-maçonnerie. Certains membres de quelques grands prieurs s'interrogent même s'il ne faut pas séparer la "part maçonnique" du RER .... pour un retour "aux origines du rite". Je leur en souhaite. 

Willermoz a ainsi établi un rituel reposant sur une doctrine - qu'il a lui-même définit. L'initié est un cherchant. C'est-à-dire qu'il est amené à qui on ne prodigue pas un enseignement prédigéré mais, bel et bien, des outils ou des fondamentaux lui permettant de chercher. La doctrine de Willermoz repose sur les trois piliers  suivants : l'homme originel, la chute (perte de la qualité de l'homme-divin) et la réintégration (l'homme-divin). Autrement dit, on peut parler d'âges de l'humanité (nous serions qu'au second âge). 

Il est évident que je ne parle pas du martinisme de Papus, utilisant à dessein un document "source". De même, on peut nuancer la relation martinisme/RER, du fait, simplement qu'étant un ésotérisme "libre" comme on l'imagine, rien n'indique que Willermoz a suivi la voie exacte de Martines de Pasqually. De nombreux spécialistes disent d'ailleurs le contraire. Je vous invite aussi à lire l'excellent livre de Gael Carnini sur les rites méconnus que je vous présente dans cet article

Il n'est pas, non plus, dans mon propos de défendre la bataille "cheveleresque contre martinisme" - à savoir si le RER est un ordre plus "chevaleresque" que "martinisme" ... je n'aurais pas assez d'un blog pour cela ! - mais de défendre la franc-maçonnerie qui fait de ses membres des hommes libres de penser, de ressentir, d'imaginer et de vivre leur propre démarche .... même au RER ! Ce qui n'est pas le cas dans ce Grand Prieuré des Gaules. On va voir comment et pourquoi. 

Des dignitaires peu recommandables.  

L'actuel grand maître est Bruno Arbatenti depuis 2009. Son nom est d'ailleurs la contraction de son nom d'initié, autrement dit un pseudonyme. Ce qui personnellement ne me dérange pas, mais je sais par expérience combien certains et certaines ne le supportent déjà pas d'un blogueur et surtout d'une blogueuse ... alors d'un grand maître !

Auparavant, l'homme-clef de ce « Grand Prieuré » était Jean-Marc Vivenza. Ce qui ne change pas grand chose au fond idéologique de ce « Grand Prieuré », les deux hommes sachant se distinguer, chacun à leur manière. 

Etrangement, ni le GODF, ni la GLDF et encore moins la LNF n'ont réagi, en 2014, à la lecture du discours du  Grand Maître Arbatenti faisant suite à sa réélection. En sus des habituelles méthodes gourouisantes, il est aussi reproché à ce grand maître, qui se proclame seul représentant de Jésus-Christ sur terre, d'user et d'abuser d'injures et invectives diverses contre ce qu'ils considèrent être ses "opposants".
 
De même, ces mêmes obédiences auraient peu s'inquiéter aussi de la présence de Jean-Marc Vivenza, ex-membre de la « Nouvelle Droite », fin admirateur du nazi et ésotériste Julius Evola. Jean-Marc Vivenza, était membre, en 1989, du groupuscule identitaire « la Troisième Voie », qui venait de se séparer du GUD,  aux côtés de : Jean-Gilles Malliarakis, président, Christian Bouchet, secrétaire général adjoint puis quelques mois après secrétaire général, Jean-Paul Baron et Bertrand Burgalat

Stéphane François, dans sa thèse de doctorat en Sciences Politiques (Lille II) "les Paganismes de la Nouvelle Droite" (dont vous pouvez trouver les 483 pages ici), précise : 


