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La Maçonne

CMF (GLDF & GLAMF) : la note historique nécessaire (partie 2).

Plus que jamais, cette note « historique » permettra à toutes celles – et éventuellement à tous ceux – qui n'ont pas suivi l'affaire « CMF » dans tous ses truchements de se construire une opinion. Plus que jamais ? La scission de la GLFF, qui va faire durant plusieurs mois l'actualité maçonnique, en est une des conséquences. Hormis les problèmes spécifiques à la GLFF – qui, je vous rassure, sait très bien s'en trouver toute seule – cette scission est bien le signe que la Confédération Maçonnique de France a affecté bon nombre d'obédiences directement et indirectement.

La Confédération Maçonnique de France (CMF) est la résultante d'un combat de coqs hargneux désireux de devenir les chefs de la basse-cour.

S'il est difficile de qualifier Marc Henry, Grand Maître alors de la GLDF, ainsi, il est force de constater que l'équipe agissante de la GLDF le supporte plutôt bien.

Il s'y trouvait l'actuel Grand Maître de la GLDF, Philippe Charuel, mais aussi l'ancien Grand Maître Alain-Noël Dubart accompagné de celui qui devint le « Haut Représentant de la GLDF pour la CMF » (rien que cela!) Jean-Jacques Zambrowski. Grenouillèrent autour de ces derniers un certain Alain Graesel, l'éternel président d'une autre confédération que j'évoquerais, et quelques autres personnages mineurs.

Du côté de la GLAMF, leur nouvel allié pour la circonstance, on ne présente plus Alain Juillet comme on peut noter l'omniprésence du Suprême Conseil pour la France.

Pour ces deux obédiences, l'objectif était de détrôner la GLNF avec quelques nuances. Notre fine équipe de la GLDF souhaitait, surtout par là, obtenir une place internationale que la GLDF peine à obtenir. La GLAMF, scission récente de la GLNF, souhaitait, tout bonnement, récupérer les ors de la « reconnaissance » anglaise estimant qu'elle le valait bien comme le dit une publicité pour cosmétiques.

La déclaration de Bâle et la CMF, sous quelque forme elle fut présentée, est une des actions de politique obédientielle, dont l'objectif n'avait rien de « spirituel », ni même permettant de grandir les participants d'une manière ou d'une autre, que l'opération réussisse ou pas.

La manie des confédérations. 

Le principe de « confédération » connaît plusieurs précédents dans l'histoire de la Grande Loge de France et de son Suprême Conseil, qui comme, on le devine, tirait soigneusement les ficelles.

La Confédération de 1836. Le traité de cette confédération se trouve facilement (Gallica). Malheureusement, elle en est pas moins ignorée. Elle pose pourtant d'ors et déjà les problèmes que connaît encore aujourd'hui la GLDF : la concurrence d'autres rites, d'autres obédiences et son besoin d'assurer l'ordre dans l'Ordre.

Sur 80 pages en quatre langues, il est expliqué les motivations qui ont contraint plusieurs Suprêmes Conseils de se réunir en « Confédération ». On y trouve le Suprême Conseil pour la France (qui se fait remonter pour l'occasion à 1762!), le Suprême Conseil-Uni de l'Hémisphère Occidental (New-York), le Suprême Conseil du Brésil, mais en aucun cas un Suprême Conseil anglais.

« la Franc-maçonnerie est un CULTE UNIVERSEL, peut-on y lire, ayant pour principes Dieu et la Vertu, ... ».

Or, cette franc-maçonnerie se partage, constatent-ils, en plusieurs rites. Cette diversité de rites entraîne une diversité de juridictions maçonniques. « Attester l'indépendance d'un rite, c'est attester à l'indépendance de tous les autres, c'est établir un Schisme, c'est troubler l'Ordre entier ». Afin d'éviter ce Schisme au sein du REAA, il a fallu unifier les différents rites pratiqués sous le nom de REAA et reconnaître la réalité de la constitution de 1786 – qui s'avère être un faux grossier.

Bien sûr, l'idée de cette confédération – dès 1836 – était de supplanter tous les autres rites, surveiller l'évolution du REAA comme sa diffusion en s'autoproclamant seuls aptes à transmettre chartes et patentes. Ce traité prévoit que les signataires organisent une correspondance active avec des rapports complets tous les 6 mois sur les événements liés à leur juridiction respective, ainsi que des réunions tous les 5 ans à la date anniversaire du traité. La ratification de ce traité fut faite par le Duc de Choiseul-Stainville, Souverain Grand Commandeur ad vitam.

