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La Maçonne

Combien de femmes en franc-maçonnerie dans le monde ?

Combien de femmes en franc-maçonnerie dans le monde ?

On ne cesse de nous répéter – et de me répéter – que les femmes « ont tout ce qu'elles veulent » et en particulier des obédiences mixtes et féminines.

Bien sûr, ce sont des maçons, des frères comme des sœurs, français et, à mon avis, bien ignorants du véritable visage de la maçonnerie mixte et féminine dans le monde qui expriment une telle opinion, sous entendant que toutes celles qui en demandent plus, poussent le bouchon un peu loin.

Combien y-a-t-il de femmes, sœurs d'obédiences qu'elles soient mixtes ou féminines dans le monde ? Le savent-ils seulement? Le calcul est simple : pas plus de 100 000 et ce chiffre inclus les 30 000 françaises.

Combien y-a-t-il d'hommes initiés dans des obédiences maçonniques ? Des millions et ce chiffre inclus les effectifs masculins français.

Mon article pourrait s'arrêter ici, à ces quelques données quantitatives, vous laissant à votre méditation.

Il va de soi que dire que les femmes ont leurs obédiences et le choix de celles-ci ne concernent, en fait, que la France. Les françaises en franc-maçonnerie sont les plus nombreuses et représentent un tiers des effectifs féminins mondiaux. Le pays qui assume, sans aucune honte, le plus faible effectif féminin demeure les USA.

Je me contente des pays dits occidentaux, qui auraient, selon notre grande opinion que nous avons de nous-mêmes, démocratisé les droits à la pensée et à l'expression, rendu l'éducation des filles égale aux hommes, démocratisé les réunions publiques et politiques, transféré le spirituel au domaine privé et intime.

Pourquoi si peu de femmes ? Une des raisons est historique : les constitutions d'Anderson. Or, depuis 1723, le monde a quand même, fort heureusement, évolué et accuser Anderson peut paraître ridicule.

La seconde raison est que la franc-maçonnerie – et donc les franc-maçons - durant plusieurs siècles après les constitutions d'Anderson, ceci en dépit de toutes évolutions sociales et culturelles, ont considéré que le fait de ne pas initier de femmes étaient une tradition. En fait, autant accuser Anderson, c'est plus simple. Bien sûr, la maçonnerie dite « régulière » et en particulier la Grande Loge Unie d'Angleterre sont les premières fautives. La franc-maçonnerie est encore considérée comme étant « une affaire d'hommes », un peu comme la guerre, boire du bon vin ou un match de foot. On peut affirmer qu'une catégorie d'hommes et de maçons n'ont pas évolués avec leurs époques.

Il y a bien quelque chose qui s'est passé du côté des femmes. La Franc-maçonnerie mixte et féminine nous démontre que les stéréotypes de genre (féminin) sont mis à rude épreuve.

La France, même si une exception, ne compte pas des femmes si exceptionnelles que cela. Les françaises ont été et sont encore très profondément attachées à des mouvements féministes. Cependant, l'Angleterre et les USA ne manquent pas de féministes et bien plus radicales. Les pays scandinaves, qui possèdent une maçonnerie la moins féminisée à l'image des USA, demeurent pourtant, même pour les françaises, un modèle égalitaire homme/femme.

Grâce au Droit Humain, au début du 20ème siècle, nous savons que les femmes ne sont pas indifférentes à la maçonnerie dans les pays anglo-saxons. Le Droit Humain était porteur d'une démarche fortement spiritualiste. L'explication comme quoi les femmes auraient assez de leurs religions, pour un développement spirituel, ne tient pas plus. Très sûrement, aussi, les terres catholiques contre toute logique sont mieux fournies en maçonnerie mixte et féminine que les terres protestantes. Difficile, là aussi, de déterminer un lien causale.

En résumé, les femmes anglo-saxones et en terre protestante ne sont pas moins féministes que les françaises. Elles ne sont pas moins intéressées par une démarche initiatique en dehors de leur religion, s'étant inscrites, en début du 20ème siècle, dans une mouvance fortement théosophique, que les françaises de la même époque n'ont pas adopté.

Pas plus de 100 000 femmes dans des obédiences maçonniques, signifient aussi pour les françaises qu'elles ont toujours la responsabilité du développement de la maçonnerie qu'elle soit mixte ou féminine, responsabilité que leurs obédiences prennent à leur mesure. Cela signifie aussi que l'histoire de la maçonnerie féminine et mixte française sert encore de modélisation d'une maçonnerie féminine et mixte dans le monde.

Il s'agit d'une responsabilité qu'il est difficile de porter alors que beaucoup de sœurs en France n'ont pas même le sentiment d'appartenir à ce qui est une spécificité française – une minorité mondiale - s'arrogeant le droit de définir cette maçonnerie autant pour elles que pour les autres, imaginant que toutes les femmes du monde aient les mêmes attentes et désirs de développement spirituel & initiatique qu'elles.

Faut-il vraiment le dire ? Si les sœurs françaises ne sont plus de pionnières dans leur propre pays, appartenant au « paysage », les sœurs étrangères le sont toujours quelques soient l'hémisphère.

Lilithement vôtre,

A lire, ces deux articles présentant l'histoire des obédiences mixtes et féminine :

Dans mes murs (1) : http://lamaconne.over-blog.com/2014/08/dans-mes-murs-franc-maconnerie-mixte-feminine-1.html

Dans mes murs (2) : http://lamaconne.over-blog.com/2014/08/dans-mes-murs-franc-ma%C3%A7onnerie-mixte-et-f%C3%A9minine-2.html

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Gloria Escomel 11/10/2014 17:58

Si les féministes-radicales- nord-américaines n'adhèrent pas à la maçonnerie c'est pour une raison très simple que l’une d'entre elles, québécoise, initiée chez nous dans une loge du DH à Montréal, m'a expliqué: tout y est trop symboliquement masculin. Or les féministes radicales essaient, tant bien que mal de réinventer un univers culturel de femmes: langue, dépourvue de déterminismes grammaticaux masculins, images, métaphores, littérature femme, symbolisme, arts, peinture, etc... et nos loges sont des adaptations de quelque chose qui a été créé par des hommes pour des hommes. Ce qui est en partie vrai, je le reconnais moi-même qui suis féministe, mais non radicale. Et je le vois bien lorsque je vais en Europe avec cette résistance à la féminisation des titres, qui, heureusement au Québec n'existe plus. Voyez cette bagarre au Parlement, avec un imbécile qui refuse de dire Présidente ? Souvenez-vous que Maria Desraimes était Grande Maîtresse et que maintenant elles sont Grand Maître ! Au début du Droit humain on avait des oratrices, des surveillantes des expertes, maintenant tout est revenu au masculin... D'un ridicule achevé qui prouve bien le retour à l'inféodation mâle. Les féministes françaises ne sont pas si féministes que cela, mes sœurs, excusez-moi... vues du Québec, du moins. Elles supportent les publicités sexistes, les blagues sexistes des frères sur leur appartenance maçonnique, leur beauté, leur laideur, etc... trop colonisées par la peur de paraître ridicules, manquant d'humour ou goudous si elles s'avisaient de protester... et cela même dans des loges !