« La Nouvelle Droite est assez bien implantée en Europe. Ainsi, elle existe en Suisse, à Genève, avec le Cercle Thulé fondé en 1983 et inspiré par le séminaire Thulé de Pierre Krebs.
Son discours est païen et révolutionnaire conservateur : c’est une antenne de Synergies Européennes de Robert Steuckers. Il a organisé un colloque consacré à Julius Evola en 1998, 
« Julius Evola 1898-1998 : Eveil, destin et expériences de terres spirituelles », auquel participent des intervenants issus du pôle traditionaliste de la Nouvelle Droite : Claudio Mutti, Christophe Levalois, Jean-Marc Vivenza, David Gattegno et Jean-Paul Lippi. Le Cercle Thulé a aussi organisé en 1987 et 1988 les rencontres « Lugnasad », en référence à une fête celte dédiée au dieu solaire Lug. Toujours dans ce pays, il a existé le Cercle Proudhon, proche du G.R.E.C.E. selon Pierre Milza. Ce dernier a organisé plusieurs séminaires et colloques à
l’université de Genève entre 1985 et 1988. Il a disparu en 1990
. » 

Plus loin, on peut lire  : 
« La récupération et la déformation des idées, est particulièrement visible dans le cas des nationalistes révolutionnaire et des identitaires. Le cas du magazine identitaire et nationale 
révolutionnaire Réfléchir et Agir, fondé en 1993 par Eric Lerouge, qui se considère comme membre de la « Nouvelle Droite païenne1 » est à ce titre symptomatique. Ce magazine se pose en défenseur de la civilisation européenne et promeut l’idée d’un grand ensemble européen « blanc » de Brest à Vladivostok, « avec des idéaux socialistes et païens», et promeut un racialisme hérité de H. F. K. Günther. Les théories néo-droitières y sont simplifiées à
l’extrême. Malgré tout, un nombre important de néo-droitiers historiques y participent ou accordent des entretiens : Guillaume Faye, Pierre Vial, Jean Mabire, Alain de Benoist ou encore Jean Haudry, ainsi que des éléments venus dans les années quatre-vingt : Jean-Marc Vivenza, Arnaud Guyot-Jeannin, Bernard Marillier ou Bruno Favrit, légitimant à leurs yeux
leurs positions. Le ton de cette revue est particulièrement violent et raciste. L’ancien S.S. Robert Dun y a participé à tous les numéros jusqu’à sa mort. De fait, cette revue se situe dans l’héritage de la frange radicale de la Nouvelle Droite, celle du courant völkisch, racialiste, qui prône un ethno-différentialisme proche de l’apartheid, et national révolutionnaire incarné par
Terre et peuple et Robert Steuckers. Elle développe aussi un discours aux sous-entendus antisémites : elle défend entre autre, le Suisse Gaston Armand Amaudruz, néo-nazi notoire3 et Jean Plantin, un éditeur négationniste français. Elle soutient aussi le néo-nazi et négationniste proche de la Nouvelle Droite, Olivier Mathieu. 
» 

En filigrane, on peut ainsi comprendre que Vivenza, soit en intégrant des groupuscules identitaires, soit en participant à des revues, partage des opinions racistes mais aussi fut proche de mouvements néo-nazis. Son actuelle (et toujours) admiration pour Julius Evola, antisémite, qui a rejoint Hitler, est la base de sa "démarche".  

Dix ans plus tard, Vivenza était à la tête du Grand Prieuré des Gaules. Son idéologie de fond n'a semblé nullement dérangé ses « frères » et les grandes obédiences qui ont reconnu ce "grand prieuré".

En 2011, il publia une "Histoire du Grand Prieuré des Gaules" aux éditions du  Simorgh, la maison d'édition qui publie aussi les Cahiers Verts, publication de ce même Grand Prieuré. On le trouve aux côtés de Roger Dachez et de Jean-François Var pour des colloques comme par exemple ici, ou encore donnant des conférences dans des Salons du Livre comme par exemple au 9ème aux côtés du même Roger Dachez. 

En 2012, sous l'influence de Jean-Marc Vivenza, le Grand Prieuré des Gaules connut sa énième scission (je n'ose même pas en faire le décompte!) pour fonder : le Directoire National Rectifié de France. Un combat de coqs a suivi. Il n'est nullement reproché à Vivenza - visiblement le meneur de cette scission - son éventuel attachement à l'extrême-droite mais de n'être pas assez "chrétien" et de refuser de se plier aux dogmes chrétiens.