Cette « Confédération » était déjà un OPA sur le Rite Ecossais Ancien et Accepté. En effet, dans l'ouvrage publié en 1832 reprenant tous les décrets et constitutions, le Suprême Conseil, rattaché au GODF, se battait pour imposer ce seul rite aux maçons français contestant telle charte ou telle patente n'émanant pas de lui. En sus de décret démolissant des loges de perfection, une circulaire souhaitait interdire aux frères la lecture de livres signé par le frère Firmin Abraham, qui n'en sont pas moins, considérés de nos jours comme une source fiable de l'écossisme, comme l'indique Pierre Mollier dans un article sur l'histoire du REAA (publié dans Renaissance Traditionnelle). Ainsi, pour exemple, le Suprême Conseil reprenant le résultat d'une « enquête » constatait :

« Ce chapitre vous dénonce l'impression et la mise en vente, chez le sieur Piat, marchand au palais du tribunal, d'un ouvrage intitulé : Règlements généraux de là Maçonnerie écossaise ; il vous signale comme l'auteur de la violation des lois maçonniques qui proscrivent l'impression et la publication de tout ce qui ne doit être concentré que dans les archives des rits , un maçon nommé Abraham. […] Le sieur Piat vient de mettre aussi en vente un autre ouvrage intitulé : L'unique du parfait tuileur pour les grades de la Maçonnerie écossaise, sans aucune exception , traduit de l'anglais , et orné du carré des neuf des grands écossais de la voûte sacrée de .Jacques VI, des trois triangles des chevaliers d'orient ou de l'épée , et de deux alphabets avec des caractères hiéroglyphiques […] Le suprême conseil du 33* degré s'est fait rendre un compte particulier de cet imprimé : il s'empresse d'en proclamer la fausseté, [...] »

Cette confédération et le Suprême Conseil d'alors souhaitaient interdire tous les rites, qui se réclamaient de l'écossisme et qui lui était antérieur : « Le maçon Abraham et ses collaborateurs sont allés plus loin ; ils se sont annoncés à beaucoup de maçons , de loges et chapitres, comme étant revêtus des plus hauts degrés dans le rit écossais ancien et accepté , dans le rit philosophique dans la Maçonnerie herm.\, dans le rit d'hérodom et de kilwinning, et enfin comme président dans quelques départements, même dans Paris, ... »

Cette lutte pour la suprématie du REAA, allant jusqu'à en ré-écrire l'histoire et d'en modifier ses origines est toujours, hélas, d'actualité. D'une fausse constitution soi-disant datée de 1786, l'actuelle GLDF ne proclame-t-elle pas qu'elle est le « réveil » de l'ancienne Grande Loge de France ?

Fondée en juin 2000, la confédération internationale n'eut pas le succès souhaité ayant été nommé « Les Grandes Loges Unies d’Europe ». Elle était censée réunir les obédiences européennes. Quant aux choix des obédiences pouvant la rejoindre : « le respect des landmarks », c'est-à-dire de ce qui fait une « véritable maçonnerie » pour reprendre les propos d'un dignitaire de la GLDF, était (et est toujours) une des conditions. Il n'y a rien de surprenant pour ces dignitaires de réclamer aux autres de respecter ce que la GLDF ne respecte pas.

Les décideurs participent aux tenues, afin de vérifier si le rituel de « haute spiritualité » est exécuté correctement. On parle, bien sûr, du seul REAA. L'objectif de cette confédération était, en effet, à la suite de la chute du mur de Berlin d'ouvrir des loges et, par la suite, des obédiences dans les pays de l'Est de l'Europe. 

La CMF, déclenchée par la déclaration de Bâle, s'inscrit dans une logique ancestrale de la part de la GLDF. C'est une manie. Vabadus, dans son dernier article, indique aussi une autre mauvaise habitude : proposer des associations clefs en main derrière le dos de son propre convent en grillant toutes ses vies chez ses premiers alliés.

Les relations de la Grande Loge de France avec les obédiences françaises. 

La Confédération a révélé, au fil des mois, les véritables relations de la GLDF avec les obédiences françaises. La GLDF a défini 3 niveaux de relations.