Il faudra attendre la publication de Critica Masonica (ici) et les travaux de Stéphane François dont j'ai cité les extraits de son doctorat, pour comprendre les dérives d'extrême-droite d'une partie de la franc-maçonnerie française, à laquelle s'inscrit en bonne place Vivenza et, avec lui, le Grand Prieuré des Gaules en totalité ou en partie, reconnu par le GODF et la LNF, reçu par la GLDF, lui donnant des lettres de noblesse "maçonnique" dans la famille "adogmatique". 

 

Rectificatif au 3 octobre 2017 au sujet de Jean-Marc Vivenza: 

Ce rectificatif est, en quelque sorte, un droit de réponse étant fondé sur des éléments sérieux et donné, non pas par Jean-Marc Vivenza, mais par deux frères.  

Jean-Marc Vivenza a quitté le miliieu d'extrême-droite il y a 30 ans, soit en 1991. Il est âgé aujourd'hui de 60 ans (né en 57) ce qui situe son engagement entre ses 20 et 30 ans. Un engagement de jeunesse n'est pas ineffaçable, m'explique d'ailleurs ce frère. 

Il a théorisé son éloignement politique "l'apolitia" afin d'engager une réflexion purement métaphysique. (voir sur sa fiche wikipédia en cliquant ici). 
 « Il rompt avec cet engagement politique, lors de la scission de Troisième Voie en août 1991, théorisant cette décision qui conduisit à la fondation du Pôle philosophique Hélios. » 
 « Ayant perçu cette origine de la tendance au « nihil », notre décision fut d’abandonner tout but positif extérieur rendu irréalisable, non pas parce que cette époque serait celle de la « dissolution générale », mais parce qu’il était nécessaire de comprendre que la détermination au négatif est inscrite, depuis toujours, dans l'Être […] « l’apolitia » s’imposa à nous donc comme règle […] en tant qu’attitude constante de présence au monde et discipline de vie, loi spirituelle et voie ontologique. » (Vivenza, Raisons d’une nécessaire rupture idéologique avec le Nationalisme-Révolutionnaire, § 8.5 « La mort de la politique »
», F.E.R.,‎ octobre-novembre 1991, p. 14).

Ce frère ajoute par ailleurs :" En conclusion, ce n’est donc pas un « crypto-fasciste » qui a participé à la gouvernance du GPDG de 2004 à 2012, mais quelqu’un qui avait clairement pris ses distances avec le milieu politique pour s’investir dans une recherche métaphysique et ésotérique portant sur les sources de l’illuminisme maçonnique. Donc considérer que le GPDG est une structure extrémiste par la présence de Vivenza est une exagération qui est à la limite de la calomnie et de la diffamation. D’autant plus que Vivenza s’est séparé du GPDG, et nous avec lui pour constituer le Directoire National Rectifié de France, précisément à cause de la dérive dogmatique que prenait cette structure, ce qui nous est apparu inacceptable et que nous reconnaissons avec toi bien volontiers."

Un autre frère souhaite préciser encore : " On trouve dans un texte rédigé par Vivenza, daté d’octobre / novembre 1991, une critique radicale des positions idéologiques, où il explique pourquoi l’action politique n’a plus aucun sens.
Je cite : « La politique n’est plus aujourd’hui qu’une enveloppe, un habillage trompeur d’un pouvoir effectif qui lui est le véritable maître du destin collectif (…) se situer sur le terrain du combat politique est à présent soit la preuve d’une incompréhension profonde de la nature du système, ou plus encore une absurdité totale (…) la nation et la politique constituent deux splendides cadavres qu’il convient d’incinérer au plus vite ... » (J.-M. Vivenza, « Raisons d’une nécessaire rupture idéologique avec le Nationalisme-Révolutionnaire », Oct. Nov. 1991).
On ne saurait être plus clair.