  • Les traités d'amitié et de reconnaissance mutuelle concernent exclusivement les obédiences maçonniques masculines, pratiquant le REAA et respectant ce qu'ils appellent , les principes de régularité.
  • Les protocoles d'amitié et d'inter-visites semblent bien plus flous. Visiblement, il s'agit d'obédiences qui pour une raison ou une autre ne correspondent pas aux conceptions de la GLDF, mais qui – au bout du compte- l'intéressent, soit du fait de leur situation géographique, soit parce que cela leur permet d'avoir le sentiment d'avoir une influence sur elles.
  • Le dernier niveau est les « conventions administratives et judiciaires » qui ne sont pas des traités de reconnaissance. On y trouve, aussi bien, le GODF, la GLFF comme la GLNF. Autrement dit, la Grande Loge de France ne reconnaît officiellement aucune obédience française - pas même la GLTSO et la GLAMF. 

 

Les dignitaires de la GLDF préfèrent courir des kilomètres à l'autre bout du monde, faisant des frais que l'on imagine, pour reconnaître d'obscures obédiences mais pas ses voisins et voisines. Ses grands maîtres successifs n'ont cessé de proclamer le contraire durant des années, dans tous les médias, vantant leurs « bonnes relations », se montrant à la fois désireux de participer à toutes les manifestations organisées par le bloc des obédiences dites « adogmatiques » comme particulièrement critique à leur endroit. Ils vont même se plaindre de n'obtenir qu'un strapontin, font de grandes leçons aux autres … 

D'un autre côté, les obédiences françaises ont mené une politique de grands ahuris devant le GADLU. Ces traités se votent, à la GLDF, au convent.

Lequel de ceux-ci oserait en refuser un au GODF, au Droit Humain ou à la GLFF ? Estiment-elles qu'en la laissant s'infiltrer dans leur obédience, la GLDF ne pourra que leur causer des problèmes?

En réalité, si les autres obédiences ne tendent pas elles-mêmes un traité d'amitié et de reconnaissance mutuelle à la GLDF, c'est qu'elles n'en veulent pas. Qu'est-ce qui empêche le GODF comme toute autre obédience de sortir d'une imprimante, un tel traité et le proposer à la GLDF ? Rien.

 

Un flou artistique. 

 

Cette absence de traités d'amitié a été, néanmoins, le principal argument lors de la quête de reconnaissance de la GLDF vers les cinq Grandes Loges Européennes.

Elle est, d'ailleurs, mentionnée dans la fameuse circulaire n°35. Il n'y a pas de relations à rompre avec les obédiences françaises parce qu'il n'en existe pas.

Malheureusement, la GLDF fut prise à son propre piège. Elle a toujours tenu un double discours à ce sujet autant à l'extérieur qu'en interne. Les frères de la GLDF ignorent même tout – voir ne comprennent rien – aux jeux des alliances des dignitaires qui se succèdent et se ressemblent depuis 20 ans. Les députés votent benoîtement tel ou tel traité sans même se demander ce qui existe avec les obédiences qu'ils visitent régulièrement, avec lesquelles ils participent à la vie maçonnique de leur ville. Les quelques-uns qui demandent des informations lors des convents sont d'ailleurs renvoyés sur leurs bancs. « Pas à l'ordre du jour ».

La GLDF s'est ainsi trouvée dans une posture des plus grotesques. La majorité des frères visitent des loges d'obédiences que la GLDF ne reconnaît pas sans qu'ils le sachent ! Elle a voulu jouer ce double jeu avec les cinq obédiences régulières, estimant que l'interdit de visites adressés aux frères de la GLDF finiraient pas être accepté par ses derniers. Ce qu'ils refusèrent … et par vote du convent en juin 2014.

Depuis 20-30 ans, la GLDF est dirigée par la même équipe jouant aux chaises musicales pour faire « démocratique ». Philippe Charuel est depuis 18 ans au conseil fédéral, alors que la constitution de la GLDF est censée interdire une telle carrière. Pire encore, les anciens Grands Maîtres assistent à tous les conseils fédéraux et ne se privent pas de donner leur avis. Si dans notre pays, les anciens présidents de la république se trouvaient à tous les conseils de ministres vous douterez de la qualité de ce mode de gouvernance.