Et la fin du paragraphe annonçait ce qui allait être le passage vers une conception purement métaphysique : « La conscience (…) instrument et vecteur du devenir incarne comme depuis les origines la perspective de l’être, ce qui lui confère une importance fondamentale dans le processus transformateur (…) la subjectivité au lieu d’être subordonnée à l’histoire, y est englobée au même titre que l’événement historique. C’est pourquoi on peut considérer la conscience non comme un simple reflet du développement dans l’histoire, mais bien au contraire, comme son agent réel de transformation. C’est un changement radical d’attitude face à un changement radical des données objectives qui caractérisent la période. » (J.-M. Vivenza, op.cit., Oct. Nov. 1991).


On comprend donc en quoi, avec un tel discours qui était, non seulement une critique directe mais également l’exact contre-pied des positions qui appelaient à l’action militante politique, Vivenza se séparait du milieu idéologique de sa jeunesse, pour s'investir dans la recherche métaphysique et initiatique et produire les ouvrages que nous connaissons, qui sont une source importante de références pour les chercheurs et initiés."  Fin du rectificatif

 

Ces nouvelles données montrent (surtout) la complexité du débat concernant l'orientation politique de Vivenza - au moins pour ce qui le concerne personnellement.

Or, on verra que l'après 2012 - l'après scission de ce Grand Prieuré ouvre à une entrée en religion de ce dernier, entrée organisé par son Grand aumônier. Eléments que personne ne semble savoir nier ou défendre.  


 
 

Le fond de commerce du Grand Prieuré. 

On l'aura compris : deux tendances émergeaient au sein du Grand Prieuré, une « païenne » que l'on pourrait qualifier d'adogmatique – avec les limites vivenziennes -  et l'autre religieuse. C'est la religieuse,peu humaniste et tout aussi extrême-droite, qui est restée.

En 2012, il fut mis en place une aumônerie. Oui, vous avez bien compris … une aumônerie. J'ai dégoté rien que pour vous le texte du Grand Aumônier, répondant à la controverse interne qui a  justifié de nombreux départs de frères. 
Dans son article , ce grand aumônier réduit des passages de lettres de Willermoz à une incompréhension générale. Lorsque l'on se frotte au personnage, on découvre assez rapidement qu'il n'y a que lui qui comprends tout. 

Pour ne citer qu'un passage de ces courriers de Willermoz : 
"  « Du moment qu'on mêlera la religion à la maçonnerie dans l’O. symbolique on opérera sa ruine ; je la vois même se préparer en plusieurs endroits par la multiplicité peu sévère [...] et par le zèle imprudent qui en vue du bien du prochain se livre a l'esprit de prosélytisme ; pour faire préférer notre régime nous mettons à découvert ses principes et son but particulier, nos discours oratoires deviennent des sermons, bientôt nos Loges deviendront des églises ou des assemblées de piété religieuse.... [...]
Ce danger mon ami qui peut paraître chimérique est bien plus prochain qu'on ne pense, si on n'y met promptement ordre....
»" (Lettre de Willermoz à Bernard de Türckheim (1752-1831), du 3 février 1783,  in Renaissance Traditionnelle n°35, juillet 1978, p. 179). 

Ce qui ne signifierais pas – et c'est là toute la magie de la religion – ce que cela veut dire.  Willermoz avait vu plutôt juste en imaginant cette transformation du RER.  Il n'avait, d'ailleurs, même en son temps, rien inventé.  Oswald Wirth disait peu ou prou la même chose (lire cet article). Ce dernier, pour ceux qui ne le savent pas, était le secrétaire de Stanislas de Guaïta, co-fondateur de la société martiniste animée par Papus. 