Lors des congrès régionaux, les conseillers fédéraux sont envoyés par équipe. Ils ne permettent, d'ailleurs, plus depuis cette année aux députés de traiter les affaires de l'obédience, se devant servir de potiches à entendre des planches de plus ou moins bonnes qualités dont celle d'envoyés spéciaux du Suprême Conseil !

Les commissions sont inutiles quand elles ne sont pas, tout simplement, entre les mains, aussi, du Suprême Conseil.

La surveillance des loges et des frères est accrue. Un délit « d'indélicatesse » fut ajouté lors du mandat de Dubart. Par ailleurs, les informations concernant la gestion de l'obédience – qu'elle soit financière, administrative, ou liée simplement au rituel – ne circulent pas. Les frères au grade de maître n'y ont pas accès à moins d'avoir un vénérable ou un député qui a du temps pour envoyer des emails … Voilà en quelques mots le fonctionnement de la GLDF. Rien qui fait envie.

Je me suis longtemps demandée comment des hommes adultes, normalement intelligents, vivant dans un état de droit, acceptent une telle organisation.

Pour parler de la Confédération Maçonnique de France, de la Déclaration de Bâle, il faut remettre la GLDF, ses loges et ses frères dans ce contexte. Pour parler de l'après-CMF, il faut aussi souligner, alors que c'est un véritable fiasco, que les frères n'ont aucun droit de poser des questions encore aujourd'hui. Au regard des divers analyses que l'on peut faire, il est aussi à se demander si Marc Henry, lui-même, était informé de tout.

Les fondements "idéologiques". 

Au travers de cette quête illustre de reconnaissance, des éléments appartenant au corpus symbolique et idéologique ont été soulevés. Signification du GADLU, bible en troisième lumière, liberté de conscience, non-mixité des travaux, … mériteraient un développement plus long que je ne ferais ici.

Le frère Vabadus a parfaitement expliqué l'ambiguïté de la GLDF qui sera, d'ailleurs, tout au long des prochains articles relatant les événements la signature, si je puis dire, de la GLDF.

La GLDF est officiellement, dans ses constitutions, une obédience adogmatique, c'est-à-dire ayant comme principe idéologique fondamental la liberté de conscience. Elle considère que le GADLU est un symbole dans lequel on peut mettre ce que l'on veut. Elle n'oblige à ses membres aucune croyance ou incroyance. Ceci dit, elle est soumise à son Suprême Conseil qui ne le voit pas franchement du même oeil, tentant d'imposer la croyance en un principe créateur assimilé à un principe divin. Je précise, tout de suite, qu'un athée ne croit pas en un principe créateur.

 

C'est arrivé, à ce point, que les dignitaires de la GLDF se prennent les pieds dans le tapis dès qu'ils abordent le sujet pris entre deux feux. D'un côté, ils ne peuvent nier (ou remettre en cause) la constitution de la GLDF et ses principes fondateurs, comme ils ne peuvent pas rejeter les directives du Suprême Conseil.

La « reconnaissance » aurait été l'occasion de remédier à cet inconvénient en limitant la liberté de conscience aux frères de la GLDF. Ils n'ont absolument pas apprécié, perdant leur humour naturel, pour voter en convent, en juin 2014, le respect du principe de la liberté de conscience comme d'ailleurs le maintien de leurs relations avec les obédiences françaises – je parle bien entendu de ces relations qui n'existent pas -

Les dignitaires sont condamnés à naviguer, jusqu'à ce que le convent de la GLDF décide de changer les équipes qui perdent depuis 20 ans. Ce qui n'est pas encore à l'ordre du jour.

La non-mixité des travaux. 

C'est MON sujet préféré. J'ai déniché pour vous une planche – une de ces planches que les frères de la GLDF publient avec plaisir sur internet – ayant pour titre les « fondements initiatiques de la non-mixité dans la pratique du REAA à la GLDF ». Un exemple vaut mieux qu'un long discours. Du lourd.

Dans son introduction, l'auteur de cette oeuvre explique tout d'abord ceci : « En effet c'est grâce à la G\L\D\F\ qui a voté en 1946 (1) le fait d'avoir une loge d'adoption, que les SS\ ont pu ensuite créer l'Union Maçonnique des Femmes Françaises puis en 1952 la G\L\F\F\. C’est la G\L\D\F\ qui leur a transmis les rituels des 3 premiers degrés. ». Cela commence plutôt mal ! Vous vous doutez qu'autant d'ignorance crasse ne vous conduira pas à une « haute spiritualité ».

« Et donc voyons pourquoi, à notre sens, certaines obédiences, comme la G\L\D\F\ n’initient elles pas de femmes ou n’acceptent t’elles pas de visites de soeurs durant leurs travaux….?

Ce refus du changement, de la modernité, qui effectivement peut paraître quelque peu archaïque en apparence, s’explique particulièrement par le caractère hautement traditionnel, voir traditionaliste», sinon régulier, au sens monastique du terme, de la Franc-maçonnerie de Rite Ecossais Ancien et Accepté qui fonde notre démarche initiatique. » Je vous laisse apprécier.

« Or d’un point de vue initiatique, un principe universel n’est pas « universaliste », en tant que qu’addition de différences. Le caractère universel n’est pas plus lié à l’universalisme, que « le monde » au « mondialisme ».

En gros, l'universel n'est pas non plus « universalité ». Il faut limiter les différences … Je me demande à quelles autres différences, ce frère souhaite limiter l'accès à la GLDF.

« Les femmes qui possèdent des qualifications nécessaires, trouveront matière à réalisation dans une forme d’initiation symbolique. Pour autant est-ce que nos symboles maçonniques, nos mythes, notre histoire basée sur les légendes de métiers, correspondent à leur nature ? Ceci pour une réalisation effective et non pas uniquement pour une pseudo culture initiatico-sentimentale ! Ne faudrait-il pas qu’elles inventent, ou reprennent (car cela a existé par le passé) une forme d’initiation correspondant à cette nature différente ?

Sans dévoiler outre mesure le chemin proposé ne serait-il pas un non-sens de vouloir envisager la mixité au sein d’une institution qui se revendique comme héritière des bâtisseurs du Temple de Salomon, qui emploie une symbolique de métiers. »

S'il s'agit de dire que les femmes sont incapables de comprendre à quoi sert un maillet, il risque d'avoir la mauvaise surprise d'une pratique universelle et toute féminine de celui-ci s'il tenait un tel discours, en effet, dans une loge mixte.

« Il est bien sûr évident que certaines formes initiatiques seraient peut être plus en rapport avec la nature féminine (épinglières, tapisserie; tissage ...), notons d’ailleurs qu’il existe des rites purement féminins comme celui élaboré par Constant Chevillon en 1936 ou d’autres plus anciens encore qui datent du XVIIème siècle. »

On va devoir toutes se mettre à la couture pour éveiller notre « nature féminine » !

« Encore faudrait il que les femmes ne s'inscrivent pas, dans ce domaine, dans cette lutte des classes qu'on nomme le féminisme qui consiste à vouloir imiter les hommes même dans leurs excès les plus vils ! » Tout s'explique ! C'est la faute aux féministes ! La franc-maçonnerie féminine et mixte doit, certainement, entrer pour ce cerveau néandertalien comme un « excès les plus vils ».

« Il y a tous ceux qui s'imaginent que l'Occident a accordé à la femme une place privilégiée qu'elle n'a jamais eue dans aucune autre civilisation ; c'est peut-être vrai à certains égards. A d'autres points de vue, au contraire, la femme y est en réalité beaucoup plus désavantagée que dans les civilisations orientales, où il lui a toujours été possible, notamment, de trouver une initiation qui lui convienne dès lors qu'elle possède les qualifications requises. »

Je sais, je sais. C'est une véritable horreur.

« Notre Fraternité n'est pas une fraternité de comptoir ; elle est une Fraternité de combat. Combat contre soi, contre sa paresse, contre la bêtise et la barbarie, contre l'orgueil et la suffisance. » Vous êtes toutes heureuses de l'apprendre.

C'est 19 pages de ce niveau. Je ne dis pas que tous les frères de la GLDF sont de parfaits idiots comme l'auteur de cette planche, mais il faut reconnaître que cela permet aussi de comprendre ce que peut être un frère de la GLDF et pourquoi, finalement, la majorité accepte les dysfonctionnements et abus de son obédience. Finalement, payer 350 Euros en moyenne, pour avoir l'occasion de raconter de telles sornettes sans être remis en cause, c'est pour certains une aubaine (on a les mêmes ailleurs) !