On trouvera amusant, aussi, et un peu facile la référence au  Code Général des Règlements de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, arrêté au Convent National des Gaules tenu en novembre de 1778 (!) qui indique : « Les Chevaliers réguliers, [..], recommandent en particulier l’amour des bonnes moeurs et d’une religion douce, bienfaisante et tolérante, remplissent les fonctions ecclésiastiques dans les cérémonies de l’Ordre, et veillent à l’observation du culte divin et d’une Sainte discipline dans les asiles, hôpitaux d’orphelins et autres hospices fondés par l’Ordre. » ou d'autres passages faisant référence à des « prieurs ». Or, nul part dans ces extraits d'articles de 1778, il n'est évoqué la présence d'une aumônerie et d'aumôniers qui surveilleraient la bonne compréhension dogmatique des religions chrétiennes.  
J'ai trouvé, par ailleurs, cette autre justification succulente : 
"[Ajoutons, pour l’histoire, que Willermoz avait recruté en particulier plusieurs chanoines-comtes du chapitre de la cathédrale de Lyon ; ainsi Guillaume de Castellas (Guillelmus a Lumine), Marie-Agathange de Bernard de Montessus de Rully, Henry de Cordon (Enricus a Griffone alato), César de Clugny, Anne-Hérard de la Magdeleine de Ragny… (J. Beyssac, Les chanoines de l’Eglise de Lyon, Lyon, P. Grange & Cie, 1914).]"
Or, c'est oublier la place de l'Agent Incconnu – qui était une femme – pour l'histoire … Ce qui me semble suffisant pour ouvrir les portes du Grand Prieuré aux femmes. Le GODF comptait sur ces colonnes à la même époque des religieux, prêtres et chanoines. Ce n'est pas pour autant qu'il ouvre une « grande aumônerie ». 

Quant aux rôles de cette aumônerie : « Les champs d’action de l’Aumônerie sont : 

  • les cérémonies religieuses des Ordres de Chevalerie 
  • la bienfaisance et la charité chrétienne au sein et à l’extérieur du Grand Prieuré des Gaules ;" (Livre VII, Titre 1)
  • l’enseignement des principes spirituels des Ordres, en particulier la doctrine de la religion et de l’initiation chrétiennes.

Charmant. Ces frères ont ainsi droit à un surveillant du dogme. Joannes Franciscus (nom initiatique du Grand Aumônier) ne s'en est pas arrêté là dans ses « mises au point ». 
On peut, en effet, lire : « Le profane qui est reçu dans le Régime rectifié au sein du Grand Prieuré des Gaules prête serment, sur le saint évangile ouvert au premier chapitre de l’évangile de saint Jean, de « fidélité à la sainte religion chrétienne ». Et non à on ne sait quelle « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où. » Ladite doctrine est, en fait, la base du RER déposée par Willermoz. (lire l'article complet ici)

Et de continuer sans rougir de sa bévue : « La sainte religion chrétienne est issue des enseignements donnés par notre Seigneur Jésus-Christ, le Verbe incarné, durant son existence terrestre, et poursuivis par le Saint-Esprit à l’occasion des saints conciles où étaient représentés tous les chrétiens du monde, d’où leur appellation d’œcuméniques. » Amen. 

Il n'hésite pas à affirmer qu'une franc-maçonnerie chrétienne doit se conformer aux dogmes chrétiens. Ce qui me semble particulièrement hasardeux au regard du nombre de religions dites « chrétiennes » qui ont des dogmes différents et opposés (sinon, il n'y aurait pas différentes religions!). J'imagine ici qu'il souhaitait imposer aux « frères » de ce Grand Prieuré sa propre religion. 

Ce qui se confirme lors d'un article datant de février 2013, dénonçant une hérésie (sic) au sein du régime rectifié, traitant ces « hérétiques » de « parjures » et « d'apostats ». Bigre ! 
On pourra trouver sur son site de nombreux articles sur les « anniversaires royaux » - plaçant cet aumônier orthodoxe aux côtés des royalistes et la reprise d'un article faisant la part belle à la « théorie du remplacement » si chère à l'extrême-droite. 

On trouve aussi le compte-rendu d'office (!) religieux dans une Eglise Orthodoxe - "ce qui change beaucoup de chose" sur facebook comme, par exemple, dénoncé dans cet article et datant de 2016 qui fera autant frémir d'horreur tous les esprits laïques que comptent le GODF que ceux qui réclament de la discrétion. 