Cet auteur fait un concentré lessiviel de tous les lieux communs et préjugés sociaux-culturels de celui qui ignore tout de l'initiation et des femmes. Il a des deux sujets qu'une connaissance livresque. Cette catégorie d'hommes veulent rester entre eux, non pas pour des motifs ésotérique mais parce qu'ils souhaitent se cacher des soeurs. Ils vivent dans un monde parallèle dans lequel ils considèrent que les femmes leur sont inférieures. La GLDF – et certainement toutes les obédiences masculines – leur donnent cette occasion.

Les frères qui me lisent régulièrement (et même ceux qui ne le font pas) sauront me dire dans leurs commentaires, s'ils se sentent à l'aise (et fiers d'eux) devant ce genre de propos.

Tous les ingrédients sont présents pour permettre à un petit groupe d'individus de courir à travers le monde pour signer des traités d'amitié sans intérêt pour personne, de rêver à faire de la GLDF une méga-obédience qui dirige les autres … et de se confiner, au final, dans le ridicule. Un ridicule qui, néanmoins, a fait des dégâts préjudiciables pour la GLDF comme pour toute la franc-maçonnerie en France.

 

 

 

 

 

(1) La première loge d'adoption fut fondée dans les premières années du 20ème siècle. La GLDF n'a fait que voté quelques 45 ans après leur fondation et suite à la deuxième guerre mondiale d'accepter de leur rendre leur indépendance, en leur imposant comme nom « l'Union Maçonnique Féminine ».

Vous pouvez lire le dernier article de Vabadus : ici, ou encore vous pouvez trouver tous ses articles en suivant le lien ici.

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Guy Verval 20/12/2016 11:17

On reste pantois que des gens de la trempe de P.Stevens,Th.Verhaegen,E.Defacqz .... aient signé une traité de ce genre pour le SCDB en 1835, traité dont les termes revenaient à abandonner leur souveraineté. Heureusement il fut bien vite oublié.

Lionel MAINE 19/12/2016 17:18

Serait-il possible d'avoir le lien sur Gallica ?
D'avance merci.

Christophe 19/12/2016 09:44

Le traité et confédération de 1834 est une période passionnante, qui a fait l'objet d'un révisionnisme maçonnique étonnant. Cette confédération mêlait SC de France (avec Lafayette), SC de Belgique (historique), SC du Bresil (patente du SC de Belgique historique) et le fameux SC américain de l' hémisphère ouest. En face, les SC américains du sud et du nord et le Grand Collège des rites français.
Après une véritable guerre, sale, où tout a été permis, journaux, tribunaux, famille privée, ..., c'est finalement le couple SC américains sud-nord qui a pris le dessus et a littéralement et méthodiquement expurgé dans les textes et la mémoire l'existence même du SC américain de l'hémisphère ouest, qui était, à l'origine, un organisme aussi important que les deux autres (et par exemple, les vainqueurs ont repris à leur compte les grandes constitutions en latin, qui font autorité, du comte de St-Laurent !).

Le changement d'alliance s'est fait sous Albert Pike, du Grand Collège vers le SC de France suite à l'affaire de Louisiane en 1869.

Que reste-t-il du SC américain de l'hémisphère ouest: il a quasi disparu, mais pas totalement, survivant à peine: finalement il donnera un rameau inattendu dans ce qu'on appelle la "fringe masonry" sous le nom de rite de Cerneau. C'est assez curieux: il se trouve dans la mouvance "Ambelain", où bcp bcp a été inventé ... et peut-être bien cela aussi, mais du moins on peut discerner une filiation ténue (époque de Reuss et Yarker).

Attention, les Suprêmes Conseils britanniques sont récents et n'existaient pas encore en 1834.

Christophe 19/12/2016 12:10

Ma mémoire ne m'a pas fait défaut !
Pour être tout à fait précis, c'est Harry J Seymour, membre en 1862 de ce qui reste du SC américain de l'hémisphère ouest (dénommé "Supreme Council of the United States of America") (cf Robert B Folgler), qui va transmettre à John Yarker, en 1872 une charte pour le rite de Cerneau (cf Serge Caillet).
De Yarker, on va vers Theodor Reuss, puis "le suprême grand conseil général des rites", avec notamment Gerard Encausse (Papus). Puis Jean Bricaut et enfin Robert Ambelin, via Henri-Charles Dupont. Bref des noms, mais pour le reste ? Peut-être qu'un lecteur pourra nous aider ?