Ce grand aumônier, en 2001, expliquait ainsi :

"J’avais un grand appétit spirituel. Ma rencontre avec la pensée de René Guénon a été décisive, il a été un catalyseur prodigieux qui m’a prémuni des tentations socialisantes et matérialisantes. Il m’a fait découvrir l’ésotérisme. Ensuite, par le biais de Louis Claude de Saint Martin, qui est devenu un ami de cœur, j’ai pénétré l’ésotérisme chrétien et j’ai redécouvert le Christ intérieur.
En creux, beaucoup de choses commençaient à se dessiner. J’ai alors été sollicité pour participer à la fondation d’une loge chrétienne, Rosa Mystica, dédiée à la Vierge. 
Je devais pour cela adopter le Rite écossais rectifié. J’étais prêt. Mais j’ai alors compris que je ne pouvais me dire chrétien si je n’appartenais pas à une Eglise. Mon église intérieure ne me suffisait plus…
« l’un des fondateurs de la loge, orthodoxe, m’a invité à un office à l’église Saint Irénée à Paris. Cela a été un coup de foudre liturgique et le début d’une grande période de bonheur, comme si deux moitiés se rejoignaient. J’avais le sentiment de vivre pleinement le processus initiatique dans une dynamique de foi, les deux se nourrissant l’un l’autre.
Je revenais de loin mais Dieu m’avait bien eux !
Pour solidifier ma foi, mon évêque m’a mis en contact avec un prêtre orthodoxe, le père Alphonse Goettmann. Notre première rencontre a eu lieu sous le signe d’une cession de la prière du cœur…
Sous sa direction spirituelle, j’ai senti ma vocation sacerdotale revenir et j’ai alors parcouru tous les ordres mineurs avant d’être ordonné prêtre en 1998.
Dés lors, la franc-maçonnerie ne m’apportait plus rien. Je n’avais plus besoin d’ésotérisme, j’était dedans : être uni au Christ, qui est au cœur de toutes choses, est ce qu’il y a de plus ésotérique. 
En revanche, je pouvais encore apporter quelque chose à mes frères en combattant des idées fausses largement répandues dans la franc-maçonnerie comme celle de confondre initiation et baptême.

De nombreux franc-maçons ont un problème avec leur Eglise d’origine. Ils ne feront pas la démarche d’aller voir un prêtre qui ne pourrait les comprendre de l’intérieur. Dés lors, rencontrer un frère qui est prêtre permet un rapport exceptionnel.
Pour moi, la franc-maçonnerie est devenue une terre de mission et je ne vois pas au nom de quoi je devrais la laisser de côté.
"  Propos recueillis par Anne Ducrocq/In « l’Actualité des Religions », février 2001.N° 24. que l'on peut retrouver ici

Ceci explique, en partie, la dérive religieuse du "Grand prieuré des gaules". Ce grand aumônier souhaite mettre sur le droit chemin ses frères qui confondent initiation et baptême (!) et, pour qui, la franc-maçonnerie n'apporte plus rien ! 

Dans la même veine, ce même "grand aumônier" estime que Guénon est un athée et que sa pensée est fait pour les athées !  Guénon es accusé « d’avoir détourné de la foi chrétienne des esprits qui se croyaient forts, mais qui étaient faibles (combien de ses disciples sont passés à l’Islam) ». Personnellement je ne vois pas "en passant à l'islam" un signe de faiblesse ! , en revanche, il « estime Granger infiniment plus coupable pour avoir délibérément faussé, déformé le Rectifié pour servir ses desseins, et diffusé au sujet de ce Rite exceptionnellement unique (sic !) des idées controuvées et qui, malheureusement, continuent à avoir cours. Granger passe toujours pour le Phénix du Rectifié. Eh bien, non : ce Phénix ne doit pas renaître de ses cendres ! » (p. 27).

Ce charmant personnage n'apprécie pas plus Vivenza que moi, sauf qu'à la différence de moi, ce n'est pas son passé politique qui lui reproche, ses opinions, mais de n'être pas "assez chrétien". 

Conclusion. 

Mascarade ? Navrant ? C'est un peu tout cela. En faisant mes recherches, j'ai eu le sentiment d'entrer dans un monde parallèle où l'arrogance, le dogmatisme et la capacité à s'invectiver étaient les seules qualités requises pour être franc-maçon. Ce Grand Prieuré n'est pas seulement religieux, il veut être une religion. Ce qui est contraire à la seule définition pour laquelle tous les francs-maçons du monde sont d'accord. Ceci depuis les origines de la franc-maçonnerie. 

S'il n'avoue pas son appartenance à une mouvance bien marquée à droite, voir même identitaire, le Grand Prieuré réfute toute notion d'universel et, d'autant plus, d'universalisme et d'égalité, laissant ainsi entendre que ses membres "chrétiens" sont des "élus", une "élite", des êtres supérieurs. Il est tombé dans la dérive qui était à craindre du martinisme lui-même. Cependant, le plus inquiétant est la tournure "religieuse" qu'a pris ce "Grand Prieuré des Gaules", tournure qui ne semble pas dater de 2012 - bien que l'on découvre quelque chose de complètement décomplexé avec ce Grand aumônier  - cela semble remonter aux années 2000. J'émet, d'ailleurs, l'hypothèse - plutôt facile et complètement gratuite - que c'est certainement  cette entrée en religion qui est la véritable cause de sa rupture avec la GLNF - qui ne devait pas être assez "chrétienne" pour certains. 

La question qui reste ouverte est pourquoi des obédiences telles que le GODF ou la LNF se sont précipitées pour reconnaître une telle « obédience »  ? Qu'ont-elles voulues prouvées à part une tolérance inexcusable à un ésotérisme de droite décomplexée?  Ont-elles souhaitées ainsi "énervée" - en 2000 - la GLNF en lui substituant ce "Grand Prieuré des Gaules" qui n'a un intérêt uniquement historique? Cette dernière s'est surtout débarrassée d'une sacrée épine dans le pied ! 

L'érudition est certainement une bonne chose - Vivenza n'en manque pas. Je n'en dirais pas autant au sujet de ce Grand aumônier  - mais il ne faut pas oublier que cela n'excuse rien. Bien au contraire. Il est un peu tard pour que certains s'alarment des orientations de Vivenza, ceux-là même qui lui ont offert un tapis rouge vers la "reconnaissance" maçonnique. Ces "érudits" portent la responsabilité de leur laxisme idéologique, du "bling-bling" intellectuel qu'ils ont construit au dépens de simples valeurs maçonniques. 

 Ceux-là ont participé à ouvrir la porte à ses représentants qui feraient passer Marine le Pen pour une douce colombe innocente. Ils ont permis et autorisé, portant certains "penseurs" sur une estrade, un pourrissement de la franc-maçonnerie. La franc-maçonnerie exclut, de fait, l'extrême-droite et ses différents courants, la considérant incompatibles avec les idéaux qu'elles portent.

Il est assez remarquable de constater que la scission du Grand Prieuré des Gaules a pour origine non pas une controverse initiatique mais religieuse, les uns accusant les autres "de ne pas être assez chrétiens" et les autres considérant qu'il n'y a pas lieu de l'être, sans qu'aucun de nos intellectuels et dignitaires prennent conscience que l'on assiste à une dérive du "Grand Prieuré des gaules" qui n'en finit pas d'être en "refondation". Quant à considérer la franc-maçonnerie "une terre de mission" ... voir même accepter qu'un dignitaire d'un ordre maçonnique estime que la franc-maçonnerie lui est - depuis qu'il est entré en religion (devenant prêtre) -  inutile, c'est assez significatif d'une perte de repères généralisées. 

Rectificatif au 3 octobre 2017 : Un autre frère m'a contacté, par email, m'invitant à examiner un peu plus l'orientation religieuse - plus exactement "l'église" -  de ce "grand aumônier" me reprochant d'en reconnaître implicitement une légitimité et de la considérer comme officielle.  Ce qu'elle n'est pas. Ce grand aumônier qui se présente comme "archiprêtre orthodoxe" serait un "faux prêtre". Ceci fera l'office d'autres recherches de mon côté et de peaufiner le sujet. Exercice qui me sera particulièrement difficile. Ce frère m'accuse, avec beaucoup de justesse , mon incapacité à reconnaître un faux prêtre d'un vrai ! Je souhaite, néanmoins, cité une phrase de son email : "En quelque sorte, nous ressentons la même chose, vous sentez la maçonnerie violée dans son authenticité, et je sens l'Eglise profanée de façon sacrilège." 

Voici finalement ce qu'est la ruine prévue par Willermoz. Si on peut accepter celle du Grand prieuré des gaules, micro-obédience qui n'intéresse personne (à part les intéressés), il est à craindre que celui-ci entraîne la franc-maçonnerie adogmatique par ses amitiés louches et encombrantes. 

Quant à ceux qui me répondront "que je ne comprends rien au rite", ce que je comprends ici est que, sous le couvert de ce "rite que je ne comprends pas"; il est accepté des individus qui traitent des francs-maçons d'hérétiques. Le rite a bon dos. D'autant plus qu'aucun n'est une "vérité révélée" excusant tout et n'importe quoi. Ce Grand Prieuré a tout d'une secte au sens premier de l'expression : il se prend pour une religion où ce n'est pas les aptitudes humanistes et de partages qui sont évaluées, mais de savoir si ses membres sont "assez chrétiens"  par une bande de gourous en manque de suffrage.  

Fort heureusement pour le Rite Ecossais Rectifié, il existe en France et à l'étranger des Grands Prieurés (d'ailleurs mixtes) qui partagent une pratique maçonnique bien différentes et plus en accord avec la franc-maçonnerie libérale et adogmatique. Si la franc-maçonnerie libérale manque de Grand Prieuré, je peux encore les leur présenter ... 


 

 

 

 

 

 

Sources : 

Ajouts du 1er octobre 2017 : Suite à la publication de cet article, voici une autre information relative cette fois au vol de la bibliothèque de Robert Amadou constatée par son épouse Catherine. Notre frère et ami Jacques Courtois du blog "Réflexions sur 3 points" avait publié une mise au point de cette dernière que vous pouvez trouver ici 

 

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Commenter cet article

Lucis 08/10/2017 22:30

Tout à fait d'accord avec toi sur le GPDG dont beaucoup soulignent le caractère sectaire.
Petit bémol, ne pas confondre le martinésisme qui se réfère à la théosophie de Martines de Pasqually, antérieur donc à J.B. Willermoz, et le martinisme qui s'inspire de Louis Claude de St Martin, mais est en fait une création de Papus (Gérard Encausse) fin XIXe, donc très postérieur à Willermoz.
Pour te rassurer (si besoin), on compte beaucoup d'agnostiques dans les pratiquants du RER, des Cherchants perpétuellement dans le doute, mais par définition peu ou pas d'athée solidement cloîtré derrière le mur de leurs certitudes. Que viendraient-ils y faire ?
Et des soeurs aussi bien entendu. Et de plus en plus.

Lionel MAINE 30/09/2017 10:56

Les "Gaules" ? un rapport quelconque avec les "Frères" adeptes du monokini pour l'initiation des Sœurs ???

hector 30/09/2017 10:54

N'est ce pas eux qui portent de magnifiques tricornes ? ? ? ?

La Maçonne 30/09/2017 13:38

Aucune idée ! Je suis naturellement interdite de visite chez eux.

TS 29/09/2017 22:00

Bonsoir ma SŒUR ,
la on est chez les fous , c'est une secte avec des gourous qui malheureusement donnent depuis 2000 une image du RER qui est à des années lumière de l'intégrisme dont ils font preuve .
voila pourquoi depuis toujours ce rite est considéré comme intégriste , religieux ou fait pour les curés sans soutane .
la réalité est tout autre et ce rite est pratiqué dans beaucoup d'obédiences( heureusement ) dans l'esprit des fondateurs , plus particulièrement JBW qui a donné une cohérence au régime , sachant le résultat qu'il désirait obtenir .
je t'embrasse

.

La Maçonne 29/09/2017 22:47

Il est évident que ce grand prieuré est un extrême, voir même de l'intégrisme religieux et qu'en aucun cas on ne peut résumer la pratique du RER. Ce "machin" est dangereux. C'est honteux de continuer à se laisser abuser par ces individus